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 Le précipice sous nos pieds, le vois-tu ? [Ellena]

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Kaïla Irkièl
Prêtresse des dieux de Silraen
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MessageSujet: Le précipice sous nos pieds, le vois-tu ? [Ellena]   Dim 17 Aoû - 23:58

Son museau effleurait la neige fraîche. Son souffle chaud la faisait fondre par endroit, et s'envoler à d'autres moments. La louve avançait doucement, relevant de temps en temps sa lourde tête soyeuse, humant l'air glacé, scrutant l'épais ciel rendu blanc par le temps, écoutant les murmures du vent, les crissements de la neige et les craquements de la glace. Elle marchait sur le sol des terres arctiques. Ce territoire austère et hostile, qui n'avait rien d'accueillant en apparence, recelait en réalité de milliers de trésors. Qui aurait pu nier que les aurores boréales, chatoyantes lumières, étaient d'une splendeur à couper le souffle ? Que l'éclat de la glace n'avait rien d'hypnotisant ? Que la fraîcheur de la neige avait le pouvoir d'adoucir les maux ou, au contraire, de les exciter ? Que la faune et la flore, discrètes, pouvaient amplement équivaloir avec celles de territoires plus luxuriants ? Tout en ce lieu éveillait les sens de l'animal. Les odeurs et les sons étaient ténus, aussi devait-elle tendre l'oreille et respirer largement afin de les capter de manière correcte. Sous ses pattes, elle sentait des centaines de particules différentes, et à ses yeux s'offrait un spectacle captivant. Diverses sensations parcouraient son être. Certes, il ne s'agissait pas d'une terre de cocagne. Mais c'était un havre de paix, dont les murs impénétrables repoussaient les plus vaillants.

Pour sa part, elle s'était laissé guider, à tout hasard, par ses pas. La nuit dernière, elle avait été tourmentée par un rêve sibyllin. Elle y voyait la Mort, enveloppée dans un grand manteau blanc, avançant lentement vers un gouffre. La neige tombait drue et l'empêchait de discerner les traits de son visage.
Au réveil, son corps avait été étreint d'un sentiment d'urgence, et elle était partie presque sur le champ, n'emportant avec elle que de maigres affaires ; une besace où se perdaient plusieurs objets, et un manteau ; et n'ayant qu'une seule idée oppressante en tête : rejoindre le précipice de son songe.

Prenant appui sur ses pattes arrières, la louve bondit au-dessus d'une crevasse et se réceptionna habilement, mais de justesse. Elle continua son chemin en trottinant, prenant cependant garde aux endroits où elle posait ses pattes. D'épais nuages gris demeuraient prisonniers des monts et, rapidement, les flocons, messagers des cieux, descendirent. Comme dans sa vision.

Sentant qu'elle était sur la bonne piste, la bête allongea ses foulées. Tant et si bien qu'elle faillit ne pas s'arrêter au bord du trou. Elle freina prestement, évitant une chute mortelle. Reculant de quelques pas, puis se redressant, elle se dévêtit de sa fourrure blanche et se retrouva enveloppée dans un manteau de peaux. Son épiderme pâle revint envahir son visage et ses mains. Kaïla se tenait debout, et de hautes bottes fourrées disparaissaient sous son manteau. A ses pieds, le gouffre. Elle en était certaine. Il était apparu comme par magie, comme dans son rêve... Se penchant légèrement, elle plongea son regard dans la bouche béante qui menaçait de l'engloutir.

La profondeur. Un puits sans fin. Le néant. Qu'est-ce que cela voulait dire ? Quel était le message ? Les idées avaient beau affluer, et elle avait beau les tourner dans tous les sens, elle ne trouvait aucune logique à inculquer à son pressentiment. Pourtant, elle était certaine qu'il y en avait une. Il y en avait toujours. A chaque problème sa solution...

Elle s'assit au bord de la falaise, les pieds dans le vide, jetant ses pensées au vent. Soudain, son ouïe fine perçue un crissement derrière elle. S'appuyant sur ses mains, elle recula en bondissant sur ses pieds, et fit volte-face.

La Mort était là. Elle avançait lentement vers le gouffre, vêtue d'un grand manteau blanc, la neige masquant son visage. Son cœur se mit à battre à tout rompre, amenant son sang à pulser dans ses tempes et dans sa gorge. Elle eut un vertige, une absence d'une fraction de seconde, avant de se ressaisir. Elle releva le menton et regarda fixement l'ombre marcher vers elle. Elle avait juste à serrer les dents et prendre son courage à deux mains, s'accrocher à sa curiosité sans bornes. Elle ne mourrait pas aujourd'hui.

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Dernière édition par Kaïla Irkièl le Dim 24 Mai - 12:13, édité 1 fois
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Ellena Blakight
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MessageSujet: Re: Le précipice sous nos pieds, le vois-tu ? [Ellena]   Sam 6 Déc - 14:56

L’éclat vermeil du sang emportant dans un tourbillon rouge la pureté alors immaculée de la neige. Un tableau dont je ne saurai me lasser.

Une heure de route dans les paysages froids de Silraen pour finalement détruire en quelques minutes ce que j’étais venue chercher. Un capture promise, que dis-je, due, qui n’était finalement pas à la hauteur de mes attentes. Or il est dangereux de faire déplacer une future déesse sans raison. N’est-ce pas … ? Oui je n’ai pas retenu ton nom, mais est-ce un véritable motif pour me regarder avec ces yeux de chien battu ? Ou peut-être est-ce ce pieu en travers de la gorge qui t’indispose ? Tu gouteras bientôt à la douceur de la mort alors souris que diable ! J’aurai pu être bien moins généreuse pour les maigres informations que tu m’as données…

N’attendant pas davantage un dernier soupir qui m’importait peu, je quittai sur le champ ce chasseur de pacotille qui avait laissé filer ma proie. Une créature de choix qui visiblement n’était pas pressée de croiser ma route. Pourtant cet instant finirait par arriver et je serai alors pour elle aussi tendre qu’un charbon ardent contre une peau nue. Je m’en réjouissais d’avance ! Mais pour l’heure, il me fallait trouver les maigres traces laissées par cet objet de convoitise. Une simple piste odorante que mes fidèles serviteurs suivaient avec une certaine fougue. Chose qui ne me surprit guère car les loups appelaient les loups. Après tout, quoi de mieux que trois canidés mâles plein de fougue pour retrouver cette charmante hybride ? Mais quelle cruelle déception les attendait puisqu’il s’agissait également d’une humaine ! Peut-être leurs accorderai-je tout de même un peu de bon temps, je n’ai finalement pas besoin de la totalité du corps de cette femme…

La neige tombait maintenant de plus en plus fort, menaçant d’engloutir dans sa tempête votre douce Comtesse. Malgré l’immense manteau de fourrure sur mes épaules, je sentis le froid s’insinuer sous mes vêtements. Que voulez-vous, il faut croire que quelques fils d’or et grenats ne sont pas suffisants face à ce froid mordant. Mais jamais je n’aurai songé à me départir de ce faste qui me va si bien. Les pierres précieuses surtout, un véritable écrin pour mettre ma beauté en avant. Ce n’est pas là un manque de discernement, pas plus que je ne suis imbue de ma personne. Je sais seulement ce que je vaux et croyez-moi, je ferai une divine de choix.

Mais trêve d’extase car il semblerait que mes domestiques aient enfin trouvé celle que je cherchais. Assise au bord d’une falaise, les pieds dans le vide, aussi inoffensive qu’un nouveau-né. D’un geste sec, j’imposai aux loups de rester en arrière, désirant être la première à franchir les quelques pas me séparant encore de ma proie. Une proie qui décida finalement qu’il était temps de faire face à son destin. Fragile, un rien émouvante avec cette folle ombre de courage dans le regard. Un courage bien inutile, cela allait de soi, mais la fin de cette chasse n’en serait que plus intéressante. N’avançant pas d’avantage, j’attendis une accalmie dans cette tempête de neige pour finalement rejeter en arrière la large capuche masquant mon visage.

J’ignore encore si ceci fut un soupir de soulagement ou bien d’émerveillement, mais ma proie sembla avoir une réaction en découvrant mes traits. Mes cheveux blonds tirés en arrière par des colliers de perles permirent à l’hybride de contempler chaque parcelle de mon visage, allant de mes yeux noisettes à la ligne de mes lèvres, un mélange subtil de finesse et d’élégance qui savait en marquer plus d’un. Mon manteau s’écarta alors de quelques centimètres, laissant apparaitre un mariage d’or et de peau nue aussi blanche que la neige. Il aurait finalement été simple d’user de mon don pour envoûter, mais les choses auraient alors été trop simples et les supplices à venir bien trop doux. Je voulais lire la peur dans son regard, l’incompréhension et l’envie de fuir. Un moment particulier tellement beau qu’il aurait été dommage de s’en priver.

« Chère petite hybride, tu as devant toi la Comtesse Ellena Blakight et si j’ai aujourd’hui pris la peine de te retrouver, c’est que je désire connaitre le secret de ton immortalité. Malgré mon apparence, ne crois pas voir en moi un être faible emplit de bonté. Je suis un serpent doré, sublime et mortelle. Peu m’importe ta vie, tes douleurs, tes attentes pour ce monde, tout ce qui m’importe est ton sang, tes cellules, chaque petit morceau de chair qui te constitue. Tu es pour moi semblable à un obstacle, une clef qu’il me faut posséder pour pouvoir continuer d’avancer. Coopère et tu ne souffriras pas… Du moins pas plus que nécessaire. Résiste, et immortelle ou non, tu croiras mourir une centaine de fois. »

La peur prenait place dans ses pupilles, rapide, plus froide que la glace. Ma proie semblait douter de la véracité de mes propos, ou bien songeait-elle à fuir immédiatement les lieux. D’un claquement de doigt, j’invitai mes serviteurs à se montrer. Trois loups noirs, robustes et serviles à souhait s’approchèrent, babines relevées et crocs étincelants. La tension était palpable dans l’air et la perspective d’une rébellion du côté de l’hybride m’enchantait au plus haut point. Je n’avais jamais aimé les proies faciles.

« Alors, que décides-tu ? »
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Kaïla Irkièl
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MessageSujet: Re: Le précipice sous nos pieds, le vois-tu ? [Ellena]   Dim 24 Mai - 13:20

Je ne mourrai pas aujourd'hui. Elle se répétait cette phrase, inlassablement. Pourtant, face au fantôme qui se tenait à quelques mètres d'elle, ces quelques mots semblaient perdre leur sens. Ils ne jouaient plus ce rôle de bouclier qu'elle leur accordait, pour se rassurer, pour se protéger, pour obliger son courage à rester en elle, pour l'empêcher de s'échapper vers d'autres situations plus clémentes. La neige, comme si elle était aussi apeurée par la présence énigmatique, se mit à tomber moins drue et ses flocons, comme pour plaire, semblèrent entamer une valse avec la brise. D'un geste ample, la Mort retira sa capuche. C'était une femme. L'hybride laissa échapper un souffle où l'admiration et le soulagement, teintés encore d'une once de crainte, se mêlait. De longs cheveux blonds, ramenés en arrière grâce à des pierreries telles qu'elle n'en avait jamais vu pour, probablement, plus d'ordre et de prestance, encadraient son visage de porcelaine. Elle avait de grands yeux noisettes, brillants. Brillants de malice et de cruauté. Kaïla n'aurait pas eu besoin de son don d'empathie pour deviner que les intentions de la femme, quelles qu'elles fussent, lui seraient néfastes.

Comme pour l'intimider un peu plus, elle dégagea un pan de son manteau, dévoilant peau opaline, tissu brodé et bijoux étincelants. La créature serra les poings et la mâchoire, relevant légèrement le menton. Les deux femmes se toisèrent un moment, les regards mousse et écorce s'accrochant, s'évaluant. Le silence s'était établi, insidieux et pervers. Gênant. Cependant, l'étrangère ne tarda pas à prendre la parole. Ses mots confortèrent les impressions de la jeune femme. Elle était mauvaise. Maniant la verbe avec une délicatesse malsaine, elle proférait des menaces sous couvert de son haut rang. Les pupilles de la louve s'étrécirent tandis qu'elle plissait les yeux. Ce qu'elle prétendait vouloir et pouvoir faire était impossible. Et quand bien même cela aurait pu être englobé dans le domaine du probable, c'était révoltant. L'idée que l'on pût jouer avec les corps, avec les cellules, avec la quintessence de ce qui les constituait, l’écœurait.

Elle allait répondre quand soudain, une odeur familière parvint à ses narines. Méfiante, elle fronça les sourcils. Des loups... La Comtesse claqua des doigts, et trois bêtes noires, épaisses et menaçantes, s'avancèrent en grondant. Kaïla fit un pas en arrière, saisit par la peur. La neige crissa avant de se détacher de la paroi et d'entamer une chute à l'issue certaine vers le fond du gouffre. « Alors, que décides-tu ? » Elle releva la tête vers la beauté. Elle semblait se complaire au plus haut point dans la situation. Une ébauche de sourire étirait ses lèvres pleines.

« Sans vouloir vous manquer de respect, madame la Comtesse, je crois qu'il y a une raison à ce que les secrets de l'immortalité demeurent... secrets. » La colère perçait nettement dans la voix si douce de la jeune hybride. « Je ne peux pas vous les délivrer et, même si je le pouvais, je ne le ferai pas. Les Dieux ont doté chaque espèce de capacités, de dons, et vouloir savoir pourquoi vous ne pouvez en bénéficier serait une grave erreur. » Son cœur bouillonnait, secoué par l'adrénaline instillée par le danger et par l'agacement causé par les prétentions. « Votre quête ne fera qu'attiser leur ire. » Elle s'arrêta un instant, jaugeant l'inconnue. « Adorez-les pour ce qu'il vous ont offert, plutôt que de les haïr pour ce qu'ils vous ont refusé. Vous êtes une belle femme, vous me semblez riche, vous avez asservi des êtres qui ne sont rien sans la liberté... » glissa-t-elle en jetant un regard dépité aux canidés. « De quoi vous plaignez-vous ? » Elle secoua la tête, ses boucles blanches valsant devant ses yeux d'or, dégoûtée par l'insatisfaction continuelle de certains. « Je me vois donc obligée de refuser votre requête insensée. »

Sa répulsion avait été plus forte que sa peur, envoyant valser le carcan de la crainte. Néanmoins, elle restait sur ses gardes. Lentement, elle glissa une main vers l'intérieur de son manteau, ou reposaient ses poignards. « Je n'ai pas peur de vous. Je sais que je ne mourrai pas aujourd'hui. » affirma-t-elle avec aplomb. Elle avait été envoyée par les Dieux ; c'étaient eux qui lui avaient montré ce lieu et cette femme. Pourquoi souhaiteraient-ils sa disparition ? Non, ils avaient d'autres desseins pour elle, qu'elle devinait étroitement mêlés à ceux d'Ellena Blakight. Pourtant, déjà, le trio reprenait ses grondements menaçants, rampant vers elle en montrant des crocs aiguisés. Conservant sa forme humaine, elle dégaina ses armes et prit appuie sur ses jambes, prête à bondir à tout instant.

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Ellena Blakight
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MessageSujet: Re: Le précipice sous nos pieds, le vois-tu ? [Ellena]   Dim 24 Mai - 17:31

Ainsi donc ma belle proie acceptait le supplice à venir. Et avec quelle fougue ! Mais, serait-ce une lueur d’espoir dans ses yeux ? Rester en vie ? Ce fut à peine si je pus retenir un éclat de rire devant tant de bêtise. Ne pas mourir ce jour… non en effet, mon plaisir s’en trouverait gâché. Il serait tellement dommage de ne pas profiter de cette immortelle de choix.

« Refuser ? Mais ma chère petite, ma question n’était que politesse, rien de plus. Croyais-tu sincèrement pouvoir fuir mon envie ? Certes, la perspective de te donner la chasse pendant encore quelques lunes est tout à fait plaisante mais je n’ai pas de temps à perdre. »

Posture défensive, poignards levés, cette jeune inconsciente choisissait donc de faire face. Un simple claquement de doigt aurait suffi à calmer ses ardeurs. Mes trois esclaves se seraient rués sur elle, auraient croqué sa chair jusqu’au sang et m’auraient offert une hybride des plus dociles. Cependant, l’idée de m’en occuper moi-même n’était pas si déplaisante que ça…

D’un geste de la main, j’intimais l’ordre à mes serviteurs de reculer de quelques pas. Leur frustration était palpable mais peu m’importait. Je me réservais le droit de faire plier cette petite immortelle. Du bout des doigts, je fis glisser au sol mon manteau de fourrure, dévoilant ainsi une fine robe en soie. Comment ? Davantage de détails ? Mais bien sûr, je ne saurai priver vos cerveaux de pareil spectacle ! Donc une robe en soie, aussi noire que mon cœur. Un galbe parfait capable de faire rêver le commun des mortels, subtilement mis en valeur par la finesse du tissu. Pas de manche, ni même de col, seulement un profond décolleté en v et une fine ceinture de pierre précieuse pour souligner ma taille.
L’étoffe couvre entièrement mes jambes mais n’ayez crainte, celle-ci est fendue sur le côté, dévoilant ainsi ma jambe droite jusqu’au haut de ma cuisse.
Encore un peu plus ? Hum… Des rubis, une rivière de rubis couvre mon cou ainsi qu’une part généreuse de ma poitrine. Une forme de honte ou de pudeur ? C’est là bien mal me connaitre, j’aime être regardée et désirée… Et croyez-moi, vos pupilles dilatées montrent que je touche facilement au but dans ce domaine.

Où en étais-je ? Ah oui, j’offris donc aux regards mon corps divin et attrapai les deux dagues enfouies sous ma robe, tout contre ma cuisse. Deux dagues courbes, dont l’une vient se placer le long de mon avant-bras comme un minuscule bouclier de métal. Sa sœur prit place dans ma main gauche, brillant d’un doux éclat rouge sang… Aucune posture de combat, je demeurai droite et fière, attendant que ma jolie proie fasse le premier pas.

« Il est temps, douce hybride, de tenter de défendre ta vie. Je t’en prie, montre toi combative et imaginative. Je ne voudrai pas être déçue par ce duel et surtout pas perdre mon temps. Mais en attendant que tu te décides à attaquer, j’aimerai répondre à une de tes phrases un rien… ironique. Adorer les Dieux pour ce qu’ils m’ont offert. Pour ma nature d’humaine, mortelle, riche et dominatrice. Mais dans ce cas, pourquoi punir ainsi ma famille depuis des générations ? Nous pousser à atteindre l’immortalité pour ne pas provoquer notre chute prématurée ? Car oui, ce n’est pas un choix mais bien une obligation. La vie éternelle se doit d’être nôtre, ou bien nous ne serons plus. Mais peut être cette histoire t’est-elle familière petite proie… Dans ce cas tu comprendras bien vite que je ne peux que désirer te capturer pour mieux t’étudier… Et puis, je suis certaine de faire une divine de choix.», concluais-je avec un sourire un rien carnassier sur les lèvres.
 
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Kaïla Irkièl
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MessageSujet: Re: Le précipice sous nos pieds, le vois-tu ? [Ellena]   Mar 28 Juil - 22:22

En dépit de l’adrénaline qui masquait à sa perception la plupart des choses, elle fut saisie de surprise aux paroles de la comtesse. Ainsi, elle l’avait traquée ? Pendant plusieurs jours, peut-être même des semaines ? Et elle ne s’était rendu compte de rien ? Elle fronça les sourcils. Comment était-ce possible ? « Comment… » commença la louve. Mais elle s’arrêta. Il ne fallait pas digresser : seules sa défense et sa survie comptaient en cet instant. Elle aurait probablement la réponse à ses questions, mais plus tard. Ellena leva la main pour faire reculer les loups. Dociles, ils obéirent. Cependant, Kaïla sentait qu’ils mouraient d’envie de se jeter sur elle et de la mettre en pièce. La servitude avait ses raisons que le cœur ignorait.

Son adversaire écarta le manteau qui la couvrait, dévoilant une robe d’un luxe accablant. Elle dégaina deux dagues. Demeurant droite et stricte, elle ne fit qu’en placer une parallèlement au sol afin de protéger son bras. Elle restait élégante, comparativement à l’hybride courbée dans une posture quasiment animale, menaçante, les deux armes pointées sur elle. Elle allait se lancer en avant, lorsque la cruelle beauté parla. Kaïla avait entendu ces histoires. Dans les temples, dans les forêts de Silraen, on acquerrait la connaissance de toutes les rumeurs qui agitaient le cœur des Hommes. Libre aux fous d’y croire ; la jeune femme avait toujours placé dessus le sceau du conte, de la fable, du récit que l’on narrait aux enfants agités et tempétueux. Pourtant, la présence et les volontés de cette femme contrecarraient tout ce qu’elle avait pensé, remettaient tout en question. Bien qu’en temps normal elle trouvât cela stupide, la peur et la persuasion dont faisaient preuve la comtesse éveillaient en elle des soupçons. Et si elle avait raison ? Et si c’était la vérité ?

Elle secoua la tête. « Dans ce cas, faites quelque chose d’héroïque, ou à défaut de pouvoir réaliser un exploit qui puisse séduire leurs yeux, priez-les pour qu’ils vous accordent ce que vous voulez. » Non, elle ne donnerait pas sa vie pour que prospérât la famille d’une inconnue, d’une inconnue sans vergogne, d’une inconnue assoiffée de pouvoir. Non. Décidée, le cœur emballé par la cavalcade de l’adrénaline, elle poussa sur ses jambes et se lança vers Ellena Blackight. Les deux combattantes roulèrent sur le sol, tendant l’une et l’autre des lames tranchantes vers son adversaire dans l’espoir de la soumettre ; la comtesse s’armant de la détermination implacable des humains ambitieux, et la louve accaparant l’instinct sauvage de l’animal en péril.

Kaïla, en dépit de son amour pour la paix, avait combattu plusieurs fois dans sa vie. La louve qui sommeillait en elle disposait d’une nature plus encline à la violence, à la guerre et à la tuerie. Prédatrice, elle devait tuer pour se nourrir ; chassée, elle devait tuer pour survivre. Et il n’était pas toujours facile pour l’humaine, qui souhaitait dominer, d’asseoir son pouvoir sur la bête et d’emprisonner sa sauvagerie grâce aux lourdes chaînes de la raison. Elle demeurait là, tapie dans l’inconscient, ses canines scintillant dans la pénombre, prête à surgir en toute occasion. Elle avait soif de liberté. A bas l’harmonie des âmes si, un instant seulement, elle pouvait goûter au sang !

Se faufilant dans les couloirs sinueux d’un esprit agité par la bataille, elle lui apporta sa force, puis le déséquilibra de celle-ci, et reprit le dessus en s’éloignant d’un bond de la rivale. La chevelure de Kaïla s’étendit sur tout son corps tandis que griffes et crocs remplaçaient ongles et dents, et que ses membres et son visage s’allongeaient afin de dévoiler la carrure d’un imposant canidé à l’habituelle impeccable fourrure de neige, en ce jour entachée de quelques gouttes vermeilles. La louve, son regard d’or fixé sur la chasseuse, grondait. Sa gorge vibrait et ses babines tressautaient, animées par la haine et la furie. Lentement, elle entreprit de tourner autour de celle qui troublait sa tranquillité, ses lourdes pattes laissant une trace éphémère dans la poudreuse. Elle sentait l’odeur des mâles, qui s’impatientaient un peu plus loin, mais une petite voix au fond d’elle lui soufflait qu’ils n’étaient pas un danger, pour le moment. Soudain, sans crier gare, elle bondit à nouveau sur la créature aux cheveux d’argent. Ses griffes touchèrent la chaire, mais ça n’était pas assez à son goût.

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Ellena Blakight
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MessageSujet: Re: Le précipice sous nos pieds, le vois-tu ? [Ellena]   Mer 19 Aoû - 12:19

Etait-ce le doute qui s’insinuait dans ses pupilles ? Mais oui, il semblerait que mon petit discours ait suffit à ébranler ses convictions. Et non jolie hybride, ceux que tu sembles vénérer ne sont rien de plus que des juges arbitraires qui condamnent à loisir… Quelle joie ce sera alors pour moi de rejoindre leur rang !

A cette idée, un sourire carnassier se dessina sur mon visage. Mais celui-ci fut de courte durée car déjà ma proie bondissait. Ainsi donc elle choisissait de danser, une valse mortelle bien entendu. Les lames parlèrent, de même que les corps et bientôt nous roulâmes dans la neige. J’avais envie de rire à gorge déployée tant ces gestes étaient vains. L’acier avait beau chanter, le sang magnifier la neige, l’issue restait certaine et je ferai de cet être mon jouet. Elle sera ma découverte et le premier pas de mon ascension. Les mortelles peuvent être tellement fascinants parfois… Incapables de se plier à l’évidence d’une soumission prochaine alors que toute protestation est bien évidemment inutile. Bien sûr que je parle de cette espèce avec un certain recul, vous ne pensez tout de même pas pouvoir m’associer à cette populace infâme et indigne de toute immortalité !

Oh mais voilà que ma petite hybride cède enfin à sa nature bestiale. La transformation est intéressante, un rien divertissante. Et bien que je juge les loups dignes de me servir, ceci ne changera en rien mon but premier, cette proie sera mienne sous peu. Néanmoins, avec l’agilité obtenue, il semblerait que cette petite sotte vienne à me poser quelques menus soucis. Bondissant férocement, l’hybride réussit à atteindre mon avant-bras, plantant visiblement avec délice ses griffes dans ma chair. Ne serai-je donc pas la seule adepte des spectacles sanglants ?

Le fluide vital se mit à courir le long de mon bras nu, soulignant ainsi la magnifique pâleur de ma peau. Bien que profonde, cette plaie était à mille lieux de m’inquiéter. Un simple soin de ma chère sœur suffirait à réparer cette offense faite à mon corps de déesse. Par ailleurs cette attaque fut brève, accompagnée d’un léger répit qui me permit enfin de m’exprimer.

« Eh bien, le loup ose enfin montrer ses crocs. Je doutais de ta capacité à te battre vu les faibles assauts que tu m’as offerts jusqu’à présent. Mais j’avoue commencer à être conquise. Moi qui aime qu’on me résiste, tu ne pouvais me faire plus plaisir ! Mais cesse donc de grogner, je ne m’entends plus parler ! Et pour répondre à ces quelques mots tellement... inappropriés, sache que jamais je ne prierai les dieux de m’accorder ce qui m’est du. Je ne suis pas une enfant pleurant devant une verrerie et suppliant qu’on lui accorde ce privilège. Je prendrai, j’userai de ce que la nature m’a donné par récupérer cette immortalité qui aurait dû se pencher sur ma naissance. Et puis d’une certaine façon, je suis une véritable âme charitable… Mes sœurs refusent d’affronter cette destinée, nous condamnant ainsi à une mort certaine. Sans moi pour mener cette course au temps, nous ne serions plus…

Or toi, petite hybride, tu voudrais nous condamner ? Nous empêcher de découvrir ton secret et ainsi nous envoyer dans la tombe ? Avoue que ceci serait terriblement injuste, que dis-je égoïste ! Après tout, je ne te demande qu’une petite contribution dans ta minable existence. Ta vie pour la nôtre, n’est-ce pas un acte magnifique de grandeur ? Ne devrais-tu être honorée de servir ainsi la grande famille des Blakight ?
»

Oui, j’attendais une réponse, bien qu’incapable de dire si cette bête savait encore s’exprimer dans un langage courant… Mais qu’importait, je n’étais pas pressée malgré le sang qui continuait de fuir mon corps. Je profitais par ailleurs de cette courte pause pour laisser courir mes doigts sur la plaie. Un peu de lumière, à peine quelques mots et la plaie cessa de saigner. Certes elle n’était pas refermée pour autant mais il fallait bien que Kaalina serve à quelque chose.

Le temps de son côté semblait décider qu’il était l’heure de tout emporter sur son passage. Le vent hurlait à plein poumon tandis que neige et glace venaient s’écraser sur nous. Une tempête s’annonçait, bruyante et violente. Mais qu’il serait dommage d’interrompre cette charmante rencontre pour quelques éléments naturels !


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Kaïla Irkièl
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MessageSujet: Re: Le précipice sous nos pieds, le vois-tu ? [Ellena]   Sam 28 Nov - 17:48

Le sang s’échappait librement du bras de la terrible comtesse. Il ruinait la blancheur de la neige, souillait sa pureté comme la femme qu’elle était cherchait à détruire l’hybride, à dévaster l’équilibre naturel des choses. Kaïla, qui tournait en rond autour de sa proie bavassant, était prête à repartir à la charge ; elle ne l’entendait pas, ne l’écoutait pas. Sa voix ne filtrait en son esprit que comme un vague filet, un souffle à peine audible, et qu’il était facile d’occulter. Elle n’avait cure des caprices de cette enfant gâtée, cure de ses folles volontés, cure de l’injustice et de l’égoïsme qu’elle invoquait. Tout ce qui importait, c’était de vivre. C’était la survie.

La primauté de l’instinct aurait pu l’aveugler totalement, mais il aurait alors failli à sa tâche. Une violente bourrasque vint soulever sa fourrure blanche et mordre son épaisse peau. La louve leva son regard d’or vers les corniches de glace qui surplombaient la petite étendue de leur champ de bataille. Un craquement sec retentit, puis un autre. Sans attendre une seconde de plus, la bête s’élança en avant, abandonnant son adversaire. Face aux éléments déchaînés, elle le savait, la meilleure solution – ou en tout cas la plus viable – demeurait la fuite.

Ses pattes battaient la neige, mais elle avait l’impression de se traîner. La poudreuse l’engloutissait, l’empêchait de courir aussi rapidement qu’elle l’aurait voulu et pu. La tempête qui montait et drapait l’air d’un épais manteau de brouillard et de flocons ne lui permettait pas de voir à plus de cinq mètres devant elle. Elle ouït le grondement de la glace et de la neige qui s’effondrent et ouvrent grand leur bouche pour tout avaler sur leur passage ; son cœur fit un bond, et elle tenta d’accélérer. Mais l’embourbement se perpétuait tant et si bien qu’elle finit par sentir le sol se dérober sous ses coussinets. La colère divine était là, et elle l’emportait.

L’hybride se sentit renversée sur le flanc. Elle poussa un hurlement déchirant. Elle essaya de se battre contre le fleuve gelé. Mais rien n’y fit. Il la charriait. Vers où glissaient-ils ? Le précipice ? Bientôt, elle ne vit plus le ciel ; ou peut-être se faisait-il trop sombre pour qu’elle pût deviner que c’était lui. Les poumons comprimés, l’oxygène éphémère, les mouvements agités, elle finit par perdre connaissance. Et alors, le monde devint résolument noir.

Son corps suivit le cours tumultueux de la fureur des Terres Arctiques. Il tomba dans le précipice, la bouche béante qui menaçait de l’engloutir, quelques minutes auparavant. Elle allait mourir aujourd’hui. C’était fini. La pénombre qui l’entourait céderait place à la lumière éclatante d’une vie nouvelle, loin d’un univers bafoué. Soudain, abrupt. Dernier choc.

La neige termina bel et bien sa course au fond du gouffre. Pourtant, elle n’avait pas réussi, comme à son habitude, à emporter tout ce qu’elle effleurait. Elle avait oublié, sur un petit promontoire, une excroissance de la roche, une forme. Un corps. Recroquevillé, enveloppé dans un amas de fourrure. Des cheveux blancs retombaient sur le visage. Dans la chute, ils avaient perdu de leur éclat. Du sang ruinait leur blancheur, souillait leur pureté. Mais elle n'était pas morte, pas aujourd'hui.
Ah que coucouuu :
 

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Ellena Blakight
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MessageSujet: Re: Le précipice sous nos pieds, le vois-tu ? [Ellena]   Mar 8 Déc - 11:47

La tempête s’intensifiait, visiblement insensible à mon discours. Quelle impolitesse d’interrompre ainsi cette conversation ! Mais même ma proie avait senti qu’il fallait fuir, m’abandonnant ainsi en plein duel. Décidément, certaines personnes manquaient terriblement d’éducation…

Le mur de glace au-dessus de nos têtes gémissait, menaçant de se rompre à tout instant. Un craquement, un second et bientôt le ciel entier se rua sur nous dans un vacarme assourdissant. Ma fin ? Proche ? Même une colère divine ne saurait me vaincre, n’ayez crainte très cher…

Je n’eus qu’à claquer des doigts pour que le plus puissant de mes loups me rejoigne en quelques secondes. J’enfourchai alors l’animal et lui ordonnai de courir à en mourir. Courir jusqu’à ce que ses pattes saignent et que la vie l’abandonne. Courir jusqu’à ce que moi, déesse en devenir, ai la vie sauve.

D’un bond, l’animal esquiva une crevasse et se rua vers le chemin qui nous avait conduits jusqu’ici. Et cette course était tout bonnement enivrante ! La neige rugissait dans mon dos, dévastatrice et avide de mon corps ! La vitesse, l’explosion des sens, cette expérience était des plus captivantes. Néanmoins, je sentis les pas de ma monture devenir plus incertains. Et tandis que le manteau mortel se rapprochait de nous en hurlant, il me vint une idée. Dans la folie des éléments, j’appelai mes deux autres serviteurs. Visiblement, un seul d’entre eux était encore en vie mais ceci suffirait. Avisant une crevasse proche, peu profonde, j’ordonnai à ces créatures de m’y conduire et de me protéger. Une simple idée imposée dans leur cerveau bestial grâce à ma magie, ma survie. Chose qu’il leur serait impossible de refuser, même pour le salut de leur propre vie.

D’un geste vif, je sautai dans le renfoncement naturel tandis que les deux loups prenaient place au-dessus de moi. Le contact de leur fourrure contre ma peau était doux, chaud, et terriblement risible car dans quelques minutes ils ne seraient plus que d’immenses carcasses vides de vie.

La tempête nous rattrapa à cet instant et engloutit le paysage. Tout devint obscurité et peu de temps après un silence mortel s’installa. Dans cette bulle de neige et de chair, l’air vint rapidement à manquer, tant et si bien que j’obligeai le dernier serviteur en vie à creuser jusqu’à la surface. Au vu de ses gémissements, la tâche était rude mais qu’importait, il se devait de me libérer. Après tout, n’ai-je pas une destinée fabuleuse à accomplir ?

Comment ? L’autre loup ? Visiblement emporté par l’avalanche à ma place. Son travail en somme… Quelques secondes encore et je vis enfin le ciel se dessiner. Sortant alors de ma prison, je jetai un coup d’œil au paysage. Méconnaissable, le monde avait été entièrement englouti et façonné de nouveau. Mais le plus pénible était qu’il n’y avait aucune trace du corps de cette hybride. Un sentiment de frustration traversa mon visage mais s’estompa bien vite. Après tout, la chasse ne faisait que commencer.

Je poussai du bout du pied mon dernier serviteur qui se redressa sous la pression. Au soupir qu’il poussa, j’en déduis que la pauvre petite créature rendait là son dernier souffle. Saisissant alors une de mes dagues, je l’achevai d’un geste sec. De la pitié dites-vous ? Certainement pas. Avez-vous oublié que mon manteau de fourrure est resté là-haut ? Il serait dommage que je prenne froid…


Hrp:
 
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Le précipice sous nos pieds, le vois-tu ? [Ellena]

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