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 Zëma'Khaal

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Zëma'Khaal
Ronge-Monde
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Messages : 61
Date d'inscription : 21/01/2015
Royaume : Aucun

MessageSujet: Zëma'Khaal   Jeu 22 Jan - 17:43







     



Zëma'Khaal

     
Dieu déchu,
Ronge-Monde et Porte-Panique

     


HISTOIRE
Citation :

Si le moindre égoïsme, la moindre lâcheté, le moindre souci de son confort personnel avaient agité Dieu, il serait retourné s’endormir dans son absence originelle et dans sa toute-puissance sans objet, sans malheur et sans bonheur, sans désastre et sans triomphe, sans naissance et sans mort.
Dieu, sa vie, son œuvre, par Jean d’Ormesson





Qui suis-je.

Hum. En voilà une question.

Et quelle importance cela a-t-il ? Je suis, c’est déjà fort bien. Du reste, seul ce que je deviendrais a une importance en ce monde. Le passé n’est que mémoire, il ne peut ni être modifié, ni être effacé, et il n’est que support du présent. Et le présent est ce que l’on en fait. Il est un outil, un instrument. C’est à travers lui que la volonté s’exprime. Et la volonté tend au futur.
L’histoire s’écrit au futur.
Alors, pourquoi vouloir s’acharner à découvrir mon passé ? Pensez-vous y trouver le pourquoi de mon présent ? Hum.
Et vous auriez raison. Car ce qui anime ma pensée, mes gestes et mes mots, n’est rien que la trace indélébile de ma mémoire. Un dragon n’oublie jamais rien. Ce peut être un défaut tout comme une indéniable qualité.

Pour l’heure, c’est un fardeau, et un brasier immense qui consume mon âme toute entière. Pour nous autres, immortels, les siècles ne sont que des clins d‘œil. . Mais même une patience comme la mienne peut être mise à rude épreuve lorsque l’on est promis à l’éternité. Je vois donc l’opportunité de dépenser un peu de ce temps en votre compagnie, et si vous savez vous faire discret et attentif, alors, peut-être vous laisserais-je repartir avec ce cadeau.
Dans le cas contraire, mon estomac est toujours assez grand. Et ma faim, énorme.

Les dieux sont joueurs, et certains, malheureusement – ou heureusement c’est selon – assez immatures pour ne pas calculer la portée de leurs jeux.
Comment puis-je le savoir ?

Ha.

Eh bien, sachez que j’en fus un autrefois. Du moins, suffisamment pour apercevoir la nature de ce que j’aurais dû être. Aurais dû, oui. Parfaitement. Mais cela n’a pas été. Pourquoi ? Patience, vous allez savoir…





Par une magnifique journée de printemps, sur le monde verdoyant de Silraen, une entité divine oisive et joviale s’amusait. Le dieu-dragon Meruwan, endormi, avait laissé sur son sillage un soleil radieux et chatoyant. Qu’aurait-il pu advenir de terrible par une si belle journée ? Rien ne venait assombrir la forêt. Le dieu, confortablement établi, trop peut-être, se laissait aller à quelques expériences drolatiques, usant de ses pouvoirs étranges pour manipuler ce qu’il trouvait. Que de sculptures étranges et improbables naquirent de ses mains !

Mais il les abandonnait toutes. Elles l’ennuyaient. Trop commune pour sa nature supérieure, il lui fallait plus. Un ingrédient plus rare ? Plus insolite ? Soit. Il se mit en quête, et parvint, après quelques déambulations au hasard de la forêt, à trouver un objet digne de son attention : une vieille écaille du dieu-dragon, perdue au milieu des mousses et des champignons. Le dieu ramassa la relique, goûtant quelques instant à l’interdit : allons, qu’allait penser le grand gardien de Silraen si lui, recueillait sa mue pour s’en faire un costume ? L’idée l’amusa beaucoup. Mais l’écaille restait solitaire : il semblait qu’elle fut seule à être tombée de la cuirasse émeraude. Tant pis, il garda tout de même son trésor, et s’en retourna à sa demeure. Il finit par accrocher sa trouvaille à sa ceinture. Elle était du plus bel effet, et la divinité s’en vanta auprès de l’un de ses congénères, qui rit de sa futilité. Il tenta de lui voler l’écaille. L’autre, passablement irrité, s’interposa. Tirant à hue et à dia, ce qui n’était qu’une simple pique entre ami dégénéra. Le bord tranchant de la relique entailla la peau de la main qui la retenait, et l’éclat d’émeraude fut terni par le sang d’un dieu. La dispute futile terminée, le trophée conservé quitta finalement le côté du sire pour se poser sur une table de marbre, toujours noircie du sang qui semblait ne pas vouloir en partir.

Le temps passa, et l’objet attendait qu’on lui trouvât une quelconque utilité. Ce qui ne fut pas le cas : son nouveau propriétaire décida alors de s’en séparer. Mais non en l’abandonnant de nouveau quelque part. Il lui fallait s’amuser de nouveau, et exercer son art. Plutôt que quelque roche rare ou matière organique, l’écaille du dragon d’émeraude serait sa prochaine œuvre.

La magie œuvra dans toute sa splendeur, déformant la matière au gré de la volonté de celui duquel elle émanait. Pourtant, quelque chose n’allait pas. L’objet semblait opposer résistance. Pire, un instant, il parut s’agiter. Présence d’esprit aurait été d’arrêter. Mais l’entité se concentra d’avantage, et persista.
Ce qui se passa alors laissa pour longtemps des traces, encore aujourd’hui visibles. En une explosion de magie aux couleurs aveuglantes, la matière et l’énergie se fondirent, puisant dans le sang astral la source de leur alchimie terrible. Un être sans forme apparut, son esprit invisible devenant plus présent à chaque instant. Lorsque l’on put enfin distinguer les contours parmi la lueur blanche de la chaleur, une chose minuscule se tenait là où, quelques instants avant, reposait l’écaille noire.

Le dieu s’approcha, inconscient alors qu’il venait d’engendrer, non pas une œuvre, mais un autre. La créature tenait dans ses mains, et d’elle rayonnait une magie étrange mais non moins puissante que la sienne. Deux yeux jaunes s’ouvrirent et le dévisagèrent avec une candide perplexité. Du corps noir et craquelé émergeait deux ailes d’un noir de jais, dont les stries rappelaient vaguement la larme de sang versée sur l’écaille qui n’existait plus. Le dieu observa le dragonnet informe, alors qu’à son contact, une onde tout à la fois brûlante et glacée le traversa. Il était père, oui, mais par quel tour ? Sa magie avait-elle œuvré seule ? Il n’y croyait pas. On ne pouvait engendrer pareille conscience par un simple sort. Quelque chose sommeillait-il dans ce morceau inerte alors ? Attendait indéfiniment d’être éveillé ?

Rien ne vint apporter de réponse, car la créature ne parlait que par syllabes inintelligibles, et son esprit ressemblait au chaos primordial : la télépathie rendait le nouveau père presque fou, tant la cacophonie d’idées et de sentiments disparates était violente. Il installa la petite chose noire dans sa demeure, mais n’osait que l’effleurer, ne lui parlait que pour s’assurer qu’elle ne ferait pas de bêtise ou attirer son attention. Il lui semblait lire une sorte d’admiration muette dans les grands yeux d’or fondu, mais les pupilles reptiliennes le mettaient mal à l’aise, et il ne parvenait pas à comprendre. Il s’interrogea. Que devait-il faire ?


Mais le temps qu’il mande conseil de droite et de gauche, qu’il tente de s’habituer à la présence de cet être étrange, le dieu nouveau-né avait atteint la taille d’un cheval de trait. Il engloutissait tout ce qu’on lui donnait, presque sans distinction. Sa nourriture n’était pas seulement matérielle : hélas, il aspirait aussi au savoir, et sa curiosité était sans limites. Tout cela n’aurait pas été bien dramatique si sa force et son tempérament n’avait pas été calqués sur l’activité d’un volcan.

Le géniteur infortuné comprit alors qu’il avait délivré une tempête incommensurable, et la fougue du dragonnet se muait de jour en jour en une ire irraisonnable et folle. Un rien l’agaçait, tout pouvait être sujet à se battre et à détruire. Seul son créateur pouvait prétendre lui faire entendre raison. Incapable de contrôler un tel fléau, le dieu se résolut à abandonner le dragon. Il ne pouvait rester en Silraen, il n’y avait pas sa place. La mort dans l’âme, il amena son enfant au bord de l’une des crevasses qui zébraient les terres extrêmes du Silraen. Et poussa le dragonnet dans le vide, sachant fort bien qu’en tant que divin, ses os ne se briseraient pas pour si peu, mais que privé d’ailes, il ne remonterait pas de si tôt. Le goût de la trahison le hanta longtemps, mais il parvint à trouver réconfort en pensant aux vies épargnées par ce geste qui le dégoûtait. Lorsqu’il aurait atteint sa plénitude, certainement le dragon viendrait-il lui demander des comptes. Mais alors peut-être serait-il assagi et apte à comprendre…


Jeté dans l’abîme, réduit à un état des plus misérables malgré sa nature, le dragon gémissait dans le noir, sa souffrance et sa rage restant de veines catharsis face à son impuissance. Incapable de mourir, sa forme ignoble lui ôtant la capacité de voler, il était promis dès lors à un destin peu enviable.

Le dragon ne comprit pas. Pire encore, il réalisa toute l’étendue de sa sottise et de la naïveté qui avait été la sienne. Cet inconnu, qui avait été la première âme qu’il avait contemplé lors de sa venue en ce monde, s’était purement et simplement débarrassé de lui. Lentement, l’intelligence s’éveillait, et avec elle les longs lacets noueux de l’appréhension de sa situation. Et du fond de ses entrailles, l’ire et la haine, telles deux compagnes assidues, lui échauffaient les veines et les cœurs.

Il arpenta des années durant le fond de la crevasse, terrorisant la faune glauque qui y régnait. La magie se faisait de plus en plus dense en lui, et vint le jour de son premier feu. Un fleuve de lave volatile, inondant les environs, les éclairant pour la première fois depuis des éons, fut accompagné d’un rugissement emprunté au tonnerre.




Entends-tu, misérable traître ?
Parent indigne et à jamais souillé ?
Je viens réclamer la place qui me revient de droit. Prends garde.
Car je suis l’ire, je suis fureur et rage, vengeance et haine.
Je boue comme le magma, mais ma résolution à la dureté et la froideur de la glace.




La terre et le ciel répondirent à son ire. Le sol trembla sous ses lourdes pattes et loin au-dessus, là où il ne pouvait voir, éclatait l'orage matérialisant toute sa rage.

Hélas ses ailes n’étaient pas encore assez solides, ni assez longues pour le porter hors du précipice, et ses téléportations ne le menaient jamais plus loin que les parois verticales. Plus le temps passait, plus le dieu noir rongeait son frein, ses sautes d’humeurs se métamorphosant doucement en une rancœur profonde et glaciale. Il était si misérable ainsi. Inconnu de tous, méprisé, jeté comme un vulgaire sac encombrant. La dernière image de son père divin souriant tournait dans sa mémoire éternelle. Quelle vengeance pourrait donc effacer tant d’années de souffrances et d’abandon ?
Une chance cependant allait lui être donnée de sortir. Une chance telle que jamais il n’aurait pu en imaginer.

C’était un soir, bien que Nuün, "néant", comme il s’était lui-même cyniquement nommé, n’en sache rien, privé de la vision du ciel. Ses yeux rencontrèrent une lueur singulière, qui descendait lentement vers les profondeurs du gouffre. Une étoile minuscule, flottant dans l’air comme une feuille morte, se posa sur le sol rocailleux, à quelques mètres de lui. Le sommeil lui venait, mais la lueur émanant du petit morceau minéral de décroissait pas. Elle oscillait doucement, ses reflets bleutés dansant sur les écailles luisantes de son museau. Le dragon ouvrit un œil, agacé.

Devant lui se tenait une petite silhouette repliée en fœtus, de longs cheveux d’un bleu azur enroulés autour du corps nu. Son œil s’ouvrit complètement, sa pupille s’amincissant sous le coup de la surprise. Qu’était-ce ? Cela ressemblait à un … ? Un être humain, c’était cela ? D’instinct, il sut que l’autre était femelle, son parfum doux et léger différait de tous ceux qu’il avait pu sentir. Elle scintillait comme la roche d’où elle était sortie.
La femme ouvrit les yeux à son tour. Ses mains s’écartèrent pour libérer son visage. Il lut la peur dans ses iris d’eau pure, et pour la première fois, ses cœurs se serrèrent. Il n’osait pas bouger de peur qu’elle ne disparaisse. Depuis le temps qu’il était seul… seul au monde. Il sentait de nouveau une âme consciente et pensante à ses côtés. Une aura magique différente, moins dense mais si attirante… Petite étoile.

La femme bleue se déplia avec d’infinies précautions sans cesser de le fixer, cette peur atavique au creux des yeux. Sa bouche délicate laissait apparaître la ligne d’une dentition parfaite et blanche. Voyant que le monstre ne bougeait pas, elle osa se remettre sur ses pieds, se pliant en deux pour reculer sans gestes brusques, alors que l’œil énorme suivait chacun de ses mouvements avec avidité. Elle s’appelait Illnya. Une éthérée sans souvenirs, effarouchée et terriblement affaiblie. Pas une once d’agressivité en elle, le ciel ne lui avait légué que douceur et grâce pour arme. Nuün sentait son cœur chavirer, débordé par une force inconnue qui le mettait à terre sans qu’il ne puisse s’en défendre. Elle finit par comprendre qu’il ne lui ferait aucun mal et elle s’endormit contre ses écailles d’obsidienne, lovée comme un chat gracile. Le dragon l’entoura, cercle parfait autour d’elle, unique tâche claire dans tout ce noir.

Illnya ignorait pourquoi elle avait atterri dans l’endroit le plus isolé et inhospitalier d’une terre comme Silraen. Nuün échoua à lui donner une quelconque explication. Et quand vint la fatale question du « que fais-tu là », le dragon noir ne put que pousser un grondement sourd, qui se termina en un soupir lourd de sens. Il lui conta son histoire. Son errance sans fin dans la faille depuis son enfance, son ardeur à trouver un moyen d’en sortir. Il put enfin déverser ses flots de paroles, retenues depuis si longtemps. Et Illnya l’écoutait religieusement. Elle ne s’ennuyait pas, lui répondait avec force sourire, sa confiance gagnant l’âme esseulée du dieu banni. Nuün en tomba éperdument amoureux. Un amour qui n’avait rien de charnel, de ces différences quasi insurmontables, ne ressortait qu’une aspiration élévatrice. Elle était celle qui possédait tout ce qu’il n’était pas. Son opposé complémentaire. Sa seule présence l’apaisait totalement. Pour la première fois, la colère et le ressentiment le quittèrent. Et il dormait en paix.

Légère et habile, elle pouvait le quitter quand bon lui semblait : elle ne le fit pas. Elle chemina à ses côtés dans l’obscurité perpétuelle, s’abritant sous son aile quand les prédateurs se faisaient trop présents. Elle lui racontait nombre d’histoires, réelles ou inventées, qu’elle tirait d’une mémoire qui pourtant lui échappait. Il rêva de ce qu’elle lui montrait en songe. Mais, plus que tout, elle lui jura de lui venir en aide, et de le sortir du gouffre dans lequel on l’avait jeté. Nuün quant à lui, lui promit en retour de veiller sur elle quoi qu’il lui en coûte, et de lui offrir ses ailes pour lui faire voir le monde depuis les cieux. Ils veillèrent ainsi l’un sur l’autre plus d’une révolution solaire encore, jusqu’à ce que le dragon noir atteigne une taille suffisante pour prendre son envol depuis les tréfonds du monde.




Tu sens le vent qui me porte, honni ?
J’arrive. Me voilà. Après tant de temps.
J’ai bien grandi, depuis ce jour où tes mains eurent la force de me précipiter du haut d’une falaise dont je ne devais pas revenir.
Mais j’en suis finalement sorti.
Viens, maintenant. Ma vengeance est servie.
Elle est bien froide, à présent.





Le soleil le gifla avec force lorsqu’il émergea de la faille. Aveugle un instant, le dragon aspira l’air autour de lui, et lança vers le firmament une immense colonne de flammes. Illnya sur son dos, il s’éleva au-dessus des nuages à grand renfort de battements d’ailes, créant bourrasques et vents sur son sillage. Le monde était à lui, sans restriction aucune. Mais il lui fallait accomplir ce pourquoi il était sorti. Et la surprise était une arme redoutable.


Et comme un appel macabre, son rugissement emplit le ciel. A son ordre, la terre trembla, les flammes dormantes qui l’habitaient remontant soudain vers la surface. Illnya, toujours perchée sur le dos du titan, n’avait d’yeux que pour le ciel qu’elle découvrait, presque inconsciente du danger que représentait son compagnon. Avait-elle senti cette colère immense qui l’habitait, ou feignait-elle l’ignorance ? Toujours est-il que son réveil fut terrible. Pour la première fois depuis des temps immémoriaux, des cris d’agonies et de terreur se répandirent dans les bois à l’approche du cataclysme.

Nuün lâcha son feu destructeur sur les arbres millénaires, sans le moindre égard pour ceux et celles qui s’y abritaient, innocents même à ses yeux. Trop de rancune, trop d’humiliation. Où que se terre le félon, il n’y aurait que les flammes pour l’accueillir. Et de proche en proche, de lieue en lieue, un seul et même cri courait en toute direction.





La forêt brûle !




Le feu dévorait chaque parcelle de vie avec une avidité sans limite. Il avançait comme doué d'une volonté propre, née de celle de son créateur. Brûler. Brûler. Qu’ils disparaissent tous.

Le dieu silraeni, encerclé dans sa demeure, ne put que se lamenter devant tant de dégâts, alors que les terres qui entouraient son foyer divin s'étaient transformées en un brasier géant. Et il la vit. Cette silhouette monstrueuse qui cachait le soleil de ses ailes démesurées. Ses yeux s'embuèrent un instant, car il venait de comprendre. L'autre était bel et bien revenu.

Et quel autre. Il était méconnaissable, et le poids écrasant du reproche dans les prunelles de lave ne put que le faire tressaillir. Oui, il se sentait coupable. Mais aujourd’hui plus que jamais, il ne regrettait pas. La confrontation fut glaciale.


Son reflet blafard dans les yeux haïs emplit le dragon d’une certaine satisfaction : il avait été jeté, oui, mais il n’avait plus rien désormais de la petite chose difforme qui avait vu le jour dans cette forêt. Désormais, c’était la forêt elle-même qui paraissait à côté de lui chose petite et malingre ! Ô joie impie de l’amère vengeance ! Il allait le dévorer séant, ne laissant de lui qu’une bulle d’âme égarée dans le cosmos…
Nul ne se rirait plus jamais de lui. A commencer par celui sur lequel il fondait, tous crocs dehors. Le dieu fautif eut beau écarter les bras, en appeler à sa magie pour tenter d’endiguer la fureur qui aveuglait son rejeton abandonné, il ne parvint pas à nouer un autre dialogue que celui de la haine et de l’injure. L’autre l’accablait chaque seconde un peu plus, et avec sa confiance, sa magie protectrice se fissurait, menaçant de l’exposer au feu noir et mortel du dragon extatique devant sa destruction imminente.


Mais l’incendie gagna les terres de Meruwan : la folie qui s’emparait des êtres sylvains pourchassés par les flammes éveilla le dieu-maître endormi, et le spectacle qui s’offrit à lui le glaça d’horreur. Qu’était-ce donc que ce cataclysme ? D’où sortait ce chaos soudain ? Le grand dragon d’émeraude rugit de fureur en voyant ses précieux protégés se mourir sous la combustion meurtrière. Le Tolvaär avait-il déclaré la guerre ? Pourtant, rien dans la trame du monde ne le laissait supposer. Le dragon stoppa les flammes avant qu’elles ne détruisent ses récoltes de champignons, mais un mal terrible avait déjà été fait sur des lieues à la ronde.
Le dieu prit son envol, à la recherche de l’origine de tels maux, bien décidé à faire cesser cette folie sur-le-champs.

Le dragon noir ne tarda pas à voir se profiler la silhouette de son vis-à-vis d’un vert éclatant. Tout à sa colère vengeresse, il s’en détourna pour achever ce qu’il avait commencé. Une course poursuite s’engagea entre les deux dieux dragons, sans que ni l’un ni l’autre ne parvienne à prendre le dessus, déversant des flots de magie dans un ciel malmené. Mais même l’habileté en vol de Nuün ne pouvait rivaliser avec les pouvoirs du dieu-maître, et lorsque le vieux Meruwan parvint à l’atteindre, il chut sans pouvoir se rattraper, précipité par son poids colossal. Le dieu noir s’écrasa à la surface de Silraen, y laissant un cratère d’une taille proportionnelle à la sienne. Sonné, il ne put se défendre lorsque les griffes du dieu des spores le plaquèrent au sol. Les dégâts provoqués par leur court duel équivalurent bien à ceux provoqués par les incendies, et Meruwan, soucieux de sa quiétude, gronda en pensant qu’il n’aurait pas la paix tant qu’un fléau pareil sévirait dans ses contrées.

Et c’est ainsi que tous le nommèrent. Zëma’Khaal, le fléau aveugle. Le Porte-Panique, celui qui porta, depuis des éons, la peur en Silraen, pour une vengeance aux proportions démesurées. Il ne devait pas revenir, il devait ne plus pouvoir endommager cette terre sacrée de sa fureur incontrôlable. La colère et le ressentiment n’avaient pas leur place en Silraen. Alors, Meruwan prit une décision qui lui coûta, mais qu’il jugea juste en son esprit pacifique. Il ne voulait pas infliger lui-même de châtiment cruel à l’un des siens, mais il devait à tout prix l’empêcher de nuire, et l’autre restait sourd à tout discours.
Meruwan immobilisa le dragon à terre, et lui dit en ces mots :

« Tu es le déshonneur des silraeni, noire colère. Tu portes préjudice aux mortels et aux tiens, sans raison. Ton ire est folle, et si je ne peux te ramener à la raison, alors je dois te bannir. Je te retire le droit d’être un divin, fléau, et à partir de ce jour, tu hanteras d’autres terres que les miennes en ne portant que ton éternité pour nature. Jamais plus tes flammes ne menaceront les miens, dieu de malheur, puisse le Tolvaär te recueillir en son sein si cela lui sied, je ne veux plus de toi dans ma forêt ! »

Sourd aux protestations haineuses du dragon noir, l’émeraudé fit ce qu’il avait à faire, et en appela à ses pouvoirs. Zëma’Khaal, comme il serait connu désormais, sentit sa puissance s’évaporer comme vapeur d’eau, alors qu’un sentiment de détresse s’emparait de lui. Non , il ne pouvait pas… Il n’en avait pas le droit ! Qui étaient donc ces dieux pour se croire supérieurs à lui ?! Comment osaient-ils se mêler de ce qui ne les regardait en rien ! Il était des leurs, et par conséquent leur égal ! Il faisait parti de l’Univers au même titre qu’eux !

Le titan se débattit dans l’étreinte magique de celui qui lui ressemblait. Ses rugissements à rendre sourd n’atteignaient pas Meruwan, concentré sur sa tâche, mais il sentait malgré tout l’esprit ébranlé du dieu solaire. Zëma’Khaal rugit alors. Comme il ne l’avait encore jamais fait. Il sentit son âme se déchirer, le monde lui-même aurait pu finir en cet instant, il ne s’en serait pas aperçu, aveuglé comme il l’était par sa propre douleur et sa rage sans borne. Il maudit Meruwan, il maudit tous les dieux du Silraen. Et sombra dans un sommeil sans rêve, sans pensée, où il lui sembla retourner au néant dont il n’était sorti que quelques instants de son existence.

Encore une fois, il fut trahi, déshonoré au-delà du possible.




Déchu.





Lorsqu’il revint à la réalité, il ne se trouvait plus en Silraen, mais dans un pays ressemblant furieusement à la crevasse qui l’avait vu grandir, si ce n’était qu’ici, nul mur infranchissable ne l’empêchait de voler. Il y faisait sombre et l’atmosphère lourde et moisie lui soulevait le cœur.

Le Tolvaär.

Là était donc sa véritable place ? Le dragon noir s’y serait résolu avec magnanimité si seulement il avait pu conserver sa nature divine. Comment cet ignoble dragon vert avait-il fait son tour ? Il n’en savait rien. Il sentait juste ses pouvoirs complètement atrophiés, et sa fragilité nouvelle d’Immortel. Il eut cependant envie de se prouver que même à terre, il n’était pas encore mort, et que tant que justice ne lui aurait pas été rendue, il resterait une menace pour ceux qui l’avaient honteusement piétiné.

Le dragon cracha son feu, carbonisant tout ce qui se trouvait autour de lui, délivrant tout le ressentiment qui lui rongeait les entrailles. Il s’adonna à la destruction, ravageant sans compter un paysage qui, de toute façon, l’était déjà bien au départ. D’un rire sonore et sans joie, il écrasait tout, démolissait, creusait, brûlait, fendait. Si bien qu’en un temps record, toute la zone des environs se transforma en un parfait no man’s land. Il se tourna vers le ciel et prit son envol, invoquant la colère des cieux, les nuages se chargeant d’électricité à son passage. Cela encore, oui, il le pouvait… Cette découverte ne l’en galvanisa que davantage. Le Tolvaär serait sa nouvelle base.

Une silhouette solitaire brillait loin de là, au sommet d’une colline grise. Illnya, en larme, courait vers la grande forme noire qui montait entre les nuages noirs.
. Elle s’était enfuie lors du combat, tombant sur la canopée de la forêt du Silraen. Pour mieux assister au désastre provoqué par celui qu’elle avait sauvé du gouffre.
L’éthérée bleuté tressaillait de devoir déambuler dans ce monde putride et insalubre, ses pieds nus exposés à tous les périls qui pouvaient jaillir du sol. Mais ses yeux embués de larmes étaient tournés vers son divin protecteur tombé au combat. Et elle se lamentait sur son sort, terriblement déchirée d’avoir appris l’humiliation qui lui avait été faite, mais tout aussi terrifiée des dégâts qu’il avait osé commettre. Et ce, avec son aide…

La jeune femme serra les dents, et d’un revers d’une manche invisible, sécha la dernière perle liquide qui dégringolait sur sa joue : elle serait forte. Elle seule pouvait le relever de la fange dans laquelle il s’enfonçait aveuglément.

Il lui fallut tant d'énergie pour parvenir jusqu'à lui, que son éclat bleuté en pâtis. Le relief accidenté, la flore agressive lui menèrent la vie dure en chemin. Et, dans l'ombre, des yeux guettaient. L'étoile bleue s'aventura dans les contrées inhospitalières, ses pieds nus s'enlisant dans la fange putride, s'écorchant contre la roche rêche. L'odeur du sang attirait des milliers de paires d'yeux luisantes, mais aucune ne semblait pourtant prête à s'approcher de la lueur pure de l'éthérée. Sa voix perçait les ténèbres, criant ce nom inconnu du Tolvaär à pleins poumons jusqu'à n'en plus pouvoir. Où était-il ? L'entendait-il seulement ? Elle avait tant à lui dire. Mais elle doutait d'elle-même, et sa lumière faiblissait en même temps que ses forces. Les charognards la suivaient, attendant patiemment l'heure de la curée.

Enfin, Illyna le vit. Gigantesque silhouette haut dans le ciel obscur, les nuages tourbillonnaient tout autour. Son cœur bondit comme un cheval sauvage et elle en oublia sa peine, sa douleur, et l'endroit où elle se trouvait. La jeune femme courut, sa chevelure d'azur virevoltant dans son dos selon sa course. Son souffle se fit court alors qu'elle parvenait au sommet d'une colline rase. Mettant ses mains en porte voix, Illnya donna tout ce qu'il lui restait de voix pour appeler. Encore. Toujours.

Zëma'Khaal avait senti. La présence de la petite éthérée bleue avait agi comme le son de mille trompette à son oreille, et le dragon noir rugit de joie. Elle était là, elle l'avait retrouvé ! Puisse-t-elle être toujours bénie. Il ramena ses ailes contre lui et fondit sur la terre tel un rapace, avide de retrouver l'autre moitié de son âme, déjà trop meurtrie.
Mais lorsqu'il parvint à terre, au sommet de la colline d'où l'éclat lui était parvenu, il n'y trouva que le vent.

Le reptile géant se tourna en tout sens, choqué. Pourtant, il n'avait pas rêvé. Son rugissement ne trouva que son propre écho. Était-ce un tour ? Ses sens lui échappaient-ils ? Non, son odeur flottait encore dans l'air. Son museau se pencha sur le sol brunâtre. Des pas. Partout. Illnya avait-elle été enlevée ? Par qui ? Pourquoi ?
Sa peine et sa douleur furent à la hauteur de ses espoirs. Comment ? Où était sa lumière ? Pourquoi n'était-elle pas là où elle aurait dû être ...?
Une fumée noire s'échappa de ses narines obliques. Celui qui avait commis un tel acte n'aurait pas assez de l'éternité pour s'en repentir... Ses griffes creusèrent de profonds sillons dans la terre sanglante. Sa queue fit trembler la plaine d'un coup retentissant. Son feu illumina brièvement la noirceur ambiante. On ne touchait pas à son étoile. Jamais. Cela, il ne le tolèrerait pas plus qu'il n'avait toléré sa déchéance.

Reprenant son vol, le fléau noir franchit les plaines, les forêts, les crevasses, les marais. Il trouva finalement ce qui ressemblait à une chaumière humaine, en marge d'un village miteux. Ces constructions n'avaient rien de celles que l'on trouvait en Silraen, mais elles appartenaient sans doute possible à des mortels. Il s'y dirigea donc, sans chercher le moins du monde à se cacher. Sa taille rendait de toute manière la tâche bien ardue en plein jour, même ici. Son atterrissage fut suivi d'une violente bourrasque.

Un petit homme trapu s'enfuit quand le monstre se posa près de sa maison. D'un tonnerre mental, l'écailleux lui indiqua qu'il souhaitait seulement un renseignement. Après quelques mots supplémentaires donnés de mauvaise grâce, il obtint que la créature bipède sorte de sa cachette et consente à lui répondre.
Zëma'Khaal alla droit au but : une jeune fille à la peau bleuté avait-elle été aperçue en ces contrées récemment ? L'homme répondit que non.
Les gens avaient-ils tendance à disparaître ainsi, sans laisser de trace ? Oui, acquiesça le mortel, hélas c'était monnaie courante, avec les monstres qui grouillaient dans les endroits sauvages.
Des créatures ? Comment cela ? Les mortels craignaient encore de simples animaux ou s'agissait-il d'autre chose ?

"Ces créatures sont l’œuvre des dieux ! gémit l'homme, je n'y suis pour rien ! Si la dame plaisait à l'une de ces divinités, elle l'a certainement emporté loin d'ici..."

Des dieux ? Le mot lui fit retenir son souffle, alors que la pression montait en flèche entre ses yeux.

"Les dieux du Tolvaär son capricieux, ailes noires, ils aiment créer et détruire ! La plupart des choses qui hantent les bois sont leurs engeances et leurs serviteurs. Si celle que vous cherchez parcours ces terres, elle a certainement fini entre leurs griffes."

Zëma'Khaal hurla de rage, à la plus grande frayeur de celui qui lui faisait face. Sans se soucier davantage du mortel, le dragon s'arracha au sol et s'envola à toute vitesse. Des dieux, encore, toujours ! Ah, quelle ne serait pas sa vengeance le jour où il recouvrirait ses pouvoirs... Il les boufferait. Il les mâcherait longtemps. Très longtemps. Non, en réalité il se contenterait de les rayer définitivement de la trame du monde. Retour au néant. Oubli définitif, ils ne méritaient pas mieux.

Son esprit noircissait de seconde en seconde et les pensées de haine pure s'amassaient dans sa tête comme une immense tempête. Il traversa les contrées tolvaäri de long en large, questionnant ceux qui s'y trouvaient, déversant sa colère au passage. Les divinités de ce morne pays ne semblaient pas se préoccuper de grand chose et restaient la plupart du temps cachée dans leurs antres, loin du commun des mortels. Le dragon noir n'en trouva que peu, auxquels il ne chercha pas à dissimuler son courroux. Certains semblaient au courant de son état : ce qui ne fit qu'empirer son humeur. Il n'obtint que de vagues réponses, pour certaines contradictoires. Alors il repartait, quand le maigre espoir qui vacillait dans ses entrailles le faisait retourner ciel et terre pour la retrouver. Ses voyages durèrent ce qui pour les mortels ressemblait fort à l'éternité. En vain.

Jamais le dragon ne parvint à retrouver la trace de l'étoile bleue, et son cœur finit par se flétrir. Sa haine envers le Tolvaär vint finalement égaler celle qu'il nourrissait pour les autres royaumes. Au final, quels qu'ils soient, les dieux étaient tous les mêmes. Stupides, arrogants, cruels, vils et méprisables. Aucun ne méritait sa place. Aucun ne méritait sa considération ou son pardon.


Ils paieront .Tous. Il n’y a pas de pardon.

Il est le Ronge-Monde. Celui qui œuvre lentement et sûrement, sur les racines de l’arbre, sous terre où nul ne peut voir. Dans le cœur des uns, dans l’esprit des autres. Il part et vagabonde, pour mettre à l’œuvre une machine qu’il ne connaît que trop bien.

Aucun n’en réchappera. Il en a fait le serment. Un jour.

Un jour il n’y aura plus de dieux en Vanalheim…





Voilà. Voilà… toute l’histoire, ou presque.
Car comme je vous l’ai dit, seule la volonté tendant au futur compte réellement. Maintenant, vous savez. Mais que savez-vous au juste ? Ce que je suis ? Non, vous savez ce que j’ai été. Mais nul ne peut prédire ce que je serais, pas même les dieux. Le destin reste un voile parfaitement obscur.

Maintenant, j’ai satisfait votre curiosité il me semble. Vous savez tout ce qu’il y a à savoir. Partez. Je suis assez lunatique, voyez-vous. Il se pourrait que je finisse par changer d’avis.
Un accident est si vite arrivé.





   
Identité

   
GROUPE :
Immortel
   
MÉTIER :
Vagabond, banni
   
RACE :
Créature immortelle, Dragon
   
ROYAUME :
Né en Silraen , aucune résidence fixe
   
AFFILIATION (réservée aux dieux) :
/
   
NAISSANCE/PARENT(s) :
D'une écaille du Dieu Meruwan, sur laquelle fut versé par discorde le sang d'une divinité silraeni anonyme
   
ÂGE :
un millénaire et des poussières
   
SEXE :
Masculin
   
CARACTÉRISTIQUES PHYSIQUES :

Dragon : Sous sa forme véritable de créature, Zëma’Khaal possède la force titanesque propre à sa taille. Il est lent et lourd sur terre, ses ailes immenses l’encombrent et l’empêchent de se rendre dans les lieux exigus. Mais c’est une autre histoire dans les airs, où il s’ébat en toute liberté avec une agilité déconcertante. La puissance de ses ailes peut générer de très violentes bourrasques.

Humanoïde : Sous une forme alternative, il ne possède qu’une force supérieure à ce qu’elle devrait être, mais parfaitement humaine, de même que ses autres capacités physiques. En revanche, il reste nyctalope et son odorat est celui d’un reptile.
   
CARACTÉRISTIQUES MAGIQUES :
Souffle élémentaire :
En emmagasinant une grande quantité d’air dans ses quatre poumons, Zëma’Khaal peut déverser un torrent de flammes ravageuses sur une portée pouvant atteindre les 800 mètres. Les flammes sont tout ce qu’il y a de plus naturel, et un seau d’eau peut en venir à bout, à condition de faire beaucoup beaucoup d’allers-retours.La chaleur dégagée, en revanche, reste insoutenable pour les créatures organiques.

Souffle noir :
Les flammes générées par ce sort sont magiques et ne peuvent être stoppées que par la magie blanche. Elles sont bleues, tirant vers le violet sombre, et s’accrochent à la matière pour la dissoudre entièrement si rien ne vient s’y opposer.

Convocation nuageuse :
Le dragon, en échange d’une grande quantité d’énergie magique, peu localement influencer le climat en amassant à grande allure des nuages d’orage autour de lui. Ne s’utilise qu’en vol. Ce pouvoir sera supplanté par celui d’une divinité .

Zëma’Khaal craint la magie de lumière et la fuit tant que faire se peut. En revanche, la magie élémentaire et naturelle l’attire, comme son phare éthéré qu’il recherche désespérément. Il n’y est pas sensible, pouvant s’en servir, sous sa forme véritable uniquement, pour panser ses plaies (le feu et l'eau principalement).

Magie mineure : Sous forme altérée, Zëma'Khaal ne peut plus user de ses pouvoirs de dragon. En revanche, il reste un bon mage, capable notamment de créer des illusions éphémères et de "sentir" les âmes : de deviner la nature, bonne ou mauvaise, de ceux qu'ils côtoient plus de quelques minutes.


   
AUTRES CARACTÉRISTIQUES :
Bon polymorphe, le dragon peut se débarrasser de son apparence véritable pour emprunter une forme humaine ou approchante, en la calquant sur celles qu’il a déjà vues. En revanche, changer une forme alternative acquise le fatigue énormément et reste complexe. Contrairement aux idées reçues, il sait nager : dans l'eau, son poids est annulé. Un fleuve ne sera pas un obstacle au sol pour Zëma'.
   
DESCRIPTION PHYSIQUE :

Dragon : Si certains le trouvèrent affreusement laid, sombre, gris, aux lignes brutes et agressives, d’autres, comme Illnya, lui trouvèrent du charme et une majesté indéniable. Du haut de ses vingt  mètres de cou de serpent, le dragon noir darde sur l’intrus un regard de lave en fusion, dont la pupille noire verticale, découpée en un losange caractéristique, s’étrécit pour n’être plus qu’un trait de pinceau plein de promesses obscures. On dit que seuls les êtres au courage exceptionnel se reflètent dans les yeux d’un dragon… Mais qui aurait envie d’aller vérifier …?

Sa forme première est celle d’un immense dragon noir, dont la cuirasse écailleuse aux reflets cendreux paraît parsemée de veines lumineuses aux reflets changeant. C’est sous cette forme qu’il fut créé, et celle qu’il prend lorsqu’il se sent agressé ou sous le coup d’une émotion incontrôlable.
De longues cornes d’ébène garnissent l’arrière de son crâne et couvrent ses jugulaires, formant une majestueuse couronne autour d'un front plat et droit tapissé de larges écailles. Sa tête triangulaire se dessine à la force d'une gigantesque mâchoire saillante, d'où émergent le temps d'un sourire féroce une myriade de longues dents parfaitement alignées. Deux narines obliques surmontées de pics pointus soulignent la pointe de son museau, aussi acéré qu'un bec de rapace.

Son corps massif laisse voir une fabuleuse mosaïque d'écailles parfaitement imbriquées les unes avec les autres, dessinant d'élégantes vagues sur toute la surface de son être. Une crête osseuse torturée surmonte son échine, de la nuque à la queue, elle-même terminée par une masse de pointes rigides. Chacun de ses quatre membre possède un ergot griffus à l'arrière, et se voit affublé de quatre doigts dont un pouce opposable pour les membres supérieurs, un index proéminent et recourbé pour les membres inférieurs. Ce doigt sert notamment à l'accrochage sur les parois verticales. Les membres en eux-mêmes sont épais à leur naissance et s'affine sur la longueur, au niveau de l'articulation avec les carpes. Les doigts possèdent tous trois phalanges.

Les ailes, dont l'envergure dépasse les 400 mètres une fois déployées, possèdent cinq "doigts", dont un sur l'articulation supérieure, chacun pourvus d'une griffe articulée à son extrémité. La membrane, bien que relativement fine, ne laisse pas passer la lumière visible, donnant une impression de chape sombre lorsque le dragon les déploie en l'air. Le cinquième doigt de l'aile peut servir d'appui au sol au même titre qu'une patte, mais en moins stable.

Humanoïde : Lorsque s’incarner incognito parmi les peuples mortels lui est nécessaire, Zëma’Khaal prend le plus souvent la forme d’un vieillard solitaire, aux longs cheveux gris effilochés, dont le seul indice de vivacité paraît dans les stries dorées d’un regard tirant légèrement sur une teinte feu. Vêtu comme un vagabond, on l’aperçoit parfois sur les routes, muni d’un bâton de marche. Cette forme est celle qu'il emprunte la plus volontiers pour une raison simple : personne ne prête jamais attention à un vieux clochard...

Plus rarement, on lui a déjà vu l'apparence d'un grand elfe aux cheveux d'ébène et aux yeux d'or. Froid et taciturne, il reste, même avec des traits terrestres, un être au charisme singulier. La beauté elfique donne à cette forme là quelque chose de particulièrement dérangeant, voire glaçant, et Zëma'Khaal ne l'utilise que pour entrer en contact avec des gens qu'il se doit de convaincre ou d'intimider.

Le dragon peut passer des années sous sa forme humanoïde. Cependant, sous le coup de la magie divine, d'un sentiment incontrôlable ou volontairement, cette forme peut se voir altérée et laisser transparaître sa véritable nature. Ainsi, sa peau peut virer au noir cendreux, ses yeux s'illuminer d'une couleur feu bien peu naturelle, ses pupilles redevenir reptiliennes. Ses doigts se parent alors de griffes et ses dents s'allongent et s'aiguisent. En bref, il devient à moitié dragon... Mais cette demi-forme ne peut pas être gardée aussi longtemps que les deux autres, pour cause : elle est instable. La physionomie de l'être peut évoluer plusieurs fois en quelques minutes. Au-delà de trois jours, Zëma'Khaal est contraint d'adopter de nouveau l'une ou l'autre de ses formes sous peine de s'épuiser.

   
DESCRIPTION PSYCHOLOGIQUE :
A l’origine, Zëma’Khaal n’avait rien d’un monstre sinon l’allure. Il était même totalement neutre de pensée, et le bien et le mal n’était pas des notions concrètes pour lui. Mais sa chute dans l’abysse et son bannissement du cercle des divins ont fait germer en lui de bien mauvaises graines. De même que son séjour au Tolvaär, pour lequel il n’a pas plus de considération.C’est un être qui peut être dans bien des domaines l’illustration du fameux adage : « Ne jugez pas un livre à sa couverture » . Il n’est pas la bête rustre et stupide que l’on serait tenté de mettre aux commandes d’un tel corps. Bien au contraire, c’est un être subtil et sournois, comme la majorité des siens, d’une intelligence extrême couplée à un ego surdimensionné. S’il sait faire preuve de sauvagerie et de violence, elle n’est jamais entièrement gratuite, le dragon préférant œuvrer dans l’ombre qu’en plein soleil.


C’est un être sombre, morose, rancunier, cynique et désabusé. Il s’avère souvent retords, manipulateur et cruel.
Mais il sait aussi être sage, avisé, protecteur, loyal envers celui ou celle qui gagne son respect. Ce qui est loin d’être évident ! Il possède une certaine forme d’humour, qui n’est pas du goût de tout le monde.
Il hait les divins du Silraen et de l’Ydrasil pour l’avoir banni.
Il hait les divins du Tolvaär pour lui avoir arraché le seul être qui n’ait jamais compté pour lui.
Il méprise les mortels, leur faiblesse et leur propension à vénérer des êtres qu’il considère fourbes et indignes.
Son ire est facile et implacable. S'il reste magnanime sous forme altérée, il n'en est pas de même sous sa forme véritable, où la diplomatie devient le cadet de ses soucis. Même déchu, il reste une entité de colère et de ressentiments.

   
SIGNE PARTICULIER :
Pour reconnaître Zëma’Khaal sous une forme alternative, il existe un détail, banal pour qui l’ignore, qui permet de le démasquer : la paupière de son œil droit est fendue selon la verticale, ne laissant qu’une fine ligne sombre parfaitement droite apparaître à la lumière. Quelle que soit sa forme, le dragon ne parvient pas à dissimuler cette blessure infligée par un divin.
   
   
À propos de vous

     
A propos de moi ? Hinhin. Très bien. Je suis une étudiante de 23 ans, ayant rp intensément autrefois, quand j'avais beaucoup de temps libre. J'ai du arrêter lorsque cela n'a plus été le cas. Mais j'ai repris (sans blague). Donc je suis partante pour de nouvelles aventures. Passionnée par énormément de choses à vrai dire, trop peut-être. Mais comme vous l'aurez deviné (ou pas), les dragons c'est mon dada, et ce depuis que je suis en âge de comprendre de quoi il retourne. Je suis curieuse de tout et toujours prête lorsqu'il s'agit d'apprendre ou de s'améliorer ! =p
Je pratique l'équitation depuis près de 18 ans, la fauconnerie, et tout un tas de truc qui se font à l'intérieur, du style peinture, écriture, etc... A noter que mon domaine d'étude sont les sciences et techniques, ingénierie générale : rien à voir avec le rp donc ! Je ne suis pas littéraire de base, ne m'en voulez pas.^^
   

   
Test RP

   



C’était un jour pluvieux.

Une averse faisait pleurer les toits de la petite bourgade en lisière de forêt, déversant sur les chemins boueux des flots saumâtres où les badauds s’embourbaient. Ils n’étaient pas nombreux, sur ces chemins, ce jour-là. Non. On aurait même pu croire que celui-ci était seul.
Capuche rabattue sur le visage, un homme de haute-taille et maigre comme un clou rouillé avançait sur la route. Chaque pas s’avérait plus difficile que le précédent. De ses bottes ne dépassait que le rebord de cuir faisant office de garde-boue.

L’endroit sentait le chien mouillé, l’alcool éventé et la graisse chaude. Dans la salle aux piliers de bois, on devinait dans la pénombre une foule disparate, dont le bruit de fond oscillait constamment. L'ombre détrempée franchit lentement le pas de porte, sans que cela n'attira l'attention, sinon celle d'une serveuse qui passait à cet instant. Ses yeux cernés ne rencontrèrent que le noir qui hantait l'intérieur du tissus qui pendait autour de ce que l'on espérait être une tête humaine. Toujours en silence, l'individu se dirigea vers le comptoir éclairé depuis le plafond par un lustre blafard. Un homme imposant et visiblement bien nourri y séchait manuellement toute une série de vieux verres ternes, tournant le dos à la salle.
L'encapuchonné s'accouda à l'étroit comptoir, posant ses deux mains longues et écharnées sur les nervures sèches du bois. Ce contact sembla l'intriguer un instant, avant qu'il ne retourne son attention vers le large dos du propriétaire -à n'en pas douter - qui ne l'avait pas remarqué.

Inspirant profondément, Zëma'Khaal toussa, ses yeux jaunes invisibles dardant un regard torve plein de morgue sur l'humain décadent.


L’aubergiste se retourna à la seconde suivante. Sous la capuche, une voix caverneuse demanda, sèche :

« Le gîte et le couvert, est-ce possible pour la nuit ?

-Si z’avez d’quoi payer, pour sûr, affirma l’homme tout en continuant d’astiquer le verre qu’il tenait à la main.

-Très bien. Une chambre et un repas. »

La politesse se résuma à un geste de la main. L’encapuchonné quitta le comptoir pour se diriger vers le fond de la salle, où il s’appropria une table et un banc accolé au mur. Il y attendit en silence, parfaitement immobile, que l'une des humaines préposées au service ne vienne lui porter une assiette fumante et un verre bien rempli. Seulement alors, la créature sembla reprendre vie, et se pencha sur ce qu'on lui avait donné. Aux tables adjacentes, peu s'était préoccupé de lui. Sauf peut-être un jeune trappeur seul, adossé à une vitre. Lui ne l'avait pas lâché du regard, comme si le simple fait de porter une cape à capuchon fut une raison de suspecter son porteur.
Peut-être était-il loin de se douter à quel point il avait raison.

Le dragon empoigna sèchement le couvert qui lui avait été fourni et commença à s'alimenter à la manière des Hommes, tentant de faire abstraction du goût infâme des aliments rances et mélangés de manière aléatoire. Stupides mortels. C'était affligeant. Son regard dévia de son assiette pour se poser sur les silhouettes trapues qui hantaient l'endroit.


Les commérages et les bruits divers couvraient la mastication bruyante de l'encapuchonné, qui n'avait toujours pas relevé le tissus de son visage. L'ombre portée ne donnait à voir qu'un trou béant ou disparaissait de temps à autre une bouchée au bout de la vieille cuillère. Contre toute attente, notre jeune trappeur délaissa son propre repas pour venir, sans se presser, à la rencontre de l'inconnu. En silence, sourire au lèvre, il s'approcha de la table en prenant soin de ne pas attirer les regards à lui. Puis il s'assit. Sa chaise faisait face au marcheur encore humide de son périple sous les trombes.

"Excusez-moi de vous déranger l'ami, dit aimablement le jeune homme, ses yeux d'un bleu azur cherchant à distinguer quelque chose derrière l'ombre, mais ne nous serions-nous pas déjà rencontré ? Votre silhouette me dit quelque chose."

Zëma'Khaal ne releva pas tout de suite le regard. Quelques secondes s'écoulèrent avant qu'il ne daigne seulement regarder l'autre en face. Un regard en contre plongé aussi morne et morbide que celui destiné à l'aubergiste. Mais le jeune n'en sut rien.

"Je ne suis pas votre... ami, lâcha le vieillard d'un ton monocorde."

Une nouvelle bouchée.

"Et votre présence m'importune."

La phrase s'était muée en un grondement grave et sourd qui fit tiquer l'homme. Tentant malgré tout de garder contenance, le trappeur fit un nouvel essai.

"Je suis vraiment navré... S'il-vous-plaît, c'est important, murmura-t-il, je m'en irais, je vous fiche la paix, juré, mais... J'ai besoin de savoir. C'était vous, sur la route, l'autre jour ? Vers Rougeval ?"

Nouveau silence. Nouvelle bouchée. Lente et lourde.

"Non."

Le ton ne laissa pas de doute quand à l'humeur de l'intéressé. S'inclinant légèrement, lèvres pincées, le jeune homme blond se releva sans faire de bruit et revint à sa place, sur le côté de la salle.

Le vieil homme finit son assiette et descendit le contenu de la choppe d'une traite. Aussitôt, il se leva, et laissant là le couvert, s'en fut par la porte du fond vers l'étage.

"Indiquez-moi ma chambre, dit-il d'un ton impérieux à l'une des serveuses."

Cette dernière, peu désireuse d s'attarder en si désagréable compagnie, désigna l'une des portes du fond à l'étranger et s'en retourna à ses tâches au rez-de-chaussée. La chambre était plutôt petite, pas bien confortable mais propre et exempte de parasites. Lorsque la porte se fut refermée sur lui et qu'il l'eut verrouillée, alors seulement, le dragon laissa retomber sa cape détrempée au sol.
Un long visage pâle et émacié fit son apparition entre deux cascades de cheveux gris emmêlés. Les yeux caves cernés de noir détaillèrent avec morgue l'environnement. Encore une journée interminable, et une nuit qui s'annonçait tout aussi ennuyeuse.

Elle hantait ses rêves. Encore, toujours. Comme si son esprit éternel ne pouvait s'en détacher. Jamais il ne trouverait le repos. Elle serait toujours là. Même au creux du néant.

Pourtant, au beau milieu de la nuit, un évènement allait bouleverser pour longtemps ce lieu d'habitude si calme.

"Tu es sûr que c'est là ? chuchota l'ombre,
-C'est l'patron qui l'a dit. Il peut pas s'tromper pardi."

Deux silhouettes noires se glissèrent jusqu'à la porte dans froissement de tissu léger. Le premier sortit un rossignol de sous sa tunique et le glissa avec aisance dans la serrure. Après une petite minute et quelques cliquetis, la porte céda. Doucement, les deux lascars pénétrèrent dans la chambre de l'auberge. Ils étaient habiles, légers et fort furtifs. Une lame de poignard brilla au creux de la main du second. Un échange de regard, et il s'apprêta à frapper.

Il les avait senti bien avant qu'ils n'entrent. Les dragons peuvent avoir le sommeil profond. Très profond. Ou alors léger. Très léger. Ses sens reptiliens lui avaient indiqué leur présence sans qu'il n'ait besoin de se retourner dans les draps. Ce qu'ils ignoraient, c'était que lui était bien éveillé, et surtout, absolument pas disposé à négocier. Ils avaient empiété sur son territoire. Là, maintenant. Ils allaient le regretter.

Une main blanche fusa de sous les draps et se referma comme un serpent sur le poignet de l'assassin. Ce dernier retint une exclamation de surprise. Son comparse réagit trop tard. Le vieux vagabond qu'ils étaient venu trucider dans son sommeil se révéla être d'une nature bien peu commode. Loin de lâcher le bras qu'il avait saisi, le dragon s'en servit pour se relever d'un bond. Il n'était d'un coup plus si faible... Ni même plus si miteux qu'on l'aurait cru. Sa peau s'était assombri. Et seuls deux yeux vipérins scintillaient dans le noir, provoquant une vague de panique parmi le maigre rang. On ne voyait pas ce genre de phénomène tout les jours, sur les chemins noueux du bord du bois...

"Un sorcier ! Un sorcier ! cria l'assassin, incapable de se défaire de la prise de sa rebelle de victime."

Un sourire ironique naquit sur les lèvres de Zëma'Khaal. Le deuxième larron, bien loin de porter assistance à son compagnon, détala sans demander son reste.

"Tu n'es pas si loin de la vérité, sale chien galeux, cracha-t-il alors que sa silhouette se déformait sous le coup de la colère."

Il tordit violemment le poignet qu'il tenait. L'assassin s'écroula à genoux dans un bref cri de douleur.

"Qui t'envoie ?"

La question était glaciale et ne souffrait pas un silence en guise de réponse. L'humain tremblait sous son masque, et le reptile pouvait sentir la peur à plein nez.

"Réponds. Vite, ou je te brûle vif, toi et ce trou à rats par la même occasion."

Une brève exclamation suivit sa menace.

"J'vous en prie, ch'uis qu'un pauv'type moi ! J'en sais rien, je me contente de recevoir les ordres... Je suis bien payé... C'est tout ce que je vois...
-Peu m'importe ! tempêta le noir, QUI ?
-Notre chef, c'est... c'est un... un homme dont personne ne connaît le véritable nom... Il se fait appeler. Certains pensent qu'il n'est pas d'ici... Vous savez, les rumeurs..."

Les pupilles du dragon s'amincirent jusqu'à n'être plus que deux traits noirs dans un lac de feu. Ses lèvres se retroussèrent en un rictus de pur courroux alors que sa transformation prenait une allure inquiétante.

"Vraiment ? susurra-t-il alors d'un ton doux et mielleux qui contrastait totalement avec ses premières paroles, il n'est pas d'ici ? Mais c'est intéressant, ça. D'où vient-il alors... ?"

Ses dents de carnivores se retrouvèrent à quelques centimètres du nez de l'homme. Il détacha chaque syllabe du mot avec une lenteur sadique.

"Du Tolvaär, peut-être ?"

Le mortel s'agita dans tous les sens, portant sa seconde main contre celle qui le maintenait captif. L'idée acheva d'embraser la colère si docile du dragon. Elle avait attendu si longtemps pour se manifester. Allons. Pour une fois qu'il avait une bonne raison de la laisser s'exprimer ! Ha !

"Tu diras à ton... "maître"... Que s'il veut me tuer... il n'a qu'à le faire lui-même. Sinon, c'est moi qui le trouverais..."

Il prit une courte inspiration. Hurla.

"ET JE LE BOUFFERAI !"


L'aubergiste était nerveux. Avait-il fait quelque chose de mal ? Certainement. Le type avait l'air louche, mais les deux autres... Ils n'étaient clairement pas des prêtres de Nodalie. Bah, après tout, ce n'était pas ses affaires. Ils devaient se connaître, tous ces traines-savates peu recommendables. Avant, ce n'était pas comme ça, aurait dit son père. Tout partait en tout sens, désormais, la chienlit. Et lui avait touché un petit bonus fort bienvenu pour ce mois maigre. Pour autant, il n'était pas en paix. Quelque chose d'inquiétant rongeait sa conscience et il ne parvenait pas à dormir.

Il n'y eut plus à se poser de question lorsque les murs de sa propriété volèrent littéralement en éclats. L'homme courut sous le souffle de l'explosion, la peau en sang d'avoir reçu une multitude de débris tranchants. Des flammes. L'auberge brûlait ! Un long cri s'échappa de sa gorge alors qu'il observait, médusé, d'énormes fuseaux orangés dévorer son œuvre. Quelques clients endormis s'étaient réveillés et tentaient d'échapper à l'incendie. Mais quelque chose d'encore plus choquant les tétanisa, laissant mourir dans l’œuf leurs espoirs de vouloir éteindre le feu. Une silhouette monstrueuse jaillit du toit de la bâtisse, le réduisant à néant. La chose, noire comme la nuit, grossissait à vue d’œil, et elle fit bientôt le double de taille que la maison dont elle était sortie.

Cette fois, Urgos Myorta, aubergiste de père en fils depuis plus de quatre cents longues années, laissa sur place tous ses biens, pour s'enfuir en hurlant vers la forêt. Il courait, courait comme jamais dans son existence. Même son surpoids ne parvenait pas à le dissuader de s'arrêter. Un bref regard en arrière lui fit enregistrer une gueule béante d'où surgissait l'enfer. Des ailes lui poussèrent et il détalla dans les fourrés, aveuglé par la peur, le feu aux trousses. Au sens propre.

Le dragon noir regarda avec une satisfaction macabre l'étendu des dégâts. Cela ne lui avait pas coûté grand-chose, mais le résultat était là. Les mortels avaient été punis pour leur arrogance et leur médiocrité. C'était fait. Quant à l'assassin, il avait été gobé sans plus de cérémonie. Son binôme se chargerait de transmettre l'avertissement à qui de droit !

Tout en prenant son envol dans le ciel nocturne qui le camouflait à loisir, le Ronge-Monde songeait qu'il lui faudrait être plus prudent à l'avenir. Brouiller mieux les pistes. Rougeval connaissait son existence, et ce n'était pas pour lui plaire, quoique son orgueil en tirait tout de même satisfaction...


   © _Viviie.


Dernière édition par Zëma'Khaal le Jeu 19 Mar - 11:59, édité 46 fois
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Shäara
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MessageSujet: Re: Zëma'Khaal   Ven 23 Jan - 18:39

Ola señorita et bienvenue parmi nous !

Le problème de la déchéance étant réglé, j'avoue être impatiente de découvrir ton histoire et plus précisément la source de cette chute divine ! A priori ça ne sera pas l’œuvre de papounet Sapho mais ne sait-on jamais xD

Sinon dans l'ensemble, ton écriture est fluide et très agréable à lire ^^.
Reste peut être la citation... Disons qu'ici "Dieu" et "Jean d’Ormesson" n'ont pas de réelle place, concrète, mais après tout il est normal de citer l'auteur d'un écrit ^^.

En attendant, bonne continuation pour ta fiche et n'hésites pas si tu as d'autres questions, promis nous ne te mordrons pas x) (puis bon mordre un Dragon quoi... xD)
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MessageSujet: Re: Zëma'Khaal   Ven 23 Jan - 19:21

Merci beaucoup Shäara !^^

Pour la citation, c'était uniquement en tant qu'introduction à l'histoire, et non pour une quelconque apologie de l'auteur ou de l’œuvre, que j'ai donné ces lignes ! C'est justement parce qu'elles sont hors contexte que je les ai placées en citation. Le fait est que l'on y parle de "Dieu" avec une majuscule, que j'ai préféré laissé tel quel plutôt que de modifier la formulation, qui me convient. Il s'agit juste d'une piste de réflexion que je voulais liée à l'histoire du perso.
Pour les questions, il est fort probable qu'il m'en vienne encore, et je saurais alors mordiller les mollets qui dépasseront pour obtenir réponse. Twisted Evil

Au plaisir !

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MessageSujet: Re: Zëma'Khaal   Ven 23 Jan - 19:29

S'il s'agit de mes mollets... Je t'enverrai Syv et Ellena pour t'apprendre à être un chentil petit Dragon ! xD
(bien que Syv soit une pacifiste dans l'âme et Ellena bien trop occupée pour jouer à ça... mais tout ceci, il ne faut pas le dire xD)

En tout cas, je suis impatiente de croiser ta route dans la partie rp ^^


Ps : J'aime beaucoup ta signature *-*
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MessageSujet: Re: Zëma'Khaal   Sam 24 Jan - 10:48

Dur, dur, Zëma haïra la première et la fera suer juste pour l'embêter, et risque fort de vouloir croquer dans la seconde. Non, en fait Shaära resterait la seule pour laquelle il aurait une once de respect (et d'envie pour ses mollets parfaits) ! =D

PS : merci, j'aime bien faire joujou avec toshop, c'est amusant. :p

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MessageSujet: Re: Zëma'Khaal   Sam 24 Jan - 13:45

Juste une petite précision: l'onglet "Naissance/Parents" est la façon dont est né ton dragon, ou bien son/sa/ses géniteur/trice(s).

Pour le reste, j'ai hâte de lire ton Test RP ^-^

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Meruwan
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MessageSujet: Re: Zëma'Khaal   Sam 24 Jan - 18:15

OH UN AUTRE DRAGON *w*
ONVAPOUVOIRFAIREDESBEBES.
*meurt*

Bienvenue à toi ! et bon courage pour la suite de ta fiche !
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Nékèpech
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MessageSujet: Re: Zëma'Khaal   Dim 8 Fév - 12:47

Salut Zëma! Ca avance? :3

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Zëma'Khaal
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MessageSujet: Re: Zëma'Khaal   Mar 10 Fév - 11:37

Oui, j'ai pris du retard, mais j'ai bien peur de ne pas pouvoir poster la fin avant le week-end. x)
Il me reste un paragraphe d'histoire et le test rp.

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Tumulghor
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MessageSujet: Re: Zëma'Khaal   Mar 10 Fév - 16:59

Dire qu'à la base je suis spécialisé dans le rp draconique... xP

Ce n'est pas bien grave, c'est surtout de savoir que tu planches toujours sur la fiche qui est important, les délais sont plutôt négligeables le cas présent. =)
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Shäara
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MessageSujet: Re: Zëma'Khaal   Sam 28 Fév - 19:10

Je me languis de toiiiiiiiiii... ♪ (dis ainsi, superbe xD)

Disons que je suis impatiente de voir ton perso en activité dans la partie rp *w* !
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Zëma'Khaal
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MessageSujet: Re: Zëma'Khaal   Dim 1 Mar - 16:45

Merci Shä, c'est réciproque, je suis encore désolée du retard que cela prend, mais j'ai quelques menus problèmes de santé IRL qui me pourrissent la vie, et je ne peux donc malheureusement pas avancer comme je le souhaite en rp ! :/
Je finirais donc cette fiche petit bout par petit bout. Pour l'instant, je ne peux rien vous promettre quant à la date !

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Shäara
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MessageSujet: Re: Zëma'Khaal   Dim 1 Mar - 18:09

Oh non tit Dragounet ! J'espère que ta santé va vite s'améliorer !
Et ne t'inquiète pas pour la date, prends ton temps et surtout reviens nous en forme !
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Hiergon
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MessageSujet: Re: Zëma'Khaal   Sam 7 Mar - 16:05

Ola ! 

J'ai pas mal de retard quant à la consultation de ta fiche mais j'ai été un peu occupé désolé !

Le personnage est intéressant, chouette un dragon Very Happy   bref, tout est bon.

Mais la il faut quand même souligner le fait que l'histoire est un véritable BIJOU ! Tant au niveau de l'écriture que du scénario c'est absolument splendide ! On est complètement aspiré par le texte, impossible de décrocher avant la fin. C'est passionnant c'est beau, c'est parfait. Vraiment, chapeau melon l'artiste ! 
Tu peux être sur que le Tolväar va vouloir te recruter  Twisted Evil

J’espère que tes problèmes de santé s'arrangeront vite, et je te souhaite bon courage pour la suite de ta fiche. Mais elle est déjà bien remplie donc je me fais pas de soucis pour ça ^^

N'hésite pas si tu as des questions !
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Zëma'Khaal
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MessageSujet: Re: Zëma'Khaal   Mar 17 Mar - 20:39

Merci pour ton commentaire Hiergon, contente que mon histoire t'ai plu, j'ai pris plaisir à l'écrire. <(Même si je ne pense vraiment pas mériter tant d'éloge de ta part ! .o.''') J'espère te croiser en rp toi aussi.^^

Bon, eh bien mes amis, c'est officiel, je pense avoir fini ma fiche, après plusieurs semaines de morcelage ! xD
Allez-y, massacrez-moi, disséquez tant que vous le voudrez, je me livre à vos scalpels pour l'examen final et suis toute ouïe pour les corrections/améliorations que vous me proposerez !

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Hiergon
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MessageSujet: Re: Zëma'Khaal   Mer 18 Mar - 21:58

Yop !

Si si si les éloges étaient amplement méritées je t'assure, et mon enthousiasme ne baisse pas avec ton test rp, bien au contraire je le trouve très bien, plus que très bien même !

La fiche est très complète, le personnage est parfait, je ne vois pas de fautes d’orthographes particulières, donc pour moi tout est bon.

J'attend demain pour te valider si les autres Admin ont quelque chose à dire mais je ne pense pas !
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MessageSujet: Re: Zëma'Khaal   Mer 18 Mar - 23:40

La première chose que j'ai envie de dire, c'est que je suis extrêmement content de voir une si belle plume sur notre bon forum de Vanalheim. Et ceci n'est point vulgaire flatterie! J'ai pris plaisir à te lire.
Le personnage est fort bien construit. Peut être ai-je l'air d'aimer les grandes bestioles aux idées noires (il n'y a qu'à voir Nek pour ça), mais le concept de Zëma m'a plu. Je ne te cacherai pas que le fait que ce soit un dragon m'enchante beaucoup. Je pense que Meruwan commençait à se sentir un peu seul sous cette forme.

Mon légendaire flair m'indique que tu as bien lu le contexte, étant donné que tu le maîtrises parfaitement. Franchement, j'ai rien à redire à ce sujet là.

En revanche, juste une question avant que je ne te valide: Est-ce normal que Illnya change de nom à un moment donné? Illyna et Illénya par après... Peut être juste des fautes de frappe, ou bien a-t-elle plusieurs dénominations que lui donnerait Zëma?

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Zëma'Khaal
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MessageSujet: Re: Zëma'Khaal   Jeu 19 Mar - 11:48

Eh bien merci à vous d'avoir pris le temps de vous taper mon pavé. J'espère que mes rps seront à la hauteur de vos attentes.^^'

Nékèpech : non, il s'agit bien d'une bête faute de frappe. J'ai beau me relire, il en reste toujours quelques unes. Les irrésistibles gaulois. x)

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Nékèpech
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MessageSujet: Re: Zëma'Khaal   Jeu 19 Mar - 13:57

Si ce n'est que ça, alors je ne vais plus m'attarder sur la question. C'est avec une joie non dissimulée que je peux te valider! (En plus, je vais pouvoir utiliser mon nouveau tampon fait par Sha!)



Tu peux désormais créer ton journal de bord, et bien sûr, faire des demandes de RP dans l'onglet Hors-Jeu! Bonne route à toi!

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Zëma'Khaal
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MessageSujet: Re: Zëma'Khaal   Jeu 19 Mar - 15:48

Merci beaucoup !  =^.^=
Et bravo à Shäara au passage, très belle image (mouth of sauron spotted !)

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Dernière édition par Zëma'Khaal le Jeu 19 Mar - 20:06, édité 1 fois
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Kaïla Irkièl
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MessageSujet: Re: Zëma'Khaal   Jeu 19 Mar - 18:57

Bienvenue avec du retard mais personne n'a rien vu ! Effectivement, tu as une plume très agréable ! (Mais Nék et Hiergon, vous devriez savoir que tous les rpgistes de ce forum sont dans ce cas :p)
Je te souhaite une bonne continuation in rp !

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Zëma'Khaal

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