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 Noirceur des Lumières [Terminé]

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Shäara
Etoile noire des Lumières
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MessageSujet: Noirceur des Lumières [Terminé]   Mer 25 Juin - 10:26

Ce monde n’est que brouillard et désolation. La haine le ronge et ses entrailles ne sont que violence, douleur. On ne parle pas d’âme qui vive en ces lieux, seulement de spectres qui survivent. Des cadavres putrides pavent le sol et se sont leurs os que l’on entend craquer sous nos pieds. Pourquoi avoir choisi ce chemin, éthérée….
 
Plusieurs semaines s’étaient écoulées depuis le court séjour de Shäara à Ydrasil. Un séjour si bref et pourtant riche en émotions. La jeune femme y avait fait là-bas de nombreuses découvertes et avait pu entrevoir ce que pouvait être son avenir. Lumineux…

Malheureusement les révélations que lui avait faites le Dieu astrale avait mis fin à cet enchantement. Cette vérité avait fini par jaillir dans toute sa violence. Elle, Ethérée maudite, portait la marque du Tolväar. Un dieu, apparemment d’une grande puissance, avait fait d’elle sa corrompue, sa créature, son jouet… La douleur qu’apportait cette nouvelle fut intense dans le cœur de Shäara. Néanmoins, elle lui permettait aussi d’apporter un peu de clarté sur sa naissance et de comprendre nombres de choses.

Ses frères n’avaient donc pas eu tort ce fameux jour où il avait essayé de la détruire. Elle était bien une enfant funeste, loin de leur nature de lumière et de paix. Et son père, ou encore sa seconde mère se trouvait au Tolväar. Face à ses révélations, Shäara avait pris la décision de se rendre dans ce lieu pour un face à face décisif avec celui qui avait corrompu son âme.

Elle était partie seule, priant Evvus de ne pas l’accompagner. Elle voulait comprendre, découvrir son histoire mais ce voyage devait se faire en solitaire. Cependant l’Ethérée ne doutait pas qu’Evvus, où qu’il fut, gardait un œil sur elle. Pas seulement pour sa propre sécurité, mais aussi pour celle de ceux qui pouvaient l’approcher. Rien ne certifiait qu’un contact direct avec la gueule du chaos ne réveillerait pas cette noirceur enfouie dans son âme. Et alors, que deviendrait-elle ? Un monstre assoiffé de sang ? Une furie destructrice ?

L’Ethérée frissonna rien que d’y penser. D’autant plus qu’elle sentait dans son cœur un chant de bonheur s’élever. Quelque chose en elle répondait à ce lieu de douleur, heureux qu’elle foule enfin ce sol. Elle s’arrêta alors net au cœur du brouillard et ferma les yeux. La lumière… Sentir la Lumière, la vivre, la nourrir… Être Lumière.

Au fur et à mesure que ces mots défilaient dans sa tête, l’apparence de la jeune femme se modifia. Ses cheveux, entièrement noirs, se mirent à briller légèrement. On aurait dit que des pierres précieuses s’étaient glissées dans cet écrin de noirceur. Sa peau, alors grise, s’éclaircit et devint d’un blanc immaculé. Quant au grand manteau qui recouvrait ses épaules, il fondit comme neige au soleil, dévoilant un corps aux formes généreuses seulement recouvert de soie, noire comme la nuit. Le contraste entre sa peau nue et la couleur de sa robe était tel qu’on aurait pu croire que son être scintillait.

Lorsqu’enfin Shäara rouvrit ses yeux, immenses rubis rouges dans l’obscurité, elle constata sa métamorphose avec un léger rire. La discrétion n’était plus de mise après pareille transformation. Et bien soit, et puis elle n’allait pas errer ici des siècles en espérant croiser son créateur.

« Que celui qui a osé corrompre ma naissance reconnaisse son geste et vienne à moi ! L’Ethérée maudite qu’il a créé le demande ! Père ou mère, impur qui a osé sacrifier la Lumière, vient répondre à cet instant de ton geste… »

Ce fut tout d’abord le silence qui répondit à ses paroles. Puis un rire s’éleva, froid, glacial. Il semblait provenir de toutes les directions à la fois, tour à tour murmure et rugissement.

Cependant l’Ethérée ne bougea pas et ne chercha pas à fuir. Elle attendait qu’il vienne, ce maudit qui avait osé briser le travail de ses mères étoiles… Celui qui avait écrasé la douce Lumière… Qu’il vienne, elle mourait d’envie de le voir pour mieux le détruire…

Le chant dans le cœur de Shäara se faisait plus puissant de minutes en minutes. Une symphonie de guerre et de souffrance, répondant à celle du Tolväar. Cette fois ci l’Ethérée n’essaya même pas de la faire taire, elle s’en abreuvait. Elle ferait payer à ce monstre son atteinte… Dieu ou non, elle nourrirait cette terre de son sang. Alors seulement l’outrage fait à la Lumière serait vengé…


Dernière édition par Shäara le Mar 5 Aoû - 20:47, édité 1 fois
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Nékèpech
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MessageSujet: Re: Noirceur des Lumières [Terminé]   Jeu 26 Juin - 10:41

Devil in the Moor

Une immense fumée sombre et à l'aspect goudronneux rampait sur le sol des Landes de la Désolation... Quittant les Collines Salmeur, cette masse informe au sol devenait progressivement quelque chose de cohérent au fur et à mesure que l'on regardait de plus en plus haut. Une robe à l'aspect de cuir, un long corps sombre et filiforme, aux bras, mains et doigts effilés à en faire peur, une bouche garnie des dents les plus longues et pour finir, un masque d'adamantium rendant invisible le reste du visage abominable de son propriétaire.

Nékèpech avançait.

En réalité, le dieu était sorti de son palais dans une de ces périodes de grand ennui où il ne trouvait plus d'inspiration pour ses tortures. Il devait se ressourcer l'esprit loin du tumulte et des bruits de souffrance, et faisait le plus souvent de longues marches en solitaire sur ces terres maudites. Il lui arrivait même d'aller retrouver ses comparses divins au Trône du Chaos, même s'il se faisait plutôt rare en ce lieu ces temps-ci. Pour l'heure, il avançait dans les Landes, à la recherche d'inspiration...

Soudain, le Prince des Larmes s'arrêta net, orientant sa tête dans une direction d'un seul coup sec, qui aurait fait craquer ses vertèbres à un être mortel. Il resta figé longtemps ainsi, ressentant une puissante magie à l'oeuvre. Une magie à la fois bénéfique et maléfique. Créatrice et destructrice. Un curieux mélange qui fascinait Nékèpech. Il ressentit finalement le côté maléfique de cette magie, et un long sourire se dessina sur ses babines cauchemardesques, révélant plus de dents, si cela était encore possible. Toujours armé de son grand sourire, le dieu de la Souffrance prit alors la forme d'une sorte de long serpent noir et informe, comme constitué de fumée et de brume couleur d'encre. Il disparut ainsi de sa position initiale...

Alors que l'Ethérée hurlait sa rage, une série de rires sardoniques firent échos dans la brume. Des rires pervers, maléfiques. Le serpent avait dissimulé son corps sombre dans la brume opaque au sol, slalomant entre des obstacles invisibles. Lorsque les rires s'estompèrent, ce fut une voix qui les remplaça, profonde mais maladive.

"Il était une fois, une Ethérée de Lumière. Mais vouée à un jour basculer dans les Ténèbres. Folle de rage, elle vint crier son désespoir et sa haine dans l'endroit dont elle pensait qu'habitait son corrupteur... Mais le connaît-elle vraiment? Sait-elle qui se cache sous ces tissus de mensonges et de non-dits?"


La forme allongée ressemblant à un serpent surgit alors lentement de la brume, à quelques mètres en face de l'Ethérée. La forme, ou plutôt la silhouette, commença à ressembler à quelque chose de cohérent... d'humanoïde. De son long corps filiforme apparurent des bras, des jambes. Une tête se dessina lentement alors que le Prince des Larmes prenait forme humaine. A la fin de la transformation, Nékèpech était un vieillard vêtu d'un lourd manteau noir, d'une vieille canne de bois et aux yeux nimbés de flammes. Sa peau avait gardé de sa couleur anthracite, et il s'exprima à nouveau.

"Quel drôle d'endroit as-tu donc choisi là pour t'adresser à une divinité, petite Ethérée. Il n'y a rien ici à par la brume... et moi."
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Shäara
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MessageSujet: Re: Noirceur des Lumières [Terminé]   Sam 28 Juin - 9:18

"Il était une fois, une Ethérée de Lumière. Mais vouée à un jour basculer dans les Ténèbres. Folle de rage, elle vint crier son désespoir et sa haine dans l'endroit dont elle pensait qu'habitait son corrupteur... Mais le connaît-elle vraiment? Sait-elle qui se cache sous ces tissus de mensonges et de non-dits?"

Ces mots, malades de sens et de timbre, vinrent jusqu’aux oreilles de l’Ethérée. Toujours passive malgré la colère qui grandissait en son sein, elle ne prit même pas la peine de faire face à l’origine du son. Elle lui tourna même sciemment le dos, ne désirant pas voir son créateur immédiatement. Car il s’agissait inévitablement de lui, qui d’autre aurait pris la peine de se déplacer pour elle ?

Mais finalement emportée par sa curiosité, Shäara pivota sur elle-même et scruta le brouillard. Ce fut à cet instant qu’un serpent en sortit. Fluide, noir comme la nuit et pourtant… vaporeux. Rien qui ne fut de la main naturelle des mondes songea l’Ethérée. Et bien vite la créature lui donna raison, se transformant devant son regard.

La jeune femme eut un geste de recul, soutenu pour le dégoût bien plus que par la peur. Des membres apparaissaient sur le serpent, bras, jambes. Un visage vint même poser ses traits sur cette immondice de chairs et d’écailles. Quelque secondes de plus suffirent à donner forme humaine à cette progéniture des ténèbres. Un vieillard, rien de plus. Quiconque l’aurait croisé aurait pu croire qu’il s’agissait d’un inoffensif ancien malgré la couleur atypique de sa peau. Mais son regard était traitre. Il suintait la violence et la douleur.

"Quel drôle d'endroit as-tu donc choisi là pour t'adresser à une divinité, petite Ethérée. Il n'y a rien ici à par la brume... et moi."

L’Ethérée posa ses yeux rouges sur le vieillard et scruta son âme, comme elle l’avait tant de fois fait auparavant avec ceux qui avaient croisé sa route. Ce qu’elle y sentit alors coupa net sa respiration. Tout dans cet être n’était que corruption, douleur et ténèbres. Maladie, souffrance, et force. Un récipient de noirceur extrême, rien de moins. Cependant, quelque chose dans son âme lui indiqua que ce n’était pas Lui… Ou Elle…

« Mais tu me suffis amplement vieillard… Ou quoi que tu sois. Ton apparence n’est pas assez solide pour cacher ton âme. Une âme de ténèbres et de sang. Une âme qui ne mérite finalement qu’une chose… disparaitre ! »

Sur ces quelques mots, le regard de Shäara se fit plus intense. L’éclat dans ses yeux s’amplifia, plus rouge, plus sanglant encore. Un rire s’échappa même de ses lèvres, cruel à souhait. Quant au chant dans son cœur, il se fit plus pressant encore et finalement emporta tout son corps. Une véritable tempête faisait rage dans son être et apportait avec elle une nature plus sombre. Cette nature que la jeune femme avait toujours cherché à enchainer. Cette part de son être qui l’avait condamnée, coupée du monde. Enfin, ici au Tolväar, elle s’exprimait avec joie.

« Ta naissance est une hérésie… Tu n’es qu’une créature putride dont le simple souffle trouble la Lumière… Je t’en prie, laisse-moi rétablir l’ordre des choses… »

L’Ethérée s’inclina, comme saluant son adversaire pour un duel à venir. Mais alors qu’elle comptait prendre une forme animale, quelque chose s’interposa et murmura dans sa tête :

« Nous sommes sœurs ma belle, permets moi de combattre à tes côtés… Nos chants n’en seront que plus destructeurs et porteront l’étendard de la Lumière…  Shäara, apprends-moi, maitrise moi et vis moi !»

L’Ethérée tomba à genou et fut immédiatement masquée par un nuage de poussière. Quelques rayons de lumières tentèrent de traverser ce cocon de poudre noire avant de finalement disparaitre. L’obscurité se fit plus intense, naissant directement de ce tombeau de sable et de terre. Soudainement, la chrysalide se figea et, repoussée par une force invisible, éclata. Ce qu’elle laissa apparaitre n’était pas un magnifique papillon, bien loin de là. C’était quelque chose de plus… mortel.

Shäara, toujours à genou, se releva et fit de nouveau face au vieillard. Les joyaux qui parsemaient sa chevelure avaient disparu, avalés par l’encre de ses cheveux. Sa peau, si blanche et parfaite quelques instants auparavant était à présent couverte de traces noires, comme d’immenses tatouages à la signification obscure. Son corps entier en était recouvert, seul son visage avait été épargné.

Toute soie et voilages avaient été abandonnés, cédant la place à du cuir et quelques boucles métalliques bien qu’il s’agisse toujours d’une robe. Une superbe robe bustier rouge sang. Les lèvres de l’Ethérée répondaient à cette même couleur, séduisantes à souhait.

Quant à la petite harpe suspendue à son poignet, elle n’existait à présent plus. Un magnifique violon noir avait pris sa place. L’Ethérée le frôla du bout des doigts avant de le poser sur son épaule. L’archet répondit alors à sa seule caresse et vint frotter les cordes. Un chant superbe de noirceur et de mort en émana, répandant ses notes corrosives dans la lande.

Le regard de Shäara se fit à cet instant plus brûlant encore. Elle regarda à la dérobé le vieillard qui devait quitter ce monde sous peu. Sa tête ne devait être plus que cris et hurlements, une vague brutale destinée à tuer. Seulement des plaintes sans fin devant l’emporter loin d’ici, lui faire perdre pied, définitivement.  

Les doigts de la jeune femme glissèrent, plus rapides encore, sur l’instrument. La musique s’intensifia, plus violente de minute en minute. La tête de la créature devait être sur le point d’exploser face à cet assaut ininterrompu de bruit. Son cerveau devait frôler la défaillance. Et quand bien même cet organe refuserait il de céder, le cœur finirait peut être par lâcher.

Un simple coup d’œil ne suffit pas à la jeune femme pour déterminer si la fin était proche. Mais qu’importait, elle s’amusait tellement ! Sa musique, si belle et vibrante en extérieur emplissait l’espace. Pour rien au monde elle n’aurait cessé de jouer, emportée par la troublante mélodie des ténèbres.

L’espace tout entier répondit à cet appel et bientôt le ciel même ne fut plus visible. Shäara disparut littéralement à la vue de quiconque, portée par un manteau de brume. Seul le son de son violon permettait de la situer ainsi que son rire. Car oui, elle riait. Ses lèvres n’étaient plus que sourire face au supplice qu’elle imposait. Elle riait pleinement de son méfait, trop heureuse de détruire ce rejeton des enfers !

Le monde entier répondait à son chant, elle en était certaine ! Ce soir, seule la Lumière serait reine ! Et c’est elle qui la mènerait sur son trône !

Le sort du vieillard l’importait peu à cet instant, elle l’avait même quasiment oublié. Seule la musique importait, encore et toujours. Tourbillonnant dans le brouillard, elle succombait au plaisir de la douleur et du son. Encore et encore…
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Nékèpech
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MessageSujet: Re: Noirceur des Lumières [Terminé]   Sam 28 Juin - 20:20

« Mais tu me suffis amplement vieillard… Ou quoi que tu sois. Ton apparence n'est pas assez solide pour cacher ton âme. Une âme de ténèbres et de sang. Une âme qui ne mérite finalement qu’une chose… disparaître ! »

Le dieu déguisé arqua un sourcil, laissant s'échapper une minuscule gerbe de flammes de son orbite incandescent. L'Ethérée, furibonde lorsqu'elle scruta les tréfonds du vieil homme, commençait à amuser Nékèpech. Il ressentit le regard percer la chair factice et noire, aller chercher ce qu'elle pourrait identifier à une âme. Mais le dieu n'avait pas d'âme. Juste une essence. Et cette essence était faite de souffrance et de désespoir, de torture et de désolation. Le paroxysme des maux de ce monde, concentré en une enveloppe charnelle réductrice et honteusement provocatrice.

« Ta naissance est une hérésie… Tu n’es qu’une créature putride dont le simple souffle trouble la Lumière… Je t’en prie, laisse-moi rétablir l’ordre des choses… »

Le vieillard rabougri aux yeux de feu regarda alors la transformation ténébreuse de l'être de lumière, un sourire se dessinant sur ses lèvres pincées et sèches comme les steppes. Le moment devenait réellement intéressant. Qu'allait donc faire cette furie aux yeux rouges? Il scruta la lente mutation de l’Ethérée, sa chute libre dans les abysses de sa véritable nature, sombre et destructrice. Son appel à la Lumière ressemblait plutôt à un cri de désespoir selon le dieu, car en cet instant précis, elle se trouvait sans lumière. Abandonnée de tout, sombrant dans une furie meurtrière, seule dans le noir.

Le résultat de cette transformation profonde raviva la curiosité de Nékèpech. Alors voilà à quoi pouvait ressembler un Ethéré sous sa forme corrompue? Oui, voilà ce qui attendait ces immortels s'ils cédaient à leur nature profonde. Une abomination digne du Tolväar. Mais alors que le Prince des Larmes était perdu dans sa contemplation, une vive douleur lui traversa la tête. Une musique. Une musique causant souffrance et et dégâts à ceux qui l'écoutaient. Les rires de l'Ethérée accompagnaient la douce mélodie dans un concerto improvisé et démoniaque. La folie semblait finalement s'emparer complètement de l'immortelle alors qu'elle jouait de son instrument de torture. Elle aurait pu tuer n'importe quel mortel aux alentours, et même faire souffrir n'importe quel être immortel ou divin entendant cette macabre mélodie.

Mais il n'était pas un simple dieu. Il était Nékèpech, dieu de la Souffrance.

Prenant force et pouvoir dans les douloureuses notes de musique de l'Ethérée, l'être millénaire gonfla, abandonnant son enveloppe ludique de vieillard pour sa véritable apparence, sombre et mince, abominable et terrorisante. Elevant une main noire vers le ciel devenu sombre, il fit converger sa volonté et son pouvoir directement dans l'oeil du cyclone; l'Ethérée et son tourbillon de fumée. La puissance du dieu supérieur, surchargée par les incroyables souffrances intentées par la corrompue, stoppa nette l'Ethérée et ses lugubres notes, retournant sa propre arme contre elle. A présent, c'était l'immortelle furibonde qui allait souffrir le martyr, affligée par des maux amplifiés par les néfastes flux de magie invoqués par Nékèpech. Et le Prince des Larmes allait adorer ça.

A présent immense et effrayant à souhait, l'être divin fit léviter son adversaire affligée par la douleur afin de la regarder de plus près. Tout en continuant de l'étudier et de lui infliger des souffrances horribles, le dieu s'éclaircit la voix et prononça solennellement, mais non sans un certain amusement:

"Celui qui se tient devant toi en ce moment même se nomme Nékèpech le Cruel, dieu de la Souffrance et du Désespoir, Prince des Larmes, Geôlier des âmes perdues. Conçois-tu l'ironie et la bêtise d'utiliser la Souffrance contre moi? Ce serait comme demander à un chien bien dressé d'attaquer son propre maître... Une perte de temps pure et simple."


Le dieu relâcha son emprise sur l'immortelle, la laissant tomber comme une poupée de chiffon au sol. Exerçant une torture moins grande sur l'esprit de la farouche Ethérée, il continua de lui parler d'une voix plus mielleuse:

"En basculant ainsi dans les ténèbres, et même avant cela, j'ai entrevu ce qui te chagrinait. Ce qui te désespérait. Tu souhaites connaître l'identité de ton corrupteur. Le nom de celui qui t'a affligé de tant de vilenie... Mais si je te disais qu'en lisant en toi, j'ai su qui était cette entité? Si je te disais que la seule personne à le savoir en dehors de lui, c'était moi... Que dirais-tu, petite Ethérée?"


A présent l'immense gueule de Nékèpech était tirée sur les côtés en une parodie de sourire, mais qui ressemblait plus à une gueule carnassière devant sa prochaine proie qu'à un sourire. Derrière ce rictus mauvais se cachait bien des plans et des attrapes, bien des manigances sombres et troubles. Le dieu cruel avait beaucoup de cartes dans sa besace. L'Ethérée s'en rendrait compte au moindre faux pas...
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Shäara
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MessageSujet: Re: Noirceur des Lumières [Terminé]   Lun 30 Juin - 8:50

La musique raisonnait depuis, semblait-il, une éternité. Son arrêt fut d’autant plus brutal. Un silence froid enveloppa la lande, hurlant dans son absence de mot. Le manteau de brume ne fut également plus qu’un souvenir et se volatilisa. Or le spectacle qu’offrit sa dissolution fut des plus troublants. Une jeune femme, droite, les yeux fermés et les mains crispées sur son violon. Rien de plus, plus une expression sur son visage, pas même un soupir de douleur. Oui, de douleur car l’Ethérée était à présent happée dans un monde de souffrance.

Cependant, n’aurait été ses lèvres serrées et la disparition des dernières traces de couleur sur son visage, rien ne soulignait cet état. Mais quelle violence dans tout son être. Ce fut comme si chaque cellule menaçait d’exploser. La douleur était partout, mentale, physique, plus aucune dissociation n’était possible. L’Ethérée tout entière n’était plus qu’une plaie béante ouverte sur le néant. Tout son être clamait haut sa douleur sans qu’aucun son ne traverse ses lèvres. Tour à tour feu et glace, la violence de l’épreuve poussait le cœur de la jeune femme à souhaiter un dernier soupir. Ce n’était plus du sang dans ses veines, seulement de l’acide à l’état pur. Elle crut que ses chairs se déchiraient au même titre que son crâne, éventré par les flux continus de douleur. Mourir aurait mille fois mieux valu, mais la mort refusait cette offrande. Loin de ces lieux, elle se moquait impunément du sort de la jeune femme.

Désorientée, lapidée de l’intérieur, elle ne sentit même pas que ses pieds quittaient le sol. Et dans son tourment, Shäara ne perçut que vaguement les mots du vieillard. Dieu… Désespoir… Mais rien ne s’inscrivit réellement dans sa mémoire, les mots, le monde même, plus rien n’existait pour elle à cet instant. Même le contact de son violon ne parvenait à apaiser son état. Ses mains étaient tellement crispées sur l’instrument que ses cordes commençaient à cisailler sa peau. Du sang coula alors de son poing fermé et vint nourrir le sol. L’Ethérée ne mit que quelques secondes à le rejoindre. Le Dieu avait desserré son étreinte et l’avait jetée au sol comme un vulgaire jouet cassé. La douleur reflua légèrement et le cerveau de Shäara répondit à cet appel, lui permettant de rejoindre la réalité qui l’entourait. Une voix alors atteignit ses oreilles. Bien qu’encore tremblante de douleur et désorientée, elle comprit ce qui lui était dit. Ainsi donc, celui qui la tourmentait ainsi connaissait son créateur. L’infâme monstre qui l’avait corrompue, rien de moins.

Dans un effort surhumain, Shäara se redressa légèrement. Les yeux toujours fermés, elle se tourna vers son bourreau et murmura :

« Emmène-moi à lui…  Ou bien donne-moi son nom et laisse-moi… Je ne suis rien pour toi… Rien… Et puis, nous sommes qui… »

Un flot de sang jaillit à cet instant de sa bouche, coupant court son discours. Bien que seul le cerveau n’ait été touché, le corps entier avait répondu à sa souffrance. D’un geste las, elle essuya le sang qui coulait de ses lèvres et ouvrit enfin les yeux. De nombreux vaisseaux avaient éclaté, offrant à son regard un éclat bien plus rouge encore. Mais pas une larme, pas une seule larme ne se déversa de ses grands rubis. Jamais elle ne gémirait, pas plus qu’elle ne pleurerait, encore moins devant cette chose…

Puisant dans des ressources inespérées, Shäara tenta de se relever. Le premier essai se solda par un échec, ses jambes refusant éperdument de la portée. La seconde tentative, bien que difficile, porta ses fruits. La douleur était toujours présente mais face à ce qu’elle avait enduré quelques minutes auparavant, elle demeurait supportable. Redressant alors la tête, elle se força à regarder le Dieu droit dans les yeux. Bien que partiellement cachés par un masque, la jeune femme réussit à les apercevoir et n’y vit que de la gaité. Il s’amusait, rien de moins. Que pouvait-elle faire face à ça, sa puissance ne pourrait jamais rivaliser avec celle d’un divin. Quant à sa nature d’immortelle, elle ne ferait que durer bien davantage les supplices. Mis à part peut-être une aide extérieure, rien ne pourrait la sauver. Cependant, elle ne céda pas à la peur, elle n’en avait plus le droit à présent.

« Que voudrais-tu en échange de cette information ? »


Ces mots étaient sortis de sa bouche comme si un étranger les avait murmurés à sa place. Elle ne les comprit qu’après les avoir prononcés. Et le regretta amèrement, car qu’est-ce que ce fou exigerait d’elle. Et puis, rien à cette heure n’indiquait qu’il accepterait. Mais qu’importait après tout, il n’y avait guère d’autre issue que de maintenir le dialogue. Intéresser le Dieu à tout prix, quitte à jouer à son horrible jeu…

Cependant l’Ethérée ne put retenir le maigre espoir qui était apparu dans sa tête. Peut-être que son créateur ne permettrait pas qu’une certaine limite soit franchie. Bien mince espoir, n’est-ce pas ?
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Nékèpech
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MessageSujet: Re: Noirceur des Lumières [Terminé]   Lun 30 Juin - 17:11

Le dieu retors se délectait des douleurs éprouvées par l'Ethérée. Brisée comme un roseau ployant sous la tempête, comme un fémur après une mauvaise chute. Oh, il n'avait fait que lui faire ressentir la douleur, et c'était son pouvoir à elle seule qui l'avait blessée. Nékèpech n'avait usé que de ses dons divins afin de retourner ses pouvoirs contre elle. L'Ethérée s'était en quelque sorte auto-mutilée, ce qui agrandit encore un peu plus son sourire démoniaque. Jouer avec des êtres inférieurs lui faisait toujours autant plaisir apparemment... Et peut être avait-il trouvé un nouveau moyen de tromper son ennui. La vie dans le Tolväar pouvait se montrer cruelle pour un mortel, mais ennuyeuse pour un immortelle également.

« Que voudrais-tu en échange de cette information ? »


Ha, nous y voilà. La phrase qu'il s'attendait à recevoir. Il y avait toujours échange de bons procédés, et beaucoup de dieux étaient connus pour faire des marchés entre eux et avec des êtres de condition inférieure... Mais Nékèpech aimait ses marchés houleux, ses cadeaux empoisonnés. Cela dit, à certains moments dans sa longue existence, il voyait un tout autre type de marché se proposer. Ses caprices divins le guidaient sur les voies de la clémence, aussi fausse soit-elle. Qu'en serait-il de cette fois?

Il n'avait pas réellement réfléchi à ce qu'il pourrait exiger de l'immortelle. Des idées fourmillaient dans sa tête, telles des araignées sur leurs minces toiles de soie. Derrière ce masque d'adamantium se cachaient les idées les plus sombres, les murmures les plus obscurs, chuchotés comme des secrets terribles et interdits. Il y avait tant de choses qu'il pouvait demander, exiger et recevoir. Mais il venait d'entrevoir la meilleure proposition au monde...

"Ce que j'exige? Rien de plus qu'une promesse..."


La forme sombre du Prince des Larmes se rapprocha du corps chancelant de l'Ethérée, tournoyant autour telle un boa cherchant à étouffer sa proie. Mais il ne la toucha guère, respectant un minimum s'espace vital, ne faisant que tournoyer paresseusement autour de l'immortelle corrompue.

"La promesse qu'une fois que tu connaîtras l'identité de ton corrupteur, tu devras me rendre un service. Un service dont je déciderai les paramètres le moment venu. Tu devras me promettre, gager sur ta vie, que tu tiendras parole et exécutera mon ordre, quel qu'il soit. Mes exigences sont-elles à ta convenance, petite Ethérée?"


Reprenant sa place initiale en face de la déchue, il fit claquer soudain l'un de ses doigts, comme surpris, et clama:

"Ha! Comme je peux être distrait. J'ai oublié de te demander ton nom. Comment l'être divin que je suis doit appeler la créature corrompue que tu es?"


Le ton était sarcastique, et l'on pouvait sentir une généreuse dose d'amusement dans la voix du dieu. En effet, que pouvait donc faire l'Ethérée face à la puissance destructrice de Nékèpech, sinon l'essuyer au moindre faux pas? Le Prince des Larmes était très sûr de lui...
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Shäara
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MessageSujet: Re: Noirceur des Lumières [Terminé]   Dim 6 Juil - 16:39

"Ce que j'exige? Rien de plus qu'une promesse..."

Une promesse, rien de moins. Ce Dieu de noirceur lui demandait une promesse construite sur du vent. Shäara ne connaitrait pas les conditions exactes de cet échange, pas plus que le service qu’elle devrait rendre. Mais comment diable pouvait-elle refuser alors que sa vie était en jeu…

Et pourtant, les mots de soumissions, si salutaires, ne parvenaient pas à franchir ses lèvres. Quelque chose en elle refusait cet asservissement. Elle ne serait pas esclave de cet être, jamais.

Depuis que le Dieu l’avait marquée de ses pouvoirs, les tatouages sur la peau de Shäara s’étaient estompés. C’était comme si cette douleur avait ramené sa part de lumière à la surface. Mais maintenant que cette abomination tentait de l’enchainer par une promesse, le murmure se manifesta de nouveau dans son esprit.

« Entièrement tienne et maitresse des nuits, uniquement reine. »

Ces quelques mots jouèrent encore sur le corps de l’éthérée dont les arabesques noires devinrent plus intenses, brillantes de ténèbres.

« Les démons de cette terre ne seront jamais tes maitres… Rien, ni personne, ne pourra t’imposer sa marque. Ils essaieront de te briser, chairs, os, mais rien n’atteindra ton esprit. Ensemble, nous sommes gardiennes de ce lieu de mémoire. A jamais… »

La transformation se poursuivait, comme répondant à cet appel. La part sombre de Shäara revenait, plus forte encore, sublime de chaos et de ténèbres.  Deux cornes ébènes se dessinèrent sur les tempes de l’éthérée, ne gâchant en rien sa terrible beauté.

« Ne crains rien, accepte moi pleinement. Ta Lumière ne sera pas brisée, loin de là. Nous œuvrons pour le même but… Seules nos manières diffèrent quelque peu… »

Un râle franchit alors les lèvres de Shäara, signe de son entière acceptation. Ce fut alors comme s’il ne restait plus trace des sévices endurés. La jeune femme leva la tête, fière et toisa l’être infâme qui tournait autour d’elle. Pas un éclat de crainte dans ses yeux, plus trace d’angoisse. Seulement de la détermination. D’un geste las, l’éthérée ajusta sa robe et écarta les cheveux qui masquaient son visage. Ses lèvres carmin daignèrent alors s’ouvrir à cet instant.

« Crois-tu pouvoir m’enchainer à toi par une promesse ? Qu’importe tes supplices, tes fantaisies et tes douleurs. Jamais tu ne m’auras, jamais. »

N’attendant pas que le Dieu réponde ou tente encore de faire plier son esprit, la jeune femme lui tourna le dos et s’éloigna d’un pas tranquille. Elle sentait encore le poids de son pouvoir sur son corps, mais rien ne pourrait plus la faire fléchir. Elle n’était ni poupée, ni objet, seulement et uniquement Ethérée.

« Oh oui, c’est vrai, ta requête… Et bien saches que je t’autorise à m’appeler Yaphel, celle qui brille dans les ténèbres... Et concernant mon maitre, il serait terriblement grossier de le faire attendre, je vais donc te quitter sur le champ. Et qu’importe son nom, lui reconnaitra son œuvre... Peut-être à une prochaine fois mon Cher ! Et ce jour-là, nous aurons sûrement beaucoup de choses à nous dire... »
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Nékèpech
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MessageSujet: Re: Noirceur des Lumières [Terminé]   Mer 9 Juil - 16:37

« Oh oui, c’est vrai, ta requête… Et bien saches que je t’autorise à m’appeler Yaphel, celle qui brille dans les ténèbres... Et concernant mon maître, il serait terriblement grossier de le faire attendre, je vais donc te quitter sur le champ. Et qu’importe son nom, lui reconnaîtra son œuvre... Peut-être à une prochaine fois mon Cher ! Et ce jour-là, nous aurons sûrement beaucoup de choses à nous dire... »


Avait-il bien entendu ces mots qu'elle venait de prononcer? Avait-il réellement vu la silhouette de l'Ethérée lui tourner le dos et s'éloigner de lui?! Comment l'impudente osait-elle?! Les flux du dieu sombre se mirent à s'accentuer, bouillonnant à l'intérieur de lui pour exprimer sa colère et son choc. Un être inférieur lui tournait le dos à lui, Prince des Larmes, divinité du Tolväar?! Impossible. Il croyait rêver. Jamais une créature de condition inférieure ne lui avait parlé de la sorte. Tout ce qu'il aurait souhaité, là maintenant, ç'aurait été une immense remise à sa place de la dénommée Yaphel, à coup de douleurs mentales et de lacérations physiques. Des douleurs inimaginables pour avoir osé répondre de façon méprisante au dieu du Désespoir!


Mais il se ravisa, laissant son flux se calmer. La colère bouillante n'était pas ce qui convenait le mieux à la situation, encore moins à sa condition de divinité puissante. Une colère froide, presque contenue, rendait son statut divin plus sérieux. Après tout, il avait bien entendu parler de ce vieil adage: "Le véritable pouvoir, c'est toujours faire le minimum de ce que l'on pourrait accomplir". En somme, il ne laisserait pas toute sa puissance se déchaîner.
Alors qu'elle faisait mine de partir, la forme noire de Nékèpech sembla disparaître d'un claquement de doigts, réapparaissant juste devant la forme de l'Ethérée déchue qui s'éloignait. Arrivé devant Yaphel, il ne fit que saisir celle-ci par la gorge, la maintenant paralysée par sa seule volonté et magie.


Ses membres étaient bloqués, comme enfouis sous des dizaines de poutres lourdes et impossibles à soulever. Un profond engourdissement parcourut le corps sombre de la corrompue, la laissant à la merci du Cruel, qui ne souriait à présent plus du tout. Cette petite immortelle l'avait amusée, mais on ne manquait pas de respect à un être supérieur de sa trempe. Alors, avec une voix froide et sèche, il déclama à Yaphel:


"Non, pas de prochaine fois. Je ne t'ai pas encore autorisée à partir, celle qu'on nomme Yaphel. Ton cruel manque de respect ne me plaît pas beaucoup, et ton arrogance, qui en d'autres circonstances m'aurait amusé, n'est pas non plus à mon goût. A présent, tu vas m'écouter, corrompue. Tu ne trouveras point ton maître sans moi, je te le garantis. En revanche, je ne puis te donner son identité sans compensation. Ce serait du gâchis, et je n'aime pas cela. Aussi, dans ton intérêt, tu vas accepter les termes du marché, ou tu ne connaîtras jamais la vérité."


Nékèpech s'autorisa alors un sourire machiavélique à se dessiner sur ses babines démoniaques, déformant sa bouche en un rictus empli de cruauté et de sadisme. Il murmura alors:

"Et si tu ne connais pas ton maître, qui m'empêchera de te faire visiter mon magnifique Palais de l'Agonie? Ses geôles sont magnifiques, et ses salles extrêmement bien... équipées."


Le rictus du dieu s'intensifia alors qu'il imaginait toutes les tortures qu'il pourrait infliger sur un corps immortel... Un réceptacle à souffrance, rien de plus. Une coquille faite pour ne pas mourir des mauvais traitements, mais à y résister. Quel bonheur cela engendrerait. Quelle euphorie! Une Ethérée survivrait-elle au terrible Taureau d'Airain? Ou bien au supplice du Pal?

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Shäara
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MessageSujet: Re: Noirceur des Lumières [Terminé]   Jeu 24 Juil - 11:30

Partir en quête du « créateur » tout en laissant là ce Dieu de folie avait été une option envisageable pour Yaphel. La seule à dire vrai possible, car jamais elle ne cèderait à ce divin corrompu. Mais Nékèpech ne l’entendait visiblement pas ainsi. Aussi souple qu’un serpent, il se glissa jusqu’à l’Ethérée et l’immobilisa. La seule pression de ses doigts sur la gorge de la jeune femme suffit à stopper net son avancée. En effet, une sombre magie accompagnait ce geste, retenant chaque membre sous une armure de plomb. Plus un mouvement n’était possible, se furent donc les yeux de Yaphel qui exprimèrent ce qu’elle ressentait. Une haine, pure et inépuisable.

"Non, pas de prochaine fois. Je ne t'ai pas encore autorisée à partir, celle qu'on nomme Yaphel. Ton cruel manque de respect ne me plaît pas beaucoup, et ton arrogance, qui en d'autres circonstances m'aurait amusé, n'est pas non plus à mon goût. A présent, tu vas m'écouter, corrompue. Tu ne trouveras point ton maître sans moi, je te le garantis. En revanche, je ne puis te donner son identité sans compensation. Ce serait du gâchis, et je n'aime pas cela. Aussi, dans ton intérêt, tu vas accepter les termes du marché, ou tu ne connaîtras jamais la vérité."


Jamais elle ne cèderait. Et ce n’était pas la petite voix de Shäara dans son esprit qui la ferait plier. Ce Dieu n’était rien et il paierait son affront. Elle était une immortelle, bien décidée à œuvrer pour la Lumière. Ce rejeton des enfers n’avait pas sa place dans ces mondes, il devait disparaitre !

« Non je t’en prie, abandonne ! Ce combat est perdu d’avance ! Nous ne sommes pas prêtes ! »


Qu’importaient ces supplications ! Sa puissance pouvait être sans limite ! Et ce Dieu qui à présent la menaçait ouvertement ne faisait qu’exciter sa violence ! Visiter son château, mais oui quelle idée ! Pour mieux le détruire, regarder ses pierres tomber et son cœur éventré ! Sa demeure serait le siège de sa victoire sur cet être putride !

« Pardonne-moi Yaphel… Je fais ça uniquement pour nous… »


Pas un mot ne franchit les lèvres de la jeune femme qui pourtant mourait d’envie de cracher son venin à la face du divin. Juste un vague soupir, un léger murmure tandis que son visage se craquelait, comme celui d’une statue ancienne se préparant à son dernier souffle.

« Nous apporterons la Lumière sur ses terres et dans notre esprit, sois en sûr… »

Ces quelques paroles, tout juste audibles, accompagnèrent la chute de Yaphel. Malgré la magie de Nékèpech, Shäara réussit à esquisser un geste. Sa volonté était telle qu’elle parvint à outrepasser le contrôle de Yaphel pour finalement animer sa main gauche. Doucement, celle-ci se transforma et de longues griffes noires apparurent. Cette arme acérée tenta un premier mouvement, dérisoire devant la puissance du Dieu.

« Que fais-tu, arrêtes ! Nous pouvons vaincre ! Non, nous vaincrons ! »

Yaphel avait hurlé ces mots, comprenant ce que cherchait à faire Shäara. Jamais, jamais elle ne cèderait ! Elle serait reine de ce monde, reine de ces misérables vers des Ténèbres !

Encore une tentative, puis une autre. Doucement la main se leva vers le cou de sa maitresse. Il eut suffi de quelques centimètres pour que… Ce fut à cet instant que la pression se fit moins forte et que les lames se ruèrent dans la chair. Les ongles la transpercèrent sans mal, la mordant, la déchirant, l’ouvrant sur un flot de sang et de haine. Un véritable cri franchit alors les lèvres de Yaphel, tant d’agonie que de colère. Cette misérable créature, faible, tentait de la déstabiliser pour pouvoir reprendre le contrôle de son corps ! Elle ne valait donc pas mieux que ces vermines corrompues ! Mais la douleur, cette douleur atroce qui accompagnait la fuite de ce liquide vital finirent par avoir raison des défenses de Yaphel. Une faille, une petite faille se créa dans son esprit, permettant ainsi à Shäara de prendre la parole.

« Nous acceptons ! »

Des mots brefs, douloureux de raison et d’abandon, qui ne pouvaient qu’apporter le salut des Ethérées… 

La défaite était cuisante et le tableau des plus atroces. Shäara avait toujours ses ongles enfouis dans sa gorge, ravivant ainsi la douleur jusqu’à ce que son corps sature. Perdre connaissance était une chose enviable à cet instant, tout plutôt que Yaphel ne revienne à la surface. Cette torture était dérisoire si elle permettait leur survie. Il faudrait l’endurer, jusqu’à ce que Nékèpech donne les termes de son contrat et les relâche. Il fallait tenir, encore quelques instants. Pourtant la vision de Shäara, non celle de Yaphel, se troublait. Les cornes sur le front de l’Ethérée ne savaient plus si disparaitre ou s’amplifier. Quant à sa peau, sa pâleur se fit plus troublante encore. Juste quelques minutes, entendre sa mission et sombrer. Murer Yaphel et flancher. Encore quelques instants…
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Nékèpech
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MessageSujet: Re: Noirceur des Lumières [Terminé]   Ven 1 Aoû - 11:56

Le rictus triomphant de Nékèpech remplit son visage d'un air lugubre et malveillant. Enfin, l'Ethérée avait cédé! Il n'avait pu que constater la bataille interne l'opposant à sa nouvelle personnalité corrompue. Il avait pris plaisir à regarder la belle créature se lacérer elle-même afin de reprendre le contrôle de son corps. Brillant. Mais à présent, la dénommée Yaphel pendouillait dans un piteux état, perdant son sang noir à gros bouillons. Le Prince des Larmes aurait pu arrêter le sang de couler s'il l'avait voulu mais... N'était-il pas la divinité de la Souffrance?
Alors, prenant la jolie petite créature dans ses bras, tel un enfant qu'on bercerait, il passa l'un de ses doigts filiformes sur le visage de l'Ethérée et lui susurra de sa voix maladive:

"Avant que tu ne tombes dans les limbes de l'inconscience, je vais te révéler qui est ton créateur, comme promis. Mais tu devras tenir ta promesse également, ou bien le sort que tu subiras sera pire que les pires tourments que n'importe quel être vivant ait pu déjà endurer. Des tourments qui te mèneraient droit sur la voie de la folie... Alors écoute-moi bien, celle qu'on nomme Yaphel; le service que je te demande ne te sera divulgué que le jour où j'en aurai besoin, pas avant. Mais quoi qu'il soit, tu devras t'engager à le suivre. J'imposerai ma Marque de Douleur afin que tu ne puisses en aucun cas penser à te défaire de ton engagement de façon peu honorable."


En passant son doigt filiforme sur le visage doux mais sanguinolent de la corrompue, Nékèpech avait laissé une trace, une sorte de rune noire et suintant d'un liquide tout aussi sombre. Mais cette marque sembla s'estomper, comme pour rentrer à l'intérieur de la peau de l'Ethérée et disparaître à la vue de tous. Mais la créature d'Ydrasil pouvait sentir qu'elle était toujours .

"A présent, à mon tour d'honorer ma part du contrat. Ton corrupteur, celui que tu cherches avec tant d'ardeur... n'est autre que mon propre maître. Je suis sûr que tu connais son nom..."


Puis, voyant les forces de l'Ethérée décliner, le Cruel murmura à l'oreille de celle-ci le dernier mot:

"Saphomoth..."


Et, de par la volonté divine de Nékèpech, le corps de l'Ethérée sembla s'estomper, comme s'évadant des bras du Prince des Larmes. Celui-ci sourit. Elle se réveillerait sans blessure aux portes du Tolväar et du Silraen, avec en tête sa dernière rencontre. Le dieu de la Souffrance et du Désespoir avait éprouvé une pointe d'amertume à mettre fin à ses souffrances. Mais il ne fallait pas qu'elle soit trop faible.

Après tout, n'avaient-ils pas un marché encore actif?

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