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 La glace, c'est l'enfer. L'enfer, c'est aussi toi. (Pv Saphomoth)

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Caducie
Déesse du gel et du froid
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Messages : 18
Date d'inscription : 16/04/2014
Royaume : Tolväar

MessageSujet: La glace, c'est l'enfer. L'enfer, c'est aussi toi. (Pv Saphomoth)   Lun 21 Avr - 17:39

Il n’y avait rien de plus mortel que de sentir l’ennui qui brûle vos entrailles. Je sais ce que procure la sensation de ne pouvoir rien faire. L’envie de vouloir tout assiéger autour de soi simplement pour s’amuser et de pouvoir faire quelque chose de sa journée. Les temps sont plutôt pénibles puisque je n’ai rien à faire de plaisant. Torturer des gens et user d’une magie aussi purificatrice que la glace me manque. Je n’aime pas sentir l’ennui m’envahir. C’est un sentiment dont je me passerais volontiers. Il en faut beaucoup pour pouvoir m’impressionner et surtout de me faire marcher dans le même chemin. Il faut dire que j’ai tellement vécue de choses que peu m’impressionnent aujourd’hui. Je suis une femme très difficile sous plusieurs points de vue. Personne en ce monde n’est mon ami pour la simple et bonne raison que je ne suis pas une femme loyale, hormis envers une seule personne. Je me suis attachée à mon dieu-maître parce que c’est la seule personne qui est supérieure à moi sur ces terres. Être contre lui conduirait certainement à la marche du suicide. Je refuse de perdre la vie pour une stupidité pareille. J’ouvre les lèvres, penchant la tête vers l’arrière pour émettre un long bâillement qui fit tourner quelques têtes vers moi. Je me redresse pour marcher le long du hall qui allait me mener à l’extérieur. À chacun de mes pas, une parcelle du sol se gèle, laissant un froid ambiant qui faisait frissonner ceux qui en étaient sensibles. Je pousse les portes devant moi dont les poignées ne manquaient pas de se geler à mon simple contact. Je les laisse se refermer derrière moi dans un bruit sourd et je descends quelques marches pour continuer mon chemin. Je ne sais pas où je vais, je n’ai aucune destination précise. Je laisse mon instinct me glisser des mots doux à l’oreille, faisant obéir mes jambes dans ma conscience alors que je ressens le sentiment de liberté.

Il n'y avait aucun autre mot pour décrire commet je me sens. Je ressens une sorte de vide envahissant qui ne veut partir, ne voulant me laisser seule. J'ai besoin d'une certaine compagnie, quelqu'un qui pourrait arrêter ce sentiment qui me tenaille depuis un bon moment. Je m'arrête un moment sur place alors qu'un homme passe près de moi. Dès que mon regard s'était posé sur lui, je sais qu'il s'agit d'un Fugoll. Il m'observe un petit instant avant de se détourner complètement et de continuer son chemin. J'inspire la crainte parmi le peuple des mortels ainsi que dans celui des immortels. D'ailleurs, je sais que je peux inspirer la crainte chez les dieux communs. Peut-être arriverais-je à créer une certaine peur chez les dieux supérieurs dans un futur rapproché? C'est mon but. Je souhaite que tout le monde puisse reconnaître mon nom là où je vais. Plusieurs le connaissent parce qu'ilest inspiré de la saison hivernale. Je ne veux pas que l'on me reconnaisse pour cette saison. Je veux qu'on tremble en prononcant chaque lettre de mon prénom. Je veux que les éclairs tombent du ciel et frappent la terre pour la faire trembler. Ce n'était que des idées de grandeurs, mais j'ai tant d'ambition que je sais que je n'aurai aucun mal à parvenir à mes fins, un jour ou l'autre.

Je décide finalement de recommencer à marcher. Les voiles de ma robe bleue virevoltent tout autour de moi. On dit de moi que je suis une beauté de glace, une déesse ayant une forme humaine fortement charismatique. Je sais que je suis une femme séduisane et qui aime faire tomber les hommes dans mes filets pour mieux les torturer et m'amuser. Toutefois, mon coeur ne glace n'a fait de place que pour une seule personne en ce monde et c'est uniquement mon dieu-maître. Moi et lui, c'est comme braise et glace. Il n'est pas un feu, mais il reste des braises. Nous nous entendons bien sur certaines choses et d'autres fois, nous mettons le tout à feu et à sang car nous nous disputons. Nous nous entendons sur plusieurs choses, bien heureusement. Je n'accepte jamais les défaites et j'aime avoir raison. Mon entêtement mène souvent à la destruction de ce qui m'entoure, mais je m'en fiche complètement. Il ne fallait pas me contrarier. Je suis une femme très difficile aux multiples facettes. J'adore surtout manipuler les autres à ma propre sauce, de pouvoir en faire ce que j'en désire. Et comme toujours - ou presque - j'arrive à mes fins. Je sais jusqu'où je peux aller dans mes limites et je n'hésite surtout pas à les utiliser.

Je termine finalement pas aller m'asseoir et je lève les yeux pour observer le ciel. Je dois avouer que même si je préfère ces terres, j'aime visiter le reste de ce monde. Je ne suis pas totalement insensible face à la beauté de la nature, même si je préfère la voir complètement gelée. Je ferme doucement les yeux pour prendre une grande inspiration, laissant toujours le calme s'installer dans mon corps. Malgré cela, je m'ennuis toujours.
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Saphomoth
Maître du Tolväar
Dieu de la Putréfaction
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Messages : 94
Date d'inscription : 07/03/2014
Royaume : Tolväar

MessageSujet: Re: La glace, c'est l'enfer. L'enfer, c'est aussi toi. (Pv Saphomoth)   Dim 17 Aoû - 23:44

Glissant pesamment sur la volée de marches abruptes qui descendaient de l'Aile du Chaos jusqu'à la Gorge, grande bâtisse de gré s'élevant majestueusement au-delà du néant abyssal telle la lance effrontée d'un mortel qui défit les Dieux, je remuai intérieurement les grumeaux de mes pensées amères. En contrebas, d'infimes cris d'agonie emplissaient l'espace du ravin vertigineux. Ils m'appelaient mais je ne leur répondis pas. Lointains mais tellement proches, ils suppliaient, ils chuintaient, ils gémissaient afin qu'on les délivre de leur souffrance éternelle. Parfois, une lueur cramoisie balayait la masse de bras décharnés comme le vent le ferait avec des épis de blés et ils retournaient tous plonger dans la mer d'abîme.

Arrivé devant l'encadrement de la porte massive qui me séparait du hall de la tour, je levai les yeux. L'orage permanent qui grondait dans les cieux infernaux se cachait derrière chaque nuage, ceux-ci qui, pris de peur, allaient rouler ailleurs, chargé de foudre afin d'en contaminer leurs pairs. Le grondement s'amplifia et libéra un éclair rageur qui frappa sans destination précise.

Lourdement, je poussai les deux grands battants massifs et pénétrai dans le hall silencieux. Le bruit feutré de mes pas m'accompagna tout le long de ma progression dans cette salle terriblement déserte. De grandes colonnes de marbre jalonnaient les parois, et se trouvaient coincées entre elles diverses fresques représentant l'apogée du Tolväar lors de l'avènement de la Fureur de mon Père Nasil. Ainsi on apercevait imprimé à même le mur le poing incandescent du Dieu Exilé crever la surface pour en embraser les souterrains et souffler un passage, ici représenté assez grotesquement par des entrelacs au burin.

Poursuivant ma route, j'assistais ainsi au spectacle d'une époque révolue où les Trois Royaumes étaient dans un conflit divin qui menaçait déjà l'équilibre de Vanalheim. Une période que j'aurai bien voulu connaître. Si mon Père m'avait procréé plus tôt, alors j'aurai pu goûter la saveur de vrais combats. Une fresque à ma gauche marquait l'affrontement du Dieu Chêne et de moi-même dans ce qui avait été anciennement un panorama de pierres et de silhouettes rocheuses cisaillées, avant de devenir la Crevasse. Ce gouffre avait été le seul exploit de Tumulghor, car il avait aussitôt essuyé sa défaîte, à bout de forces. Ironiquement, j'étais affiché comme de taille égale avec le titan arborescent. Et sur l'illustration suivante, j'étais représenté de façon plus massive pour affronter Nodalie et Meruwan venus en renforts. La belle époque...

Je bifurquai et poussai une nouvelle porte dans le mur du hall pour entrer dans un autre corridor où une certaine fraîcheur régnait. J'y croisais alors un Dieu suivi docilement par un fugoll. Je ne les regardai même pas. Les êtres vivants présents dans la Gorge des Dieux n'étaient pas différents des soldats employés dans mes guerres : des outils, des serviteurs au mieux. Guidé par le froid qui imbibait de plus en plus les lieux, je finis par découvrir Caducie qui déambulait lentement au détour d'un couloir ouvert dont le panorama s'élargissait sur la dimension du Chaos où volcans et rivières de lave produisaient des sonorités graveleuses lointaines, comme des géants en pleine digestion.

D'une inspiration, je ravalai la magie qui m'entourait et l'enfermai en moi où elle se mit aussitôt à bouillonner comme une marmite laissée sur un foyer. Il m'était difficile, voire presque insurmontable de la contenir mais en présence de ma dulcinée, c'était chose obligée. De plus cette pratique courante m'avait amené à contrôler le phénomène de plus en plus longtemps.

Son parfum m'atteignit et je me laissai littéralement porté à l'endroit où elle se trouvait. Ses longs cheveux argentés coulaient entre ses omoplates en reflétant des myriades d'étoiles. La lueur rougeoyante des brasiers en contrebas rendait le contraste de ses yeux cléments plus féroces encore. Sur ses pas, les dalles et les murs se recouvraient d'une pellicule de givre, et j'avais comme l'impression que le gel aussi portait son odeur de fleur chatoyante. M'approchant tout en veillant à ne pas déraper, je posai une main sur son bras. Mes griffes n'étaient pas confortables pour un toucher délicat mais elles ne la blessèrent pas.

Elle portait sa robe habituelle, un ouvrage de lin et de soie qui laissait ses bras nus. Le simple contact avec sa peau avait le don de me rendre fou, et bien qu'il soit glacial, cela ne faisait qu'exciter mes émotions. Et sa tenue ajoutait à cette sensation beaucoup plus d'intensité. Caducie était une femme avec une attitude si hautaine que personne ne pouvait l'atteindre. Sa beauté n'enlevait rien au reste, elle paraissait même inaccessible sauf en ma compagnie avec laquelle elle se montrait parfois plus chaleureuse.

Mes mains remontèrent sur ses épaules et la firent tourner vers moi afin que je puisse me baigner dans son regard d'azur. En ce qui la concernait, elle devait observer un monstre horrible, cornu, aux traits menaçants, dont les yeux étaient des fentes dangereuses. Je conservais souvent cette apparence. Je n'appréciai pas du tout l'acabit des humains. De plus, devant elle, je n'avais aucune raison de masquer ce que j'étais. Elle en était tout à fait consciente. Violence, destruction et chaos étaient ce qui nous rapprochaient et ce à quoi nous aspirions.

« Très chère. » Un nuage de buée s'échappa de mes lèvres. Je la contemplai avec intensité de ces yeux d'ambre que nombre de mes serviteurs craignaient. « Comment vous portez-vous aujourd'hui ? Avez-vous suivi l'avancement des fugolls ? » Un gigantesque geyser de lave s'éleva à quelques toises de la fenêtre, soufflant dans le corridor une brise réchauffée. « Ils ont fait d'excellents progrès depuis des mois. », ajoutai-je doucement.

Mon pouce glissa sur la ligne de sa mâchoire. « Tenez, si vous avez un instant de libre, peut-être pourrions descendre dans le Tolväar ? »

Cet aspect mielleux n'était adressé que pour elle. Personne ne me verra si attentionné et doux envers quelqu'un d'autre.
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