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 Le Cruel vous mande, mortel! (PV: Vheïrom) [Terminé]

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Nékèpech
Dieu de la Souffrance
et du Désespoir
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MessageSujet: Le Cruel vous mande, mortel! (PV: Vheïrom) [Terminé]   Ven 2 Mai - 22:23

Agony's Palace

Dans la Grande Salle, sur son trône d'adamantine rougi par le sang, Nékèpech étudiait avec attention un de ces étranges remèdes contre les maux qu'il propageait. Comment une substance aussi volatile et grossière pouvait soulager les mortels de leurs douleurs? Une question qui torturait allègrement l'esprit du sombre dieu depuis quelques jours... Percer les mystères de la guérison était devenu une sorte d'obsession pour lui, car malgré toute sa sapience et son expérience, il n'arrivait point à trouver des réponses à ses questions. Exaspéré, il jeta au loin cette fiole bénéfique, qui alla se briser sur l'un des murs cloutés de l'immense salle. Portant sa main à son visage, il posa son coude sur l'accoudoir de son trône et de son autre main frappa des doigts en cadence. Le maître des lieux semblait à présent s'ennuyer, n'ayant ni les réponses à ses questions ni aucune envie de torturer quelqu'un pour le moment...

Sa patience ne fut pas longtemps mise à l'épreuve; les lourds battants des portes de la Grande Salle s'ouvrirent lentement en grinçant. Sorti de sa semi-torpeur, Nékèpech se redressa sur son siège d'adamantine, prêt à accueillir comme l'être divin qu'il était le mortel qui osait le déranger. Avec un sourire narquois, il constata que les créatures pénétrant par les portes étaient ses toutes dernières créations magiques; des êtres torturés, traversés de chaînes et de bâtons, de ronces et de barbillons... le tout tenu en vie par la magie démoniaque du dieu du Désespoir. Les pauvres hères souffraient de leur état lamentable, leurs corps traversés de douleurs lancinantes. Elles ne savaient plus s'exprimer que par des râles et des cris d'agonie. Une véritable torture que le dieu affligeait allègrement et avec une satisfaction tout à fait morbide. Il reconnut alors en ces créatures le groupe qu'il avait mandé d'envoyer chercher les fugolls...

Et Nékèpech ne fut pas déçu d'apercevoir les représentants de cette race précéder la petite escouade de ces engeances de la Souffrance. Un groupe de fugolls avançaient derrière, étudiant avec une certaine crainte la salle alentour. Les légendes et récits que l'on contait sur l'infernal Palais de l'Agonie faisait froid dans le dos, car tous savaient que ces légendes étaient fondées sur des bases réelles; des âmes en peine souffraient ici bas, soumises aux caprices et débauches du Cruel et de ses tortures inimaginables... Une sorte d'enfer au sein même du Tolväar, qui n'était déjà pas un paradis en lui-même. Le groupe de ces aberrations, flanqué par les engeances magiques du dieu sombre, arriva devant le trône.

Du haut de celui-ci, Nékèpech se redressa de toute sa hauteur, dominant les mortels debout devant lui. Toujours affublé de son grand sourire carnassier, il leva la main en direction des créatures de Saphomoth. Puis, de sa bouche emplie de ses longues et nombreuses dents, il persifla:

"Fugolls du Tolväar! Si mes engeances vous ont amenées ici bas, c'est pour une raison bien précise, alors ne vous affolez ni du lieu ni du dieu qui se tient devant vous. Si vous ne l'avez pas encore remarqué, mortels, je suis Nékèpech, dieu de la Souffrance et du Désespoir, Geôlier des âmes perdues du Tolväar, Prince des Larmes, Seigneur du Palais de l'Agonie dont vous foulez le sol."


Le maître des lieux descendit alors les quelques marches de son trône, en direction des fugolls. Quelques cris de douleurs semblèrent résonner dans l'air, peut être en provenance d'une salle latérale... puis, s'arrêtant juste devant le fugoll le plus proche, il regarda dans sa direction, malgré l'absence de ses yeux. Rapprochant son visage de la tête de chacal du mortel, il continua de sa voix sifflante:

"J'ai ouï dire que votre peuple avait trouvé une voie pour entrer en Silraen. Les rumeurs rapportées par mes adorables suppliciés sont elles vraies, ou dois-je les châtier pour avoir menti à une entité divine de mon renom?"


Nékèpech avait à présent son visage très proche de celui du fugoll. Ses mèches de cheveux blancs abîmés touchaient presque les tempes de la créature à tête canine.


Dernière édition par Nékèpech le Sam 23 Aoû - 22:33, édité 2 fois
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Vheïrom
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MessageSujet: Re: Le Cruel vous mande, mortel! (PV: Vheïrom) [Terminé]   Sam 3 Mai - 5:41

HRP:
 

Vheïrom avait fait la rencontre de plusieurs engeances, dont une mémorable avec une certaine Madrive qui prenait l’apparence d’une fillette afin d’appâter les âmes tordus ou victimes de leur clémence afin de les dévorer dans son antre. Celles-ci n’étaient visiblement pas maîtresses de leur sort et se trainaient, lancinantes, dans les dédales du Palais, balafrées comme des poupées vaudous. Le Vil observait depuis un moment un long clou qui, enfoncé dans l’articulation d’un genou, crissait horriblement contre l’os du supplicié à chacun de ses pas.

Le fugoll foulait le Tolväar depuis peu, fraîchement rentré de son expédition en terres Silraen. Il était éclaireur, après tout. Avec un groupe de six, il avait été surpris –fruit du hasard ou audience ciblée?- par les d’affreuses engeances les commandant, à force de gémissements et de complaintes indéchiffrables, à les suivre. C’est non sans une certaine réticence que ses frères et lui avaient pénétré le repaire de Nékèpech. C’est du moins le nom que Vheïrom avait déchiffré entre les lèvres desséchées de leur escorte et, à en juger par l’allure du château, ce dernier collait bien à l’image d’un Dieu de la Souffrance.

Il régnait dans le palais une sensation étrange qui, non contente d’incommoder Vheïrom, lui collait à la peau comme les fils d’une toile d’araignée. Une odeur métallique, de chair et de pourriture emplissait les narines du fugoll et le désespoir, au même titre qu’une entité palpable, dansait, invisible, dans tous les racoins. Des murmures fusaient à l’occasion et, à chaque fois, Vheïrom se tournait vers l’une des engeances en pensant que celles-ci avaient parlé. Mais les bruits venaient de nul par et de partout à la fois. Les oreilles frémissantes du Vil crurent capter des râles étouffés montants des sous-sols puis des rires –ou peut-être des sanglots- que les murs de chair étranglaient en sourdine.

- Partons.

La main d’un de ses frères avait empoigné son bras avec fébrilité, le pressant avec urgence. Vheïrom glissa un regard torve au cadet qui, tremblant sporadiquement comme une feuille d’automne que le vent ébroue, crevait d’envie de prendre la fuite mais que la lâcheté empêchait de le faire seul. Le Vil lui dévoila une rangée de crocs en guise de sourire, se murant dans un mutisme qui témoignait de sa pensée. N’y tenant plus, son frère rebroussa chemin en solitaire, ses griffes cliquetant sur les dalles de pierres. Lorsque Vheïrom regarda par-dessus son épaule pour vérifier la progression du déserteur, il avait disparut et les parois du mur saumâtre se mouvait lentement à la façon de muscles d’une mâchoire qui mâche. Dernier vestige du couard ; un couinement derrière la cloison.

Une seconde main se referma sur lui, ferme cette fois, et Vheïrom claqua des dents à quelques centimètres du visage de l’importun. Il était tendu, ces intrusions physiques le rendaient agressif. Son supérieur resserra sa prise en émettant un grondement menaçant, puis le poussa à la tête de leur petit groupe.

- Toi d’abord, je ne serai pas le premier à crever.

Le Vil se garda de lui préciser que le mur s’était déjà chargé de dévorer la première victime. Les engeances, insensibles à leurs messes-basses, poussèrent les portes d’une grande salle que le groupe de fugolls pénétra avec méfiance. Vheïrom détestait ne pas savoir dans quel merdier il était, et surtout ne pas pouvoir user de sa langue pour s'en tirer. Il avait bien essayé de toucher quelques mots aux engeances afin de les mettre à sa main, mais elles s’apparentaient à des coquilles vides. Elles gémissaient des monologues de souffrances, sans plus.

Devant, Nékèpech. Plus horrible encore qu’on le lui avait décris mais ne mesurant cependant pas cinq mètres de hauteur comme le disait les hitoires. Le Vil avait fréquenté trois Dieux communs du Tolväar, mais jamais un de ce calibre. Il s’immobilisa au centre de la pièce, légèrement à l’écart des autres, craintivement restés en retrait, alors que Nékèpech se dressait comme une ombre menaçante.

"Fugolls du Tolväar! Si mes engeances vous ont amenées ici bas, c'est pour une raison bien précise, alors ne vous affolez ni du lieu ni du dieu qui se tient devant vous. Si vous ne l'avez pas encore remarqué, mortels, je suis Nékèpech, dieu de la Souffrance et du Désespoir, Geôlier des âmes perdues du Tolväar, Prince des Larmes, Seigneur du Palais de l'Agonie dont vous foulez le sol."

Quel imbu. Vheïrom aimait cela et un frisson d’appréhension fit se dresser ses poils le long de son échine tortueuse. Le fugoll observa le maître des lieux s’avançant, un visage affublée d’une gueule de tardigrade, trop peu grande pour accueillir autant de dents. Le Vil savait qu’il n’y avait ni nez, ni yeux sous le masque noir et pourtant, il se sentit transpercé. Une impression dérangeante, comme lorsqu’on trempe dans l’eau ; même si rien ne s’y cache, la surface d’encre d’un lac embarrasse toujours. Le sans-visage s’approcha près, tout près.

"J'ai ouï dire que votre peuple avait trouvé une voie pour entrer en Silraen. Les rumeurs rapportées par mes adorables suppliciés sont elles vraies, ou dois-je les châtier pour avoir menti à une entité divine de mon renom?"

Vheïrom cru sentir un souffle le caresser et c’est dans une immobilité totale qu’il jaugea le Dieu dont la promiscuité lui donnait envie de s’aplatir contre le sol. Ses quatre frères le reluquaient avec appréhension. Suite à quelques longues secondes d’un silence simplement entrecoupés des bruits intriguants du palais, Vheïrom se plia aux pieds de Nékèpech, l’affublant du sourire mielleux de sa gueule édentée similaire.

- J’en reviens moi-même, Prince des Larmes, ronronna-t-il en penchant la tête vers la gauche

Puis, voulant de suite éliminer une quelconque compétition et étant complètement indifférent du sort de ses frères -la présence du Dieu avait éclipser la quelconque importance des mortels-, le fugoll rajouta sur le même ton ;

- Vous pouvez cependant châtier mes frères qui n’y ont point été et qui ne vous seront donc d’aucune utilité…

Il accompagna ses dires innocents d’un doigt griffu pointé en direction du quatuor désemparé. L’un de ses membres aboya une insulte en se hérissant, oreilles plaquées contre le crâne. Un autre assura avoir mit pied sur Silraen, mais il était un piètre menteur. La fourberie n’était pas donné à tous. Son supérieur ne serait peut-être pas le premier à crever, mais la deuxième place lui ouvrait les bras.
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Nékèpech
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MessageSujet: Re: Le Cruel vous mande, mortel! (PV: Vheïrom) [Terminé]   Sam 3 Mai - 18:14

Le silence s'était installé dans l'immense Grande Salle après que Nékèpech eut parlé. Le fugoll semblait chercher une réponse convenable et due au rang du grand dieu se tenant devant lui, ce que ce dernier ne pouvait qu'approuver. Puis la petite créature avait brisé le chape de plomb, faisant un sourire mielleux à la puissante entité se tenant devant lui:

J’en reviens moi-même, Prince des Larmes.

Avec un sourire de satisfaction, le Cruel releva la tête, croisant les bras sur sa poitrine dans une posture de domination. Le petit être continua cependant sa phrase, montrant ses semblables jusque-là restés cachés derrière leur camarade:

Vous pouvez cependant châtier mes frères qui n’y ont point été et qui ne vous seront donc d’aucune utilité… 

La dernière remarque fut accueillie de façon très négative par lesdits frères de l'homme-chacal. Ceux-ci grondèrent, jappèrent, tentèrent de se justifier, alors que le sourire sadique de Nékèpech ne faisait que s'élargir. Le petit fugoll était futé. Et cruel... Une caractéristique qui parvint à capter l'attention du dieu sombre. La cruauté était le moule à partir duquel le dieu avait fondé son empire de souffrances et de désespoir. Ouvrant de nouveau ses bras, il pointa un de ses longs doigts effilés en direction du groupe de fugolls, puis déclara:

"Si vous ne m'êtes d'aucune utilité, alors serez-vous sûrement plus qu'enchantés d'être mes hôtes pour un temps, en ce magnifique palais? Cet édifice regorge d'endroits plaisants, de salles divertissantes... Mes magnifiques créations peuvent en témoigner; vous ne vous ennuierez jamais au sein de mon magnifique Palais de l'Agonie. Engeances de la Souffrance, veillez à les faire intégrer leur nouveau logis..."


D'un geste fugace de cette main pointée sur le groupe, les Engeances s'agglutinèrent à la petite troupe de fugolls, qui à présent couinaient et tentaient de s'enfuir. Mais rien ne pouvait y faire. La salle semblait elle-même se remplir de nouveaux torturés sortant de l'ombre et se dirigeant d'un pas nonchalant, voir pour certains harassant, en direction de l'attroupement. Les cris de protestation et de peur des pauvres créatures de Saphomoth résonnèrent dans la salle, tandis qu'ils étaient lentement mais sûrement évacués en direction des geôles du Palais.

Lorsqu'ils furent tous sortis de la salle du trône du Cruel, celui-ci reporta son attention sur le petit fugoll restant, toujours à ses pieds. Faisant marche arrière, Nékèpech retourna s'asseoir sur son trône d'adamantine. Faisant apparaître un parchemin de couleur anthracite dans sa paume droite d'un simple claquement de doigts, une épaisse fumée noire se dégageant de la main après le processus, le Prince des Larmes prononça ces mots:

"Mortel, ta connaissance des chemins menant au Silraen t'a peut être permis de ne pas souffrir en mes geôles comme tes bienheureux camarades... J'ai une mission pour toi, petite créature. J'ai besoin que tu portes un message à quelqu'un de très spécial habitant les terres du dragon Meruwan."


Faisant léviter le parchemin jusqu'au fugoll, Nékèpech continua son petit discours:

"Trouve Ëvolýn, la déesse de la Guérison, et remets-lui ce message. Tu te débrouilleras pour le lui délivrer par tous les moyens. Mais lorsque tu le lui remettras, ne dis en aucun cas qui en est l'expéditeur. Elle le devinera lorsqu'elle en parcourra les lignes. Je te défends également de le lire, ou ta curiosité pourrait être le premier défaut que tu maudiras pour le reste de ta lamentable existence."


Le dieu cruel posa un bras le long de l'accoudoir puis, de l'autre, appuya sa tête dans la paume de sa main. D'un geste du bras allongé, il fit signe aux engeances de rouvrir les lourds battants de la salle. Enfin, il déclara:

"A présent que tu sais où tu vas, pauvre mortel, remplis ta tâche le plus vite possible. Et ne me déçois pas. Les mortels m'ayant déçu se content par centaines, et leurs cris peuvent être entendus dans les plus profondes entrailles de mon Palais. Je te réserverai un traitement spécial si tu venais à échouer dans ta mission, fugoll."


Sur ce, il congédia d'un autre geste de la main son "invité". Bien qu'il ait été intéressant de voir que la cruauté était encore présente chez les êtres vivants, Nékèpech souhaitait à présent se replonger dans sa longue et perpétuelle recherche des secrets de la guérison...
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Vheïrom
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MessageSujet: Re: Le Cruel vous mande, mortel! (PV: Vheïrom) [Terminé]   Dim 4 Mai - 4:44

Attentif aux gestes du dieu cruel, Vheïrom suivit du regard son doigt se lever vers ses frères telle une épée de Damoclès afin de les condamner dans un cynisme délicieux à un sort que le Vil n’osait pas même imaginer.

"Si vous ne m'êtes d'aucune utilité, alors serez-vous sûrement plus qu'enchantés d'être mes hôtes pour un temps, en ce magnifique palais? Cet édifice regorge d'endroits plaisants, de salles divertissantes... Mes magnifiques créations peuvent en témoigner; vous ne vous ennuierez jamais au sein de mon magnifique Palais de l'Agonie. Engeances de la Souffrance, veillez à les faire intégrer leur nouveau logis..."

Puis la main de Nékèpech esquissa l’ordre silencieux de se saisir de ses pairs, geste équivalant à cravacher le cheval sur lequel était assit un futur pendu. Dans un intérêt, il est vrai, un peu vicieux, Vheïrom observa les dociles engeances happer les fugolls, agissant à titre de filets et eux, à titre de poissons. Ses frères savaient mordre et savaient fuir, mais dans un tel endroit, ces mesures étaient fâcheusement insuffisantes. Dans un concert de jappements et de couinements, le groupe fut déporté bien malgré lui vers ce qui risquait d’être une mort lente, longue et douloureuse. Leurs cris résonnèrent encore quelques instants dans la salle, même lorsque les lourdes portes furent refermées, jusqu’à laisser les oreilles de Vheïrom vides de toutes protestations de congénères. Désormais vulnérable comme un pion sur un échiquier vide, le fugoll roula un dos rond et enfonça sa tête hideuse entre ses épaules étroites.

L’amant de la souffrance rebroussa chemin vers son trône afin d’y siéger avec la même impertinence que se devait d’avoir tous les dieux supérieurs. Machinalement, le Vil huma l’air en sa direction. Il devait être bien ennuyeux d’être ainsi assis sur son pouvoir pendant plusieurs milliers d’années… Un parchemin, couleur de charbon brillant, naquit dans la main du dieu par une simple invocation. Le fugoll darda ses billes ocre sur le manuscrit qui semblait être d’une importance capitale. La voix dictatoriale de Nékèpech emplit la salle.

"Mortel, ta connaissance des chemins menant au Silraen t'a peut être permis de ne pas souffrir en mes geôles comme tes bienheureux camarades... J'ai une mission pour toi, petite créature. J'ai besoin que tu portes un message à quelqu'un de très spécial habitant les terres du dragon Meruwan. Trouve Ëvolýn, la déesse de la Guérison, et remets-lui ce message. Tu te débrouilleras pour le lui délivrer par tous les moyens.’’

Tout en se saisissant du parchemin ayant lévité jusqu’à lui, Vheïrom dressa une oreille, trahissant une curiosité soudaine. Étrange commission.

‘‘Mais lorsque tu le lui remettras, ne dis en aucun cas qui en est l'expéditeur. Elle le devinera lorsqu'elle en parcourra les lignes. Je te défends également de le lire, ou ta curiosité pourrait être le premier défaut que tu maudiras pour le reste de ta lamentable existence."

Les babines du fugoll frémirent, ébauchant un fin rictus. Faire appel à ses services pour une tâche qui semblait tant incomber le Cruel n’était-il pas folie ? En même temps, par quel autre moyen aurait-il pu faire parvenir un message en Silraen… Vheïrom se délecta silencieusement du monopole qui obligeait un dieu à se rabattre sur de la vermine afin d’accomplir un impératif. Mais un autre fugoll n’aurait certainement pas été en mesure de s’en acquitter. Nékèpech était donc tombé sur la bonne vermine, heureusement ou malheureusement pour Vheïrom contraint de devenir son obligé. Soulignant sa pensée, le dieu continua.

"A présent que tu sais où tu vas, pauvre mortel, remplis ta tâche le plus vite possible. Et ne me déçois pas. Les mortels m'ayant déçu se content par centaines, et leurs cris peuvent être entendus dans les plus profondes entrailles de mon Palais. Je te réserverai un traitement spécial si tu venais à échouer dans ta mission, fugoll."

Une canine le démangea, voulant se pointer de façon arrogante hors de sa gueule pour témoigner de son brusque mépris. Créature de terriers, le Vil détestait ne pas avoir un deuxième sortie de secours. Ce dieu était bien exigeant, mais il était en droit de l’être. Les plus puissants étaient toujours les moins enclins aux négociations, mais une fois qu’on les avait dans la poche… néanmoins, Vheïrom douta de pouvoir mettre celui-ci dans la sienne.

- Evölýn, ronronna-t-il tout bas en fixant Nékèpech

Le fugoll ne connaissait rien ou presque sur cette Déesse. Il faut dire que son train de vie ne lui permettait pas d’être académiquement très avancé ; la culture générale, il la saisissait dans des brides de conversations volées entre lambdas. Il ne savait pas lire, ainsi ouvrir ce parchemin ne l’aurait avancé à rien, et il douta que de le faire lire par quelqu’un d’autre fut une très bonne idée. Obéir était ce qui était le plus avantageux pour lui, en ce moment.

- Dans l’éventualité d’un succès, y a-t-il des bénéfices à être votre obligé, Prince ? s’enquit de Vheïrom de sa voix grave qui se voulait pourtant douce et cauteleuse

Il était certainement très imprudent d’insister de la sorte face à un dieu ayant déjà démontré le désir de le congédier sur le champ, mais le Vil étant ce qu’il était, il essayait à tout prix de tirer un maximum d’avantages de chaque situations, aussi précaires soient-elles. Nékèpech était, certes, intimidant, mais l’appât du gain en valait la chandelle. Qu’avait-il à y perdre, de toute façon ? Oh, juste la vie, dans d’horribles souffrances si jamais il contraignait un peu trop le dieu. On aurait pu choisir meilleur mort, plus courte et moins douloureuse.

Vheïrom sourit en serrant le parchemin. Non, il ne risquait rien, sauf peut-être une frousse. Il était le mieux placer pour délivrer le message, et savait déjà par qui il passerait pour mener à bien cette mission imposée. Son corps svelte à moitié tourné vers les portes ouvertes, il s’apprêtait déjà à détaler.
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Nékèpech
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MessageSujet: Re: Le Cruel vous mande, mortel! (PV: Vheïrom) [Terminé]   Mer 7 Mai - 15:28

Alors que le dieu croyait en avoir fini avec l'entretien, il entendit son messager de fortune ronronner quelque chose:

Evölýn...


Ce nom fit tilter Nékèpech qui, retirant sa tête de la paume de sa main, regarda plus attentivement le fugoll. Une pensée traversa l'esprit du Cruel, qui se rappela l'esprit vénal des mortels et de leur soif de pouvoir et de richesse. Puis ce fut au tour du petit être de confirmer l'idée de Nékèpech en disant:

Dans l’éventualité d’un succès, y a-t-il des bénéfices à être votre obligé, Prince ?


Le Prince des Larmes avait bien deviné. Les désirs avait beau ne pas être le propre des mortels, ils ne vivaient que par eux selon le dieu sombre. Ce dernier se releva de son trône, toisant et dominant de toute sa hauteur la petite créature chétive devant lui. Quelle effronterie de demander pareille chose à un dieu... Cela dit, il n'en était pas à son premier mortel demandant des faveurs. Et il en avait déjà accordé à certains. Ici, le messager était important et semblait pouvoir accomplir la tâche qui lui avait été assignée. Alors avec un sourire macabre et une voix toujours aussi sifflante, Nékèpech déclara solennellement:

"Il y a beaucoup de bénéfices à retirer de mes bonnes grâces, mortel. La première étant de ne pas souffrir un millénaire dans mes geôles palatines. Bien évidemment, mes pouvoirs peuvent me permettre d'accorder des faveurs beaucoup plus directes et bénéfiques, telles que de grands pouvoirs, de grandes richesses... Mais pour toi, fugoll, je te donnerai ma promesse que jamais la souffrance n'envahira ton corps. Prends garde à toi, car je n'ai point dit que tu ne pourrais être blessé ou mourir, mais si tel était le cas, tu ne ressentirais aucune douleur... Qu'en penses-tu, créature de Saphomoth? Souhaiterais-tu une telle promesse?"


Le Cruel était à présent debout, les bras croisés, à regarder avec attention et amusement le fugoll devant lui. L'homme-chacal semblait avoir plus de matière cérébrale que ses confrères, à en juger par la façon tout à fait tordue dont il avait usé pour se débarrasser de ses compagnons de route. Quoi qu'il en soit, Nékèpech était à présent en train d'expérimenter une nouvelle forme de faveur qu'il n'avait encore jamais accordé en presque trois mille ans d'existence; l'analgésie. Bien évidemment, cette faveur comportait des risques, mais le Prince des Larmes aimait l'idée d'un cadeau empoisonné, d'un dilemme pour le mortel...
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Vheïrom
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MessageSujet: Re: Le Cruel vous mande, mortel! (PV: Vheïrom) [Terminé]   Jeu 8 Mai - 22:45

Chaque fois que le Dieu se levait de son trône, il ressemblait à un cumulonimbus sombre et menaçant qui étend son pouvoir terrifiant sur toute la superficie de la grande salle. Le Cruel dévoila de nouveau une bouche édentée ridiculement grande, ne semblant pas le moins du monde surpris par sa demande. Vheïrom s’en était douté.

"Il y a beaucoup de bénéfices à retirer de mes bonnes grâces, mortel. La première étant de ne pas souffrir un millénaire dans mes geôles palatines. Bien évidemment, mes pouvoirs peuvent me permettre d'accorder des faveurs beaucoup plus directes et bénéfiques, telles que de grands pouvoirs, de grandes richesses... Mais pour toi, fugoll, je te donnerai ma promesse que jamais la souffrance n'envahira ton corps. Prends garde à toi, car je n'ai point dit que tu ne pourrais être blessé ou mourir, mais si tel était le cas, tu ne ressentirais aucune douleur... Qu'en penses-tu, créature de Saphomoth? Souhaiterais-tu une telle promesse?"

Le sourire permanant du Dieu le narguait avec une insistance qui mit notre petit fugoll mal à l’aise. Il ne fallu pas longtemps au Vil pour analyser le double tranchant de cette proposition. Contrit, Vheïrom observa Nékèpech en silence en pesant ses mots. Peut-être s’était-il montré trop téméraire en osant demander faveur à un dieu de cette trempe dont la nature même était de… faire souffrir. Quémander  une grâce pour devoir ensuite la refuser, cela aurait de quoi insulter.

- Je n’en demandais pas autant, Prince… ronronna le Fugoll en courbant l’échine, dardant son regard sur le masque lisse d’amanite, Votre bonté n’a d’égale que votre cruauté, mais je ne suis pas digne d’un si grand privilège.

Bien que mielleuse, l’affirmation de Vheïrom restait sans équivoque et n’appelait pas à la négociation. Ce pouvoir aurait entraîné sa perte prématurément, il le comprenait, tout comme il comprenait le désir pervers de Nékèpech de profiter de chaque occasion pour rendre la vie d’un mortel pénible. Resserrant sa prise autour du parchemin,  il continua sur sa lancé, ne souhaitant pas laisser d’avantage de temps de réflexion au Dieu dont les idées de tortures éclataient comme de petits bourgeons de fleurs venimeuses.

- Je porterai votre message à Evölyn et l’honneur de vous avoir dûment servi sera une récompense en soi. Votre Cruauté…

Le fugoll s’inclina gauchement, puis fila sans plus de cérémonies par les portes encore grandes ouvertes. L’honneur n’était certes pas un concept très développé chez Vheïrom, mais ce mot plein de charme sonnait bien en ces circonstances et adoucissait souvent les mortels. Pour les immortels, qu’en était-il ? Le Vil fuit le Palais de l’Agonie sans une once de remord pour ses frères mais en voulant à ce bout de parchemin qui saurait causer sa perte si jamais il n’aboutissait pas dans les mains de sa destinatrice.
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