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 Une chasse qui tourne mal... pour qui ? (pv Vheïrom)

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Faïra Le Phénix
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MessageSujet: Une chasse qui tourne mal... pour qui ? (pv Vheïrom)   Dim 13 Avr - 21:52

La forêt resplendissait de la douce lueur orangée du couché de soleil. Le ciel, invisible, parvenait malgré tout à faire tomber quelques rayons d’or qui descendaient le long des troncs des arbres, dont certains devaient bien être plus vieux que l’oiseau qui les survolait. Les odeurs de vieux bois et de légère humidité s’étendaient dans l’atmosphère, rendant cette dernière un peu lourde à la respiration. Personne de sensé ne pouvait s’engager dans les hauts-bois sans ressentir un immense respect pour l’environnement qui l’entourait. Du respect et peut-être un peu de peur, en réalité. Cet environnement se révélait rapidement oppressant sous les millénaires des lieux, l’énergie dégagée par la nature y était à la fois envoûtante et épuisante.

Faïra volait à sa vitesse de croisière, ses ailes de feu frôlant les troncs telle une caresse sans danger. Elle avait passé plusieurs centaines d’années à se cacher dans cette forêt, elle la connaissait et elle l’aimait, d’une certaine façon. Mais elle préférait malgré tout le confort de son petit chalet à Sylveride. Dormir dans les bois ou dans les grottes n’était pas des plus agréables, même pour une personne habituée à ce lieu.

Aujourd’hui, Faïra s’était vue confiée une mission des plus simples. Un message à transmettre à un des chefs de village de Silraen. Rien de bien important, juste une série de formalités. Elle devait cependant s’y rendre en personne. On ne pouvait pas traiter un chef de village comme un vulgaire vagabond et l’utilisation de ses fées messagères aurait pu être prise comme une insulte. Même si l’idée de rester chez elle à paresser sur des coussins en envoyant juste ces petites invocations de feu ne lui aurait pas déplu. Bon, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, elle devait reconnaître que la promenade ne lui déplaisait pas non plus et elle en profitait pour saluer ses vieux amis de toujours.

Elle aurait continué son vol vers le petit village si un mouvement n’avait pas attiré son attention. Se posant sur une branche, ses sens en alerte, Faïra attendit dans l’espoir de revoir le mouvement. Dans les sous-bois, quelque chose se déplaçait… et se déplaçait vite. Il était difficile de savoir ce qu’il en était mais elle ne pouvait pas permettre de laisser un chasseur maladroit lui décocher une flèche mortelle. Enfin mortelle… tout dépendait de la manière de voir les choses. Faïra resta immobile un instant de trop et la première flèche vola. Des chasseurs… Bien que son statut de phénix ne soit plus un mystère, les mortels n’avaient pas vraiment renoncés à la chasser pour le trophée qu’elle représentait. Apparemment, elle était la seule de son espèce pour le moment et de nombreux imbéciles voulaient la décortiquer pour savoir le goût qu’elle avait… et elle ne parlait pas d’une nuit d’amour, mais bien d’être rôtie à la broche. Les chefs de village avaient interdit de la chasser, mais les mortels n’obéissent pas toujours aux ordres et le goût du défi n’en devenait que plus grand. Quels idiots…

Faïra prit son envol et tenta de repérer les chasseurs. Reprendre forme humaine serait peut-être sa meilleure chance, à moins de griller les importuns. Encore fallait-il les voir… Elle avait de nombreux dons, mais pas la vue des aigles. C’était bien malheureux… Une nouvelle flèche vola, suivie d’une autre. Ils étaient plusieurs, au moins trois ou quatre. Peut-être même cinq. Ce fut la flèche suivante qui l’atteignit dans l’aile droite. Faïra poussa un piaillement de douleur avant de tomber du ciel, heurtant le sol avec douleur.

- Je l’ai eu ! hurla un homme d’âge mûr. C’est moi qui l’ai eu !
- Non, c’est ma flèche !

Tandis que deux des chasseurs se disputaient le trophée, un troisième s’approcha de Faïra qui gémissait de douleur. Elle en avait vu de toutes sortes dans sa vie, mais il y avait des jours où elle haïssait les mortels. Comment aurait-on pu lui en vouloir ?

- Ne t’en fais pas, le piaf, s’esclaffa l’autre chasseur. On ne va pas te tuer, puisqu’on t’a pris vivant. Ce serait dommage ! Peut-être que des ailes ont des propriétés magiques ? Ou tes larmes ? On va t’étudier un peu…
- Moi je veux la rôtir ! balança un quatrième homme.

Ils étaient donc quatre au total… Faïra refoula la douleur et le dernier homme à avoir parlé prit feu instantanément. Un tout petit feu de rien du tout, mais les mortels détestaient ça et leur peau n’y résistait pas… Qui allait rôtir qui, maintenant ? Le troisième homme s’avança vers elle avant qu’elle n’ait eu le temps de savourer cette maigre victoire et lui assena un coup de pied dans la tête. Sa petite tête aurait pu exploser sous l’impact, mais elle ne ressentit pas la douleur de la mort, uniquement les ténèbres.

Faïra reprit conscience dans une cage de métal à sa taille. Cette dernière était posée à terre, près d’un feu de camp où les trois hommes survivants discutaient et mangeaient une pauvre biche qui n’avait pas eu la même chance qu’elle. Enfin, avait-elle de la chance ? Faïra pouvait peut-être utiliser le feu purificateur pour s’échapper, mais il n’était pas sans conséquence et raser la forêt ne lui permettrait pas d’entrer dans le conseil des anciens…

Qu’allait-elle faire, à présent ?

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Vheïrom
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MessageSujet: Re: Une chasse qui tourne mal... pour qui ? (pv Vheïrom)   Lun 14 Avr - 5:39

Rôder en solitaire ne faisait pas partie des activités habituelles d’un Fugoll. Traîner seul pour ces bêtes était d’ailleurs synonyme d’exclusion car c’est dans le nombre qu’elles trouvaient leur force. Cependant, Vheïrom était futé et faire électron libre ne l’avait jamais rebuté. Ainsi, il errait dans les Hauts Bois alors que le crépuscule étendait son voile langoureux de couleurs chatoyantes sur Silraen. Loin du nid qu’il était, mais il ne s’en souciait guère. Le couvert de la nuit était sécurisant pour la créature nocturne qu’il était et la forêt dense lui rappelait les Bosquets où il avait grandit. Cependant, la ressemblance s’arrêtait là. Alors que ces bois regorgeaient de plantes tendres, de fleurs délicates et d’une faune ravissante, ceux du Tolväar donnaient l’impression d’oppresser la vie plutôt que de favoriser son éclosion.

Vheïrom progressait lentement, prenant le temps de s’orienter dans ce qui lui était encore inconnu. Du lichen serpentait dans les crevasses d’écorce d’arbres plusieurs fois centenaires, une odeur d’humus riche émanait de la terre noire et une quantité de bruits inconnus venaient faire remuer ses oreilles dressées. Qui avait-il de bon à se mettre sous la dent par ici ? Un vent doux porta au visage du Fugoll la senteur familière d’humains. Le Vil s’arrêta contre une souche et huma l’air. Plus qu’un individu, mais moins que dix. Vheïrom arpenta donc le périmètre en faisant bien attention de toujours garder une certaine distance avec le petit groupe. L’idée de tomber nez à nez avec des hommes ne lui disait rien, pas maintenant. Mais une fois la nuit complètement tombé et s’il n’avait rien trouvé à se mettre sous la dent jusqu’à là… pourquoi pas.

Après avoir tourné plus d’une demi-heure dans le périmètre, Vheïrom comprit que le groupe s’était immobilisé. Sous le couvert opaque des arbres, il faisait un noir d’encre. Le Fugoll pista l’odeur des humains jusqu’à discerner, brillant faiblement dans l’obscurité, un feu de camp, puis le fumet écœurant de la chair grillée. Brûler du gibier, non mais quelle idée, quel gâchis! Il s’approcha dans le plus grand des silences, dégoûté à la pensée qu’on puisse aimer manger de la viande cuite. C’est crue qu’elle était à son meilleure, lorsque les fibres étaient encore bien tendres et juteuses des liquides corporels.

Le fureteur se tapit tout près du campement de fortune mais ce ne fut pas les trois chasseurs au repos qui attirèrent son attention, mais plutôt l’étrange bête encagée à leurs pieds. Vheïrom n’avait jamais vu tel animal et c’est passablement hypnotisé par sa singularité qu’il l’observa durant de longues minutes. Des flammes dansaient paresseusement sur les ailes du grand oiseau, sans les brûler cependant. Étrange sortilège que cette condition insoupçonnée. Comment trois hommes avaient pu capturer une bête en apparence si féroce ? Peut-être était-elle domestiquée. Alors que le Fugoll cogitait sur la nature du rapace, l’un des chasseurs s’était levé et s’étirait bruyamment.

- Faut que j’aille pisser ! lança-t-il en s’éloignant du feu

Il venait vers lui. Les muscles de Vheïrom se raidirent sous l’appréhension. Il était plutôt loin du campement, mais l’homme semblait vouloir prendre sa pisse loin de la chaleur du bivouac. Le Vil se pressa contre le tronc d’arbre, puis ne bougea plus de poil alors que l’insouciant venait tirer sa verge à l’endroit exact où il se terrait. Cet humain était d’une négligence ridicule et ses yeux, inaccoutumé à la noirceur, ne voyaient pas la silhouette du Fugoll se dressant à moins d’un mètre de lui. Vheïrom ne sentait cependant pas très bon, et le chasseur retroussa le nez en grimaçant.

- Merde, il y a un animal crevé pas loin ça emp-...

Le Vil sortit sa main griffue de l’ombre et agrippa l’homme à la gorge pour y enfoncer ses crocs avant qu’il n’ait pu pousser le moindre cri. La jugulaire tiède roula dans sa bouche et éclata sur sa langue comme une petite pêche mûre. Aussitôt, le goût âpre et métallique du sang embauma ses papilles. Le Fugoll laissa tomber la carcasse au sol, pupilles dilatées et dents alignées en un rictus mauvais. Quel bon apéritif inattendu. Une longue minute passa avant que le deuxième chasseur redresse la tête, soucieux.

- Elle est longue ta pisse, l’ami ! beugla-t-il en se tournant vers les arbres

Pas de réponse. Qu’un Fugoll souriant dissimulé dans le noir.

- Mais qu’est-ce qu’il fiche celui-là, grogna-t-il finalement en se levant à son tour
- Laisse-le, il est parti se faire une branlette, s’impatienta l’autre en mordant dans un morceau de cerf

Ignorant la boutade de son compagnon, le chasseur attrapa son arc et son carquois et s’aventura sur le même chemin que le précédant condamné. Prudent, celui-là, mais tout aussi vulnérable. Tout aussi aveugle, dans l’obscurité. Vheïrom ramassa une petite roche et attendit que l’homme soit assez près pour la lancer par-dessus son épaule. Une ruse vieille comme le monde, mais qui avait fait ses preuves. L’humain, nerveux, se retourna brusquement en direction du bruit et le Fugoll en profita pour se glisser derrière lui. Il lui brisa la nuque d’un geste sec. Le Vil enjamba lentement la deuxième dépouille et s’accroupit tout près du feu, tout près du bel oiseau qu’il prit encore temps d’observer en silence. Pouvait-il le voir ? Les rapaces avaient une meilleure vision que ces incapables d’humains. Le fureteur posa la pâte sur une brindille sèche, faisant tressaillir le dernier chasseur qui pivota vers lui sans le voir. La clarté du feu de camp l’aveuglait momentanément.

- C’est toi?

Pas de réponse, encore. Vheïrom s’amusait comme un petit fou. L’homme se redressa brusquement, recula un peu, les sourcils froncés. Le Fugoll sentait la peur le gagner.

- Qui va là ! Montre-toi, saloperie !

Sans se faire prier d’avantage, Vheïrom se redressa et s’avança à la lueur des flammes. Du haut de ses deux mètres, il surplombait de façon presqu’insultante le chasseur dont les orbites venaient de s’agrandirent d’effroi. On aurait dit qu’il venait de voir la mort elle-même se dévoiler devant lui, ce qui n’était, tout compte fait, pas bien loin de la réalité. Le Fugoll se fendit le visage d’un rictus des plus horribles en voyant le teint du dernier homme devenir aussi livide que celui d’un cadavre.

- Quel joli oiseau, articula lentement Vheïrom de sa voix creuse en désignant la cage

Cloué sur place, le chasseur ne réagit pas. Questions de secondes avant qu’il ne craque ? Désintéressé de lui, le Fugoll fixait de nouveau le volatile flamboyant avec curiosité.
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Faïra Le Phénix
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MessageSujet: Re: Une chasse qui tourne mal... pour qui ? (pv Vheïrom)   Lun 14 Avr - 21:25

La situation sentait le roussi… sans mauvais jeux de mots. Faïra pouvait les tuer à sa guise, mais elle ne pouvait pas se permettre de brûler la forêt pour trois imbéciles de chasseurs sans scrupule. De même, le feu purificateur aurait pu faire fondre le métal qui entourait sa cage. Elle réfléchissait cependant à une meilleure solution. Il faudrait bien que ces individus ouvrent la cage, à un moment ou à un autre… Reprendre forme humaine les impressionnerait peut-être ? Ils étaient très peu nombreux à savoir que le phénix pouvait se transformer, ce petit atout pouvait lui rendre service. Elle pouvait aussi envoyer une fée messagère demander de l’aide. Combien de temps le conseil des anciens de Sylveride mettrait-il à réagir ? Sans doute trop longtemps. Elle n’avait aucun ami à qui demander de l’aide. Cette pensée l’attrista légèrement. A trop vouloir éviter les autres, elle se retrouvait à présent seule dans les ennuis.

Faïra ne possédait pas une excellente vue, en revanche une curieuse odeur commençait à assaillir son odorat délicat. Une odeur qui lui était à la fois étrange et familière. Une créature rôdait non loin du campement, elle aurait pu en mettre une aile à couper. De quel genre de créature pouvait-il s’agir ? Animal intelligent ou non ? Prédateur ou simple curieux ? L’aiderait-il ? L’ignorerait-il ? La mangeait-il ? Faïra ne s’était jamais posée la question : renaitrait-elle de ses cendres si quelqu’un la digérait ? Elle n’était pas pressée de découvrir la réponse ! Les chasseurs, ridicules, n’avaient rien remarqué. Pire encore, l’un d’eux s’éloigna du campement dans le but d’assouvir un besoin naturel. Stupides créatures que ces mortels… Dans les hauts-bois, n’importe quel animal devenait dangereux à la nuit tombée. Cela allait peut-être arranger ses affaires. En tout cas, elle ne verserait pas de larmes pour cet homme, bien au contraire.

La suite devenait presque prévisible. Faïra en traçait le scénario en pensées avant que les évènements ne se déroulent : le premier homme ne reviendrait pas, tué par un chasseur plus intelligent que lui. Un deuxième, inquiet, irait chercher le premier et subirait le même sort. Il ne resterait alors que le troisième. Faïra n’était pas une chasseresse, mais elle connaissait les méthodes que les vrais chasseurs utilisaient sur les créatures les plus stupides, notamment en raison des nombreuses chasses que les mortels avaient tentés sur sa personne. Combien de créatures se cachaient dans l’ombre ? Sans doute peu, sans quoi elles auraient attaqué en masse et sans stratégie. Ou alors, ces créatures avaient peur du feu. Ce que Faïra apprécierait probablement si ces geôliers venaient à mourir.

Comme si elle lisait un de ces livres qu’elle aimait tant, elle entendit l’homme en forêt émettre un son, un début de phrase, qui jamais de trouva de fin. Et d’un… A peine quelques minutes plus tard, son ami partit à la recherche de son ami. Cette fois-ci, aucun son ne quitta les lèvres du malheureux gibier. Très efficace, ce chasseur de l’ombre… Il ne restait plus que le dernier chasseur. Ce fut à ce moment que le chasseur de l’ombre quitta les sous-bois. Au début, Faïra ne vit qu’une ombre s’avancer avec une agilité effrayante vers le campement. Puis elle reconnut la forme d’un fugoll, dont les yeux jaunes luisants se posèrent sur elle. C’était très mauvais signe pour elle…

Elle avait en effet un certain passé avec les fugolls. Oublierait-elle jamais cette fois où elle avait utilisé le feu purificateur pour nettoyer un village infesté par ces créatures cauchemardesques ? Si elle ne risquait pas de mourir, elle pouvait néanmoins endurer milles tourments. Et cette créature semblait particulièrement intéressée par elle. Un peu trop à son goût…

Comment décrire un fugoll en peu de mots ? Vulgairement, Faïra aurait résumé ainsi : un truc moche qui pue. Il ressemblait à une peinture d’art abstraite dont la moitié des éléments auraient été oubliés, à un squelette animé avec un restant de peau putréfiée. En tout cas, l’odeur suivait bien la dernière définition.

Le craquement d’une brindille attira l’attention du dernier chasseur, qui n’avait rien remarqué. Etait-il nul à ce point pour ne rien voir de ce qui se trouvait sous son nez ? Lorsque le fugoll se présenta dans la lumière, Faïra put percevoir le visage de son ravisseur se décomposer. La voix caverneuse résonna et ses paroles n’étaient pas pour rassurer le phénix prisonnier. Le fugoll, se désintéressant du chasseur, se tourna vers Faïra. Cette dernière, méfiante quant aux intentions de la créature, aperçut le mortel tourner de l’œil et perdre connaissance comme une fillette. Et il se prétendait chasseur ? Pire encore, elle s’était fait capturer par ça ? Quelle honte !

Faïra se demandait quelle stratégie pouvait lui permettre de sortir de cette cage sans trop de dégâts. L’attaque ? La politesse ? Après tout, mieux valait commencer par la politesse et voir ce qu’il en résulterait. Parler sous la forme animale n’était pas des plus aisés mais elle ne pouvait pas se transformer dans cette petite cage.

- Bonjour jeune chasseur de l’ombre, salua Faïra, dans un battement d’ailes flamboyant. Auriez-vous l’extrême obligeance d’ouvrir cette horrible cage ? Je me verrai redevable d’un service envers vous si vous acceptiez d’accéder à ma requête. Puis-je compter sur votre aide ?

Faïra observait la créature, inquiète quant à la suite des évènements. Elle semblait lire une sorte de fascination dans son regard jaune globuleux. L’odeur lui soulevait l’estomac, mais elle n’en montrait rien. Un mouvement attira son attention lorsque le mortel se redressa, prêt à tirer. S’il y avait possibilité de discuter avec le furgoll, il n’y avait rien à espérer du mortel. Son choix était vite fait. D’un cri aigu, elle avertit le chasseur de l’ombre du réveil du ravisseur, alors que ce dernier se saisissait de la première arme qui lui tombait sous la main, un long couteau de chasse. Du corps à corps ? Aucune chance pour le malheureux !

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Vheïrom
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MessageSujet: Re: Une chasse qui tourne mal... pour qui ? (pv Vheïrom)   Mar 15 Avr - 2:10

Le feu de camp crépitait doucement alors que les flammes pourléchant le corps du bel oiseau ne chuchotaient pas un seul bruit. Lorsque le corps du chasseur tomba comme une masse dans les pommes, le fugoll n’eut même pas la présence d’esprit de ciller. Trois sur trois, tactiques variées mais techniques peu étoffées, qu’importe, le résultat final était celui qui comptait. Soit de ne plus être entravé par cette bande de sots et potentiellement pouvoir en prendre quelques bouchées.

- Bonjour jeune chasseur de l’ombre.

Vheïrom, agréablement surpris d’entendre la créature croasser des paroles intelligibles, eut un léger mouvement de tête en sa direction afin de mieux y braquer son regard curieux. Son attitude inquisitrice ne devait pas être des plus rassurantes étant donné son aspect peu flatteur mais le fugoll n’avait pas toujours conscience de ce qu’il dégageait et de la terreur qu’il inspirait. En temps voulu, par contre, il tirait son physique grossier à son avantage.

- Auriez-vous l’extrême obligeance d’ouvrir cette horrible cage ? Je me verrai redevable d’un service envers vous si vous acceptiez d’accéder à ma requête. Puis-je compter sur votre aide ?

Vheïrom cligna des paupières, pencha la tête sur le côté, analysant, contemplant. Le captif semblait craintif, mais le Vil devait lui concéder son verve soutenu malgré sa fâcheuse position. Son oreille droite se dressa soudain, indépendante de son mouvement. Elle avait perçu un son mais avant que l’information ne s’achemine au cerveau du fugoll, le piaillement strident de l’oiseau le fit bondir sur le côté. Ses longs muscles noueux se bandèrent sous la sensation de panique. La lame du couteau dont le revenant venait de se saisir brillait de façon arrogante en captant la lumière du feu de camp. Un grognement guttural franchit la gueule de Vheïrom. Le petit somme forcé du chasseur semblait lui avoir remis le courage à la bonne place. Il fit passer la dague d’une main à l’autre, hargneux.

- Viens voir ici, sale bête.

Le fureteur lança un bref coup d’œil à l’oiseau et disparut de nouveau dans les bois sombres en poussant un ricanement bref. Le chasseur beugla quelques injures, des menaces puis, voyant que sa proie ne reparaissait pas, un chapelet de jurons.

- L’impoli, résonna narquoisement la voix du fugoll dans le noir

Impossible de deviner son emplacement exact, il tournait autour du campement, agile et silencieux. Dans le cercle improvisé de pierres, le feu faiblissait. Vheïrom était patient. Il laisserait l’homme perdre son sang froid, prendre peur ou céder à l’impulsivité qui lui ferait poser un geste fatal. Idiot, mais pas trop, le chasseur restait dans le halo de lumière qui lui prodiguait le feu mourant et l’oiseau, la garde levée. Le temps passa, interminable, insoutenable, et le bras du chasseur se mit à trembler légèrement.

- VIENS, VIENS TE BATTRE, LÂCHE !

Silence. La forêt toute entière semblait retenir son souffle. En tendant bien l’oreille, on pouvait presqu’entendre le cœur du terrifié tambouriner à un rythme effréné. Mais où était passé notre fugoll ? Un roulement dans les feuilles brisa brusquement le calme trompeur et une masse molle vint buter contre la botte du chasseur. Quand l’homme réalisa de quoi il s’agissait, il sauta vers l’arrière en poussant un cri d’épouvante. Les yeux inertes de son ami le fixaient, encastrés dans sa tête coupée que Vheïrom avait pris soin de détacher du reste de son cadavre. La bête savait d’expérience que lorsque le courage d’un homme tombait, il était aussi vulnérable qu’un vers et bien que la peur soit un bon moteur de survie, la terreur, elle, la grande, celle qui tétanisait, celle qui labourait les tripes, nuisait plutôt qu’elle n’aidait. Toujours dissimulé, le fugoll dit tout bas :

- On va jouer à un jeu, chasseur... À trois, je t’enverrai un autre morceau de viande. Et tant que tu ne seras pas loin d'ici, on recommencera la partie jusqu'à ce que tes frères soient complètement démembrés.

Vheïrom, frémissant d’une excitation perverse, laissa couler un temps avant de commencer son conte à rebours. Le Vil n’était pas un tortionnaire, faire souffrir ne l’émoustillait pas plus qu’il ne faut mais avoir le dessus sur une situation le stimulait assurément. Il se débarrasserait de ce dernier casse-pieds dans les règles de l’art.

- Un…

Il n’eut pas besoin d’en dire d’avantage. L’homme prit ses jambes à son cou et disparut à son tour dans les ténèbres de Hauts Bois, aussi aveugle dans la nuit qu’un fugoll aveugle le jour. Il n’irait pas bien loin jusqu’au petit matin mais Vheïrom avait d’autres préoccupations que de pourchasser un pauvre humain terrorisé. Il s’avança dans le campement, attrapa la tête délaissée et, le tenant par les cheveux, l’approcha de la cage.

- Ne craint rien.

Cette intervention indélicate se voulait rassurante mais montrer le fruit d’une décapitation n’avait absolument rien de rassurant. Le fugoll était intelligent, certes, mais sa façon de penser différait parfois de celle des autres, ainsi, il y avait quelques… méprises sur ses bonnes intentions. Sur ses mauvaises aussi, cela dit. Puis, indifférent, il se débarrassa de la tête en le jetant par-dessus son épaule étroite. Les corps déchiquetés faisaient parti de son quotidien, il n’allait pas en faire un état d’âme. S’accroupissant près du prisonnier, il reprit tranquillement ses observations.

- Pourquoi es-tu enfermé ?

C’était la moindre des choses que de savoir pourquoi un captif était captif avant de penser le libérer. D'ailleurs, il valait mieux pour ce magnifique oiseau que le troisième chasseur ne se soit pas enfuit avec la clef sur lui...
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Faïra Le Phénix
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MessageSujet: Re: Une chasse qui tourne mal... pour qui ? (pv Vheïrom)   Jeu 17 Avr - 20:20

La créature était étrange et parfaitement répugnante. Il semblait très limité intellectuellement, mais ses capacités de chasseur encourageaient Faïra à ne pas trop le sous-estimer. De plus, mieux valait ne pas lui donner le moindre prétexte pour la garder en cage, pour la manger ou pire encore, pour l’emmener comme trophée. Les réactions du fugoll étaient proches de celles d’un animal. Lorsque le fugoll réalisa que le mortel était réveillé, il fit un bond de côté et grogna comme une bête féroce. Faïra observait la scène avec curiosité et une certaine impartialité. Elle n’aurait jamais cru espérer voir un fugoll gagner contre un humain. Cependant, dans le contexte actuel, le fugoll n’attendait rien d’elle et il n’avait pas besoin d’elle non plus. Et, d’un certain côté, elle était ravie d’assister à la mise à mort de ceux qui lui avaient fait du mal. Son aile douloureuse ne se soignerait pas de si tôt et elle ne pourrait pas voler avant au moins une semaine. Quelle poisse !

Le mortel semblait tenter de retrouver un peu de courage en vociférant des paroles clichées à tendance viriles. Une pure perte de temps… Faïra croyait presque voir un petit roquet aboyer après un pitbull. Pitoyable… Le fugoll disparut dans l’ombre, à nouveau en chasse. Un ricanement lui laissa à penser que la créature s’amusait comme un fou avec ces chasseurs. Dominer la situation à ce point aurait pu l’ennuyer, mais tuer lui plaisait sans doute. Faïra devait se méfier des réactions de son sauveur présumé. Le mortel jurait, le fugoll se moquait. Le mortel tremblait de peur, et à raison. Faïra aurait tremblé pour lui si elle l’avait considéré comme un ami. Ce qui heureusement était loin d’être le cas.

Un lourd silence fut suivi par un roulement de feuilles lorsque la tête d’un autre chasseur roula jusqu’à son ami. Faïra frémit de dégoût. Tuer les gens n’était pas une chose qu’elle faisait pour le plaisir. Les découper encore moins. Mais un fugoll n’était pas un phénix, il y avait sans conteste une différence de classe. Faïra n’était jamais inquiétée par la mort. Pourquoi l’aurait-elle été ? Mais avant sa première mort, elle avait connu l’angoisse que cela procurait. Elle pouvait sentir la peur du chasseur, comme si une masse d’énergie négative et palpable l’atteignait à travers sa cage. Le mortel était terrorisé, il n’aurait plus la force de se battre ni même celle de se défendre.

La voix du fugoll s’éleva alors, toujours aussi moqueuse, menaçant l’envoi d’un autre morceau de chasseur. Il commença un décompte que le mortel écouta à peine avant de prendre ses jambes à son cou et de disparaître dans la forêt sans même un regard en arrière. Il ne survivrait sans doute pas la nuit, dans cet état de fatigue et de terreur, et sans la moindre arme sur lui. Grand bien lui fasse ! Faïra espérait ne pas le revoir, sans quoi elle le grillerait certainement comme ils avaient grillé cette pauvre biche sur leur feu de bois.

A présent, Faïra allait savoir le sort qui l’attendait. Mort ? Torture ? Affrontement ? Le fugoll pouvait aussi la laisser en cage et repartir, la laissant à la merci des prochaines bestioles qui passeraient. Il pouvait aussi, dans le meilleur des cas, la libérer sans manière. Elle tiendrait alors parole et lui serait redevable d’un service. Non pas que l’idée lui plaisait. Le fugoll s’approcha de la cage, tenant la tête du chasseur à la main. La vision était répugnante, l’odeur repoussante, le tableau inquiétant. Faïra dut prendre sur elle pour ne pas laisser paraître la répugnance qui lui étreignait le cœur.

- Ne craint rien.

Le fugoll, semblant prendre conscience de la tête qu’il trimballait comme une poupée de chiffon, balança son trophée sans plus de considération puis s’accroupit devant Faïra.

- Pourquoi es-tu enfermé ?

Faïra observa son potentiel sauveur un petit moment. Quelle réponse lui conviendrait le mieux ? Fallait-il mentir ou être honnête ? L’honnêteté ne payait pas toujours, mais cette créature savait peut-être repérer les menteurs, ce qui ne jouerait pas en sa faveur. Faïra replia correctement ses ailes, ses yeux brillants ne quittant pas des yeux le fugoll. Quelle curieuse rencontre, en vérité… Elle, qui avait tué les siens par centaines, n’avait jamais pris le temps de les considérer autrement que comme des parasites. Etait-ce le cas pour ce fugoll ? Elle ne perdit pas de temps à maudire sa situation qui lui avait fait rencontrer un sauveur aussi inapproprié.

- Je volais dans ces bois lorsqu’une flèche est venue perforer mon aile, chasseur de l’ombre. Ces mortels, en recherchent de trophées, ont cru bon de me capturer pour d’obscures raisons. J’ignore exactement ce qu’il serait advenu de moi et, d’ailleurs, je l’ignore toujours. Que comptez-vous faire de moi, chasseur de l’ombre ? Je suis blessée et sans défense, la décision vous revient sans que je ne puisse opposer de réelle résistance. Cependant, sachez que je n’ai qu’une parole et que je saurai me montrer redevable dans le cas où vous concéderiez à m’apporter votre aide.

Faïra n’avait pas donné l’entière vérité. Elle n’était pas complètement sans défense, même si elle n’utiliserait ses dernières ressources qu’en cas de grand danger. Une capture n’était pas une raison suffisante pour ravager la forêt alentours et risquer ses ambitions d’intégrer le conseil.

- Et vous, chasseur de l’ombre ? Qui êtes-vous ? Que venez-vous faire dans ces bois ? Il me semble que vous êtes bien loin de chez vous… Cela dit, rien ne vous oblige à satisfaire ma curiosité.

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Vheïrom
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MessageSujet: Re: Une chasse qui tourne mal... pour qui ? (pv Vheïrom)   Lun 21 Avr - 5:01

Sagement, le fugoll observa ce drôle d’oiseau marquer un temps d’arrêt suite à sa question. Sûrement pesait-il ses mots ou se ficelait une demie-vérité. Cette hésitation, Vheïrom y était habitué car il faut avouer que sa figure grotesque n’inspirait pas réellement confiance. De ce fait, la menterie ne lui échappait pas, et étant lui-même le pire des fourbes…

- Je volais dans ces bois lorsqu’une flèche est venue perforer mon aile, chasseur de l’ombre. Ces mortels, en recherchent de trophées, ont cru bon de me capturer pour d’obscures raisons. J’ignore exactement ce qu’il serait advenu de moi et, d’ailleurs, je l’ignore toujours. Que comptez-vous faire de moi, chasseur de l’ombre ? Je suis blessée et sans défense, la décision vous revient sans que je ne puisse opposer de réelle résistance. Cependant, sachez que je n’ai qu’une parole et que je saurai me montrer redevable dans le cas où vous concéderiez à m’apporter votre aide.

Le Vil examina l’autre créature en silence. Ses petits yeux glauques lui donnaient un air inquiétant et un peu idiot, mais il était loin d’être stupide. Toutefois, l’encagé n’avait pas besoin d’être au courant de ce détail. On se méfiait peu des sots.

- Et vous, chasseur de l’ombre ? Qui êtes-vous ? Que venez-vous faire dans ces bois ? Il me semble que vous êtes bien loin de chez vous… Cela dit, rien ne vous oblige à satisfaire ma curiosité.

Vheïrom dévoila une rangée de crocs jaunâtres en guise de sourire. Cet oiseau avait la parole facile, les échanges n’en seraient que plus fluides et intéressants. Le fugoll, n’ayant néanmoins pas l’habitude de dialoguer longuement, se racla la gorge dans un grognement plutôt menaçant afin de ne pas massacrer les mots.

- Chez moi, c’est partout, bel oiseau, rouspéta le Vil en faisant allusion à son nid qui ne cessait de repousser les limites de son territoire. Si vous me trouvez loin de chez moi, j’en déduis que vous connaissez déjà ce que je suis. Ne voulez-vous pas plutôt dire que je suis loin des miens ?

Le fugoll n’était pas dupe, la créature était familière de sa race pour s’étonner de sa présence en Hauts Bois. Il fit lentement le tour de la cage en laissant cliqueter une griffe sur les barreaux de métal, méfiant et amusé à la fois. Étrange, jamais il n’avait entendu parler de ce bizarre d’animal. Savait-il prendre une autre forme que celle-ci ? La diversité du Tolväar lui échappait encore après quarante ans, alors pour ce qui était de Silraen… Revenant face au volatile, Vheïrom s’accroupit à la hauteur de son bec.

- Vous êtes blessé et sans défense et vous souhaitez que j’ouvre cette cage ? Mais alors, comment vous défendriez-vous… susurra-t-il en observant la serrure. Vous me devez une faveur, mais votre blessure vous rend inapte à m’offrir un service. Vous ne m’êtes donc d’aucune utilité…

Il releva les yeux vers ceux de l’oiseau, souriant encore de cette gueule horriblement grande.

- Pour que vous puissiez tenir votre engagement dans un futur proche, je devrai me porter garant de votre sécurité, et donc vous rendre service de nouveau. Je n'ai guère envie de voir mon redevable périr avant qu'il n'est pu tenir promesse.

Brusquement, il agrippa la haut de la cage et la fit basculer légèrement vers l’arrière, brassant son occupant. Il approcha son museau entre les barreaux et souffla son haleine fétide vers le prisonnier.

- Vous me devrez donc… deux faveurs. Sommes nous d’accord, bel oiseau ?

Service donné, service rendu, le fugoll ne faisait pas les choses à moitié et lorsqu’il pouvait tirer avantage d’une situation, il suçait ce bénéfice jusqu’à la moelle. Le joli volatile se trouvait dans une impasse et, fidèle à lui-même, Vheïrom saurait brillamment en abuser pour son compte. N’était-il pas gentil, toutefois, de lui proposer son aide, n’était-il pas profondément bon de se montrer si généreux, si indulgent ? Quel merveilleux exemple d’empathie et de bienveillance que ce Vheïrom. Dans un léger ricanement, il reposa la cage en attendant la réponse de son obligé. Derrière, il ne restait du feu plus que les braises rougeoyantes. À l'instant, l'oiseau devait avoir réalisé que ce fugoll était loin d'être aussi bête que ses frères mais s'allier d'une vile créature n'est pas nécessairement mauvais tant qu'on sait rester prudent.
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Faïra Le Phénix
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MessageSujet: Re: Une chasse qui tourne mal... pour qui ? (pv Vheïrom)   Lun 21 Avr - 15:11

Le fugoll la regardait, sans doute sans comprendre. Faïra connaissait l’idiotie de ces créatures et compter sur l’une d’elles la répugnait complètement. Elle n’éprouvait aucune haine pour eux, uniquement du mépris. Il fallait cependant reconnaître que ce fugoll-ci était différent. Il voyageait apparemment seul et il chassait d’une manière efficacement meurtrière. Suite à sa série de question, Faïra vit le fugoll dévoiler d’horribles crocs. Souriait-il ? Cela semblait être le cas. Il grogna avant de se décider à répondre. Il savait donc s’exprimer avec un peu plus de phrases. Peut-être avait-il un semblant d’intelligence.

- Chez moi, c’est partout, bel oiseau, rouspéta le Vil en faisant allusion à son nid qui ne cessait de repousser les limites de son territoire. Si vous me trouvez loin de chez moi, j’en déduis que vous connaissez déjà  ce que je suis. Ne voulez-vous pas plutôt dire que je suis loin des miens ?

Faïra aurait du retenir une expression de dégoût si elle avait été humaine. Mais elle ne l’était pas pour le moment. Quelle répugnante créature… Evidemment, elle savait ce qu’était un fugoll. Vu les attaques répétés de ces derniers sur les villages alentours depuis quelques temps, il était difficile de les ignorer. Ainsi, la créature se sentait chez elle partout ? Faïra se serait fait un plaisir de la renvoyer au Tolväar. Tout dépendait de la suite des évènements.

Le fugoll fit le tour de la cage en faisant claquer une griffe sur les barreaux. Une méthode d’intimidation qui n’avait aucun effet sur Faïra. Elle ne le suivit même pas du regard, mi-amusée, mi-agacée. S’il avait voulu la tuer, elle serait déjà morte… ou du moins, en un petit tas de cendres attendant de renaître. Ce petit jeu allait-il durer longtemps ? Elle commençait à se sentir à l’étroit dans sa cage. Le fugoll termina son petit tour inutile puis vint s’accroupir face à sa captive.

- Vous êtes blessé et sans défense et vous souhaitez que j’ouvre cette cage ? Mais alors, comment vous défendriez-vous… susurra-t-il en observant la serrure. Vous me devez une faveur, mais votre  blessure vous rend inapte à m’offrir un service. Vous ne m’êtes donc d’aucune utilité…

Faïra aurait laissé échapper un rictus. La créature commençait à lasser sa patience. Au moins le fugoll la croyait-il réellement sans défense. Soit… Elle attendit de voir ce qu’il voulait lui proposer.

- Pour que vous puissiez tenir votre  engagement dans un futur proche, je devrai me porter garant de votre sécurité, et donc vous rendre service de nouveau. Je n'ai guère envie de voir mon redevable périr avant qu'il n'est pu tenir promesse.

Qu’un fugoll la libère, s’était une chose. Qu’un fugoll la protège, s’en était une autre. Devoir être accompagnée ou suivie par cette horrible et répugnante créature ? D’ailleurs, comptait-il comme un service le fait de rester en vie ? Faïra en était encore à ses pensées lorsque le fugoll agrippa la cage et la fit basculer légèrement vers l’arrière, obligeant Faïra à retrouver son équilibre d’une manière brutale. Elle laissa échapper un piaillement de colère. La tension montait peu à peu et son feu se faisait plus intense à mesure que sa colère s’accumulait.

- Vous me devrez donc… deux faveurs. Sommes nous d’accord, bel oiseau ?

Faïra, toujours en équilibre précaire, sentit une bouffée de chaleur la saisir. Pour qui se prenait-il ? Cette petite chose vile avait déjà de la chance d’être en vie, comment osait-il lui proposer pareil marché ? Mais comment aurait-elle pu imaginer qu’un fugoll la libèrerait sans condition ? Un service n’était pas suffisant ! Ca non ! Il lui en fallait deux ! Répugnant…

Faïra traça avec son bec une petite fée de feu, sous le regard du fugoll. La fée, ignorant la créature, s’envola à une vitesse fulgurante en direction de Silveride. Cette fois-ci, elle demandait de l’aide au conseil. Elle aurait du le faire depuis le début, pourquoi avait-elle attendu si longtemps ? Pour une simple ambition ? Sa santé valait mieux que l’ambition de siéger au conseil des anciens. Pouvait-on lui reprocher d’avoir été capturée ? Certainement ! Et tant pis. Elle ferait avec.

Le conseil mettrait bien plusieurs heures avant d’envoyer quelqu’un. Elle attendrait aussi longtemps que lui permettrait sa patience.

- Petite chose, lança Faïra, contenant sa colère et laissant tomber toute amabilité. Espères-tu réellement que moi, le phénix de Silraen, j’accepte un pareil marché ? Sais-tu seulement à qui tu as affaire, fugoll ?

Le dernier mot avait été craché comme une insulte. Faïra, hautaine, contenait de plus en plus difficilement son feu dévastateur. Les plumes devinrent peu à peu brûlantes. Il était temps de voir si le fugoll résistait au feu.

- Ta race nous envahie et tue des innocents, tu ne devrais pas te sentir partout chez toi. Tu devrais être à Tolväar, comme tous les tiens et comme tous ceux que j’ai renvoyés là-bas, morts ou vifs. Tu n’as pas à t’inquiéter de ma santé, si tu ouvres cette cage je saurais me défendre. Je pourrais même en sortir dès maintenant en grillant cette cage et toi avec, qu’en penses-tu ?

Faïra ne voulait pas détruire la forêt alentours… Elle ne le devait pas… La colère cependant commençait à l’aveugler. Elle inspira longuement et reprit contenance, apaisant un peu le feu qui irradiait de son corps.

- Je n’ai qu’une parole, chasseur de l’ombre, mais aucune patience. Ouvre-moi cette cage et je te rendrai service le jour où tu en auras besoin. Si je juge toutefois que ce service me convient. Je serai gentille et je n’attenterai pas à ta vie si tu me libères. En revanche, laisse-moi dans cette cage et je te tuerai, que ce soit aujourd’hui ou demain. Pour un immortel comme moi, le temps n’a aucune importance. Que penses-tu de MON marché, créature ?

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Vheïrom
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MessageSujet: Re: Une chasse qui tourne mal... pour qui ? (pv Vheïrom)   Mar 22 Avr - 18:50

Tout ne pouvait pas se dérouler comme prévu mais Vheïrom était un Maître dans l’art de l’improvisation et il s’était toujours tiré des situations les plus délicates avec brio. Il était comme ça, un sale rat qui tourne autour du piège sans jamais y mettre la patte et qui finit quand même par s’emparer du morceau de fromage. À croire que même les pires vilains de cette terre avaient leur bonne étoile. Plus curieux qu’inquiet, il observa une petite fée de feu prendre vie sous ses yeux et disparaître subitement dans la noirceur d’Hauts Bois. Il la suivit du regard un court instant, accentuant sa ressemblance avec un animal à l’esprit de prédation un peu trop présent. Le ton du bel oiseau avait changé.

- Petite chose. Espères-tu réellement que moi, le phénix de Silraen, j’accepte un pareil marché ? Sais-tu seulement à qui tu as affaire, fugoll ?

Vheïrom reporta son attention sur le captif en courbant légèrement l’échine, simple réflexe en entendant le timbre acerbe de la voix. Qu’était un phénix ? Qu’importe ses attributs, il semblait bien confiant de ses capacités pour un pauvre piaf pris derrière les barreaux, capturé comme un débutant par trois nigauds de chasseurs. Concours de circonstances, peut-être ? Le fugoll était au moins sur d’une chose, la créature savait user du feu, seul un crétin ne l’aurait pas compris. D’ailleurs, il sentit une vague de chaleur caresser son visage, une douceur qui n’en n’était pas une.

- Ta race nous envahie et tue des innocents, tu ne devrais pas te sentir partout chez toi. Tu devrais être à Tolväar, comme tous les tiens et comme tous ceux que j’ai renvoyés là-bas, morts ou vifs. Tu n’as pas à t’inquiéter de ma santé, si tu ouvres cette cage je saurais me défendre. Je pourrais même en sortir dès maintenant en grillant cette cage et toi avec, qu’en penses-tu ?

Le Vil resta parfaitement immobile, semblant narguer le volatile. Les oiseaux avaient toujours eu des caractères bien prononcés, et celui-ci en avait un bien trempé. Néanmoins, les menaces n’avaient jamais perturbé notre fugoll qui avait l’habitude d’entendre japper sans que son locuteur n’agisse. Il était fasciné par le mépris du phénix qui, visiblement, faisait un effort soutenu pour contenir cette colère qu’il avait envers sa ‘‘race’’ envahissante et tueuse d’innocents. Ironiquement, cette constatation allait dans les deux sens, mais Vheïrom se garda de le préciser. Lui, autant que n’importe quel être, aspirait à la vie.

- Je n’ai qu’une parole, chasseur de l’ombre, mais aucune patience. Ouvre-moi cette cage et je te rendrai service le jour où tu en auras besoin. Si je juge
toutefois que ce service me convient. Je serai gentille et je n’attenterai pas à ta vie si tu me libères. En revanche, laisse-moi dans cette cage et je te tuerai, que ce soit aujourd’hui ou demain. Pour un immortel comme moi, le temps n’a aucune importance. Que penses-tu de MON marché, créature ?


L’oiseau n’avait même pas finit sa phrase que la silhouette du fugoll s’évanouissait entre les arbres. Quelques secondes plus tard, il reparaissait avec la clef pendant au bout de ses longs doigts. Quitte à ne pas se faire un allier du Phénix, il était tout à son avantage de ne pas s’en faire un ennemi. Il glissa la clef dans la serrure, fébrile et enjoué.

- Votre marché est sage, bel oiseau. Je suis Vheïrom, souvenez-vous en lorsque vous renverrez les miens au Tolväar, ne dit-on pas qu’il vaut mieux faire de ses ennemis ses amis ?

Il ouvrit la porte qui grinça paresseusement sur ses gonds, puis recula poliment de quelques pas, toujours accroupi, le faisant paraître plus petit qu’il ne l’était en réalité. Sans se lasser de son intérêt singulier, il détailla l’aile blessé de l’oiseau qui ne pourrait certes pas s’envoler comme la petite fée. D’ailleurs, où cette dernière était-elle allé ? Il leva les yeux au ciel, mais le feuillage dense des arbres dissimulait la voûte. Plus doucereux, le fugoll se tourna vers le libéré maintenant en mesure de sévir.

- Je n’ai jamais rencontré de Phénix. Vous n’avez pas l’odeur des hybrides, mais il réside sur vos plumes une senteur humaine…

Au cœur de la nuit, Vheïrom se sentait protégé, mais il était conscient de sa précarité. Un fugoll seul n’est jamais en sécurité.
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Faïra Le Phénix
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MessageSujet: Re: Une chasse qui tourne mal... pour qui ? (pv Vheïrom)   Mer 23 Avr - 20:57

Faïra essayait de conserver son calme. Elle était trop explosive et elle savait que la colère ne résolvait rien. Combien de personnes avaient-elles vu perdre leurs moyens sous la colère ? Combien de personnes s’étaient-elles ridiculisées pour un mot trop passionné et déplacé ? Faïra avait beau avoir vécu quelques siècles, son tempérament calme et glacial d’apparence s’embrasait à une vitesse phénoménale lorsque sa patience était mise à l’épreuve. Ce répugnant fugoll avait eu l’audace de tenter le chantage…

Cependant, à sa grande surprise, le fugoll eut une réaction plutôt positive à son embrasement passionné, puisqu’il s’éclipsa dans les arbres. Tout d’abord, Faïra crut qu’il ne reviendrait pas. Et pourtant, quelques instants plus tard, il revenait vers la cage en balançant le trousseau de clés. Faïra fit de son mieux pour cacher la bouffée d’espoir qui la saisissait à cette vision. Allait-elle finalement sortir ? Allait-elle pouvoir terminer sa mission sans trop de dégâts ? Pouvait-elle accorder sa confiance à ce petit être dont la race était destructrice envers son peuple ?

Le fugoll glissa la clé dans la serrure et Faïra serra les dents avec enthousiasme. Il semblait que le chasseur acceptait son marché et qu’il se contentait du service que le phénix de Silraen lui proposait. Tant mieux ! Elle n’avait pas envie de s’échapper par la manière forte, la négociation était toujours préférable. Le fugoll se présenta comme s’appelant Vheïrom. Un nom qu’elle n’avait jamais entendu mais qui sonnait plutôt bien. Curieux, pour un fugoll… Enfin, pouvait-elle encore le considérer comme un simple fugoll ? Où était sa meute ? Ou quelque soit le nom que ces créatures donnaient à leur groupe ! Etait-il un rebelle ? Un résistant ? Ou un simple solitaire ? Autant de questions qui resteraient certainement sans la moindre réponse.

Vheïrom semblait plutôt intelligent pour un fugoll. Il savait garder un certain contrôle de ses émotions, comme il l’avait démontré lors de sa chasse aux chasseurs. Il pouvait à nouveau une curieuse intelligence en assurant qu’il valait mieux rester ami avec ses ennemis. Son raisonnement était correct et réfléchis. D’une certaine manière, il forçait le respect pour un fugoll. Du moins, pour le moment. Faïra savait que Vheïrom était un être… aléatoire. Il semblait capable du meilleur comme du pire. Saurait-elle s’en faire un allié, certes étrange, mais redoutable au combat ?

La cage s’ouvrit en grinçant, laissant entrer d’une manière virtuelle une odeur de liberté et une bouffée d’oxygène que Faïra inspira avec un grand plaisir. Vheïrom s’écarta poliment pour laisser passer le phénix, qui ne se fit pas prier et sautilla gracieusement sur l’herbe fraîche.

- Je n’ai jamais rencontré de Phénix. Vous n’avez pas l’odeur des hybrides, mais il réside sur vos plumes une senteur humaine…

Intelligent pour un fugoll… Faïra en aurait esquissé un sourire si elle l’avait pu avec son apparence d’oiseau. De toute façon, elle ne pouvait plus voler avec son aile dans cet état. Il lui faudrait marcher pour poursuivre son chemin. Bien que cela ne l’enthousiasmât pas le moins du monde. Voler était tellement plus rapide ! Faïra délaissa alors son apparence animale pour reprendre une forme humaine, plus avantageuse pour poursuivre son chemin. Sa longue chevelure blonde encadra alors son visage aux yeux bleu-gris alors qu’une robe de plumes rouge et or la couvrait du cou jusqu’aux chevilles. Son bras saignait légèrement mais elle eut tôt fait de faire cesser l’écoulement par une petite flamme. Sa peau ne craignait pas le feu mais cautériser une si petite plaie en coagulant le sang était à la portée du premier élémentaire de feu.

Faïra posa sur le fugoll un regard légèrement amusé.

- Sans doute est-ce là l’odeur que vous avez perçue, chasseur de l’ombre. Bien que je ne sois absolument pas humaine, cette apparence me permet de me fondre dans la populace des villages. La magie a du bon.

Faïra s’étira. Sortir de cette cage lui faisait un bien fou ! Elle forma une seconde fée de ses mains réunis et l’envoya prévenir le conseil que leur intervention n’était plus nécessaire. Ils la sermonneraient sans doute pour avoir demandé de l’aide dans une situation qui ne la nécessitait sans doute pas. Elle ajouta cependant à son message mental qu’elle ne pourrait pas aller voir le chef du village avant le lendemain en raison de certains évènements perturbateurs. Pendant un bref instant, elle posa son regard vers le sentier que le chasseur mortel avait emprunté en courant. Elle l’aurait bien grillé au feu de camp pour lui passer l’envie de lui tirer dessus.

Son attention se reporta sur le fugoll. Il paraissait petit et fragile… Elle savait parfaitement qu’il ne fallait pas s’y fier. Elle l’avait vu à l’œuvre quelques longues minutes plus tôt.

- Je me souviendrais de votre nom, Vheïrom. Je vous dois un service et je m’en acquitterais le jour où vous serez dans le besoin. Quel étrange fugoll vous êtes, en réalité. Vous vous distinguez nettement des autres fugoll de votre race ! Bien que rien ne vous oblige à me répondre, sauriez-vous m’expliquer le pourquoi des attaques répétées des vôtres sur nos villages ? Vos confrères ne répondent jamais à cette question. Bien que, je dois l’admettre, peu de gens prennent le temps de la leur poser.

Faïra pencha légèrement la tête, curieuse. Ramener cette information permettrait peut-être de sauver des vies et, accessoirement, de gagner de crédibilité aux yeux des membres du conseil.

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Vheïrom
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MessageSujet: Re: Une chasse qui tourne mal... pour qui ? (pv Vheïrom)   Jeu 24 Avr - 2:34

Les oiseaux n’aimaient pas être en cage, c’était universel, et pourtant ils étaient les premiers à se faire mettre derrière les barreaux. Parce qu’ils étaient beaux, parce qu’ils savaient chanter, et peut-être parce qu’on éprouvait envers eux une jalousie refoulée. En l’occurrence, Vheïrom n’avait rien à envier à ce magnifique spécimen se trouvant dans l’incapacité de voler. Les profondeurs de la terre étaient son idéal, il laissait les cieux aux êtres ailés et aux Dieux, si tant est qu’ils existèrent. La forêt ambiante avait suffisamment de secrets pour qu’on omette de s’intéresser à ceux au-dessus de nos têtes.

Sous les yeux mystifiés du fugoll, le libéré se métamorphosa en une superbe jeune femme à la chevelure pâle et ondoyante. Dans la noirceur des sous-bois, Vheïrom devinait une peau satinée qu’il eut l’irrésistible envie d’effleurer comme on le fait pour le pétale d’une fleur qu’on ne souhaite pas abîmer. Envouté par la beauté du Phénix, il suivit attentivement chacun de ses faits et gestes, l’observant cautériser adroitement la blessure de son bras mince et reconnaissant la lueur moqueuse au fond de son regard couleur d’orage.

- Sans doute est-ce là l’odeur que vous avez perçue, chasseur de l’ombre. Bien que je ne sois absolument pas humaine, cette apparence me permet de me fondre dans la populace des villages. La magie a du bon.

Le Vil avait appris à aimer le laid, comme on apprend à l’enfant pauvre à aimer le pain rance car il n’y a rien d’autre à se mettre sous la dent. Du laid provenait une certaine poésie qu’appréciait Vheïrom car c’est la poésie du Tolväar, aussi sordide soit-elle, qui l’avait bercé durant tant d’années. Mais donnez du pain bon et chaud au même enfant pauvre, et il s’en empiffrera sans plus se poser de questions.

Une deuxième petite flamme naquit au bout des doigts graciles du Phénix et s’envola rejoindre sa consœur pour lui livrer des messages connus d’elles seules. Tordu dans l’ombre comme la vieille branche d’un arbre, le fugoll fixait ce qu’il y avait de plus parfait dans un silence presqu’intimidant. Loin de lui l’idée de paraître louche, mais que pouvait-il à son apparence. Il était né sinistre et son cœur n’étant pas plus noble, aucune magie n’aurait pu remédier à sa vilenie.

- Je me souviendrais de votre nom, Vheïrom. Je vous dois un service et je m’en acquitterais le jour où vous serez dans le besoin. Quel étrange fugoll vous êtes, en réalité. Vous vous distinguez nettement des autres fugolls de votre race !

Vheïrom émit un son à mi-chemin entre le grognement et le ronronnement. Méprisait-il cette constatation ou en était-il flatté ? Dur à dire, lui-même était incertain de ce que cette affirmation provoquait en lui. Tous les fugolls étaient, en quelque sorte, étranges, mais il n’était pas de leur principe de se distinguer des leurs frères. Un fugoll trouvait son sens dans l’unité des pairs. Vheïrom était un non-sens.

- Bien que rien ne vous oblige à me répondre, sauriez-vous m’expliquer le pourquoi des attaques répétées des vôtres sur nos villages ? Vos confrères ne répondent jamais à cette question. Bien que, je dois l’admettre, peu de gens prennent le temps de la leur poser.

Au ralenti, le Vil vit la belle jeune femme pencher la tête à la même façon que le font les oiseaux en repérant un objet brillant ou toute autre chose digne d’intérêt. Sous la peau tendre de sa gorge, son pouls faisait trembloter une veine fragile. Cette vision toute banale venait attiser dans l’esprit du fugoll quelque chose de sauvage et primaire, le partageait entre le désir d’être tendre avec la vulnérabilité d’une vie ou de la prendre avec brutalité, pour lui seul. De sentir et ressentir l’âme qui quitte une enveloppe charnelle, un moment intime et exclusif, un moment qui ne dure qu’un millième de seconde mais qui reste suspendu dans l’éternité.

- Une armée doit manger, répondit soudainement Vheïrom d’une voix rauque, se sortant brutalement de son égarement

Il laissait sous-entendre que ses frères et lui étaient sur Silraen, ou plutôt sous Silraen, en un nombre non négligeable mais c’était un détail que seul ceux se voilant la face ignorait. Les souterrains de la Terre Primale grouillaient des bestioles de Saphomoth comme une fourmilière en pleine expansion. Il ne servait à rien de traquer les ouvrières, c’est à la Reine qu’on devait s’en prendre, mais cette évidence criarde aux yeux des fugolls semblait échapper aux habitants de Silraen. Ce n’est pas Vheïrom qui allait les éclairer sur le sujet, bien qu’il connût mieux sa mère plus que la plupart de ses semblables. Se redressant, il se mit à décrire des ronds larges et lents autour du Phénix, ne cherchant pas à produire un quelconque effet mais obéissant seulement à un comportement acquis avec les années.

- Mes confrères ne répondent pas aux questions car ils ne savent pas. Je suis curieux, bel oiseau, de savoir l’étendu de vos connaissances en ce qui nous concerne. Pour demander de telles choses, vous devez êtres aussi ignare que tous les Silraeni.

Il arrêta sa progression à l’opposé du campement, s’étant discrètement rapproché de la jeune femme en raccourcissant la circonférence de ses cercles. Il n’y avait rien d’arrogant dans les mots du fugoll, qu’un sincère intérêt. Habitué d’avoir une longueur d’avance sur tout et chacun, il ne se sentait nullement menacé par les informations qu’aurait pu détenir le Phénix. Peut-être aurait-il dû ? Encore une fois, le charme naturel de cette magicienne du feu l’engourdit, et il se perdit dans la contemplation de ses cheveux d’or blanc dans la faible lumière crépusculaire, se demandant si leur caresse serait fraîche comme une brise d’automne ou chaude comme ses plumes flamboyantes.
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Faïra Le Phénix
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MessageSujet: Re: Une chasse qui tourne mal... pour qui ? (pv Vheïrom)   Sam 26 Avr - 15:38

Faïra n’était pas une guerrière, encore moins une chasseresse. Elle avait chassé de petites créatures pour se nourrir, dans son « enfance », mais à présent qu’elle vivait dans un semi-confort, elle en avait perdu les comportements et les réflexes. Sa magie la protégeait suffisamment de tout… Du moins l’avait-elle cru jusqu’à cette nuit. Si les mortels avaient réussi à l’entraîner chez eux, qu’auraient-ils fait ? Elle était ravie de ne pas avoir à le découvrir, mais la simple pensée lui donnait des frissons. Il lui faudrait retrouver quelques réflexes animaux pour survivre, elle s’était trop relâchée. Il fallait dire que l’idée de s’entraîner lui déplaisait. C’était fatiguant, salissant et chronophage. En son for intérieur, Faïra était convaincue d’être supérieure à tout ça. Peut-être était-ce là sa plus grande faiblesse : l’orgueil ?

Elle savourait sa liberté retrouvée et ses pensées fusaient plus vite que ses mots. Il faudrait qu’elle retourne chez elle, qu’elle achève sa mission le lendemain, qu’elle prenne du temps à un entraînement visant à lui éviter de retomber dans cette délicate situation… mais surtout, elle venait de se trouver un allié éphémère à qui elle avait promis un service. Faïra n’en était pas fière et c’était une situation qu’elle aurait tout intérêt à cacher à ses supérieurs. Si cela se savait… S’ils savaient ce qu’elle avait promis à un fugoll… Ces créatures étaient dangereuses, elle ne pouvait pas le nier. Dangereuses, envahissantes, répugnantes… Pire qu’une gangrène qui se propageait sur Silraen. Et pourtant, elle devait à présent un service à l’un d’eux. Sa fierté lui empêchait de manquer à sa parole, elle espérait seulement que le service serait remboursé dans des conditions favorables.

Faïra ne remarqua pas le regard un peu trop insistant que le fugoll portait à sa gorge. L’aurait-elle vu qu’elle n’aurait rien changé. Le fugoll ignorait très certainement qu’elle était immortelle à tout point de vu. Et s’il la tuait, elle s’en souviendrait… Mais sur l’instant, Faïra restait aveugle aux signes émis par le fugoll, comme une enfant insouciante du danger qu’elle encourait. Le fugoll sembla hésiter avant de répondre à ses questions.

- Une armée doit manger. Mes confrères ne répondent pas aux questions car ils ne savent pas. Je suis curieux, bel oiseau, de savoir l’étendu de vos connaissances en ce qui nous concerne. Pour demander de telles choses, vous devez êtres aussi ignare que tous les Silraeni.

Une armée… Faïra plissa les yeux. Elle savait que les fugolls étaient nombreux, mais le terme « armée » ne la rassurait pas. Que faisaient-ils tous si loin du Tolväar ? De vrais parasites… Le phénix redoutait d’avoir un jour à réutiliser le feu purificateur pour détruire un nouveau nid de fugolls, tuant par la même les mortels survivants. Un nettoyage en profondeur lui serait sans doute demandé sous peu si les fugoll se faisaient si nombreux. Et pourquoi une armée ? Que préparaient-ils ? L’invasion de Silraen semblait des plus probables. Le conseil en serait informé. Il leur faudrait sans doute quelques années pour décider d’une stratégie, mais au moins ils ne pourraient pas se cacher derrière l’ignorance.

Tout en parlant, Vheïrom s’était mis à marcher, tournant autour de Faïra comme un prédateur. La phénix contint un soupir. Un chasseur de l’ombre restait un chasseur de l’ombre. N’importe quel imbécile de Silraen, habitué au monde sauvage et aux animaux, aurait senti un danger si évident.

- En effet, chasseur de l’ombre, je suis sans doute ignare de votre race, je ne sais que ce que les silraens connaissent de vous. Cependant, je me soupçonne d’être née avec une pointe de cervelle, aussi ne suis-je fermée à aucune éventualité. Bien que je doute que nos peuples puissent vivre en parfaite harmonie, trouver l’idée d’un compromis ne me serait pas désagréable. Cela ferait cesser les massacres des deux côtés, car vous devez également compter beaucoup de pertes dans vos rangs.

La dernière réplique de Vheïrom lui revint. Les fugolls ne répondaient pas aux questions… Faïra sous-entendait qu’ils n’en avaient pas le temps au vu de la mort rapide qui leur était donnée, mais la réponse de Vheïrom à cette question l’intriguait. Ils ne savaient pas. Cela était pourtant des plus évidents : les fugolls n’étaient que de simples instruments du Tolväar, des guerriers sans cervelle voués à mourir pour leurs maîtres, un peu comme elle était un objet aux mains de Silraen. A la différence qu’elle en était parfaitement consciente et que cela ne la dérangeait guère plus.

Ce n’était pas à elle de démasquer les maîtres des fugolls, cette tâche ne lui serait jamais confiée et elle ne devait pas prendre le risque de trop sortir des rangs. N’avait-elle pas mis plusieurs siècles avant de trouver une position pour le moins confortable ? Elle ne voulait pas retourner vivre dans les bois, perchée sur un arbre à redouter le moindre craquement de branche suspect. Cette vie-là était derrière elle.

Vheïrom s’était discrètement rapproché. Faïra ne s’en apercevait qu’à présent qu’elle y prêtait attention. Qu’avait-il en tête ? Elle n’arrivait pas à cerner son étrange allié. Baissant légèrement la tête, avec un petit sourire, elle gardait ses mains prêtes à agir si le fugoll attentait à sa vie. Le service qu’elle lui devait ne se transformerait pas en renaissance brutale.

- Mon jeune compagnon de fortune, vous semblez me porter un intérêt certain. De quelle nature est-il ? Sachez que je ne crains pas la mort, mais que je ne me laisserai pas tuer pour autant.

Au loin, le ciel commençait lentement à s’éclaircir. L’aube ne tarderait pas, sans doute serait-elle présente d’ici une petite heure. Faïra sentit une pointe de fatigue l’envahir. Cette nuit blanche lui coûterait quelques bonnes heures de sommeil lorsqu’elle aurait retrouvé ses coussins de velours. Elle pensait déjà à s’enrouler dans ses couvertures pour ne se réveiller que plus tard, avec un petit déjeuner qu’un serviteur du conseil lui aurait déposé sur sa table. Que délice que cette vie…

Son attention se reporta néanmoins sur le fugoll. Mieux valait rester vigilante. Son intérêt pour elle l’inquiétait un peu et elle ne voulait pas retomber dans un piège. Un craquement retentit soudain, faisant résonner l’instinct animal de Faïra. Elle aurait été sous sa forme d’oiseau, elle aurait prit son envol. Mais elle ne pourrait plus voler pendant quelques temps. Inquiète, elle chercha du regard ce qui avait provoqué ce craquement des plus sinistres. Une créature les attaquait-elle ? Etait-ce pire encore ?

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Vheïrom
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MessageSujet: Re: Une chasse qui tourne mal... pour qui ? (pv Vheïrom)   Dim 27 Avr - 23:09

Malgré une certaine impulsivité qui trahissait sa force de caractère, la jeune femme semblait réfléchit. Elle ne bougeait point, se contentant de son rôle de chandelle et Vheïrom, lui, était la mane tournoyant autour. Il devait faire gare à ne pas s’y brûler la patte.

- En effet, chasseur de l’ombre, je suis sans doute ignare de votre race, je ne sais que ce que les silraeni connaissent de vous. Cependant, je me soupçonne d’être née avec une pointe de cervelle, aussi ne suis-je fermée à aucune éventualité. Bien que je doute que nos peuples puissent vivre en parfaite harmonie, trouver l’idée d’un compromis ne me serait pas désagréable. Cela ferait cesser les massacres des deux côtés, car vous devez également compter beaucoup de pertes dans vos rangs.

À la dernière supposition du phénix, le Vil laissa échapper un ricanement qu’on aurait pu traduire comme hautain. Les pertes, dans les rangs des Fugolls, étaient complètement insignifiantes. Vheïrom n’avait jamais pleuré la mort d’un frère, et il n'était pas exception à la règle. Peut-être avait-il déjà ressenti une vague mélancolie, le temps d’un claquement de doigt, s’il avait connu intiment un pair, mais sans plus. Il n’était pas dans sa nature d’être empathique ; la faiblesse et la force des humains, tout à la fois.

- Mon jeune compagnon de fortune, vous semblez me porter un intérêt certain. De quelle nature est-il ? Sachez que je ne crains pas la mort, mais que je ne me laisserai pas tuer pour autant.

Vheïrom, pupilles dilatées rivées sur la jeune femme, s’ébroua doucement. Il se redressa de toute sa hauteur, surplombant le Phénix. Ses tendons étirés saillaient sous sa maigreur, sa chair creusait dans sa cage thoracique étroite, lui donnant l’air d’une longue gargouille décharnée. Il dévoila ses deux rangées de crocs tâchés en un sourire qui se voulait mielleux mais qui n’avait sûrement que pour effet de le faire paraître encore plus fourbe. On aurait dit qu’il avait toujours une mauvaise intention derrière la tête.

- Vous tuer ? Répéta-t-il en s’offusquant faussement, posant sa main griffue sur sa propre poitrine comme quand on s’indigne de fausses paroles

Il fit un pas vers la blonde, lentement, tout doucereux qu’il était.

- Je voulais votre bien-être d’il y a cela quelques minutes, pourquoi vous voudrais-je un tort à présent? C’est votre beauté qui me séduit…

Quel charmeur que ce Vheïrom. Mais ces mots, dans la bouche d’une créature si laide, prenait tout de suite un goût plus amer. Une éclaircie, entre les feuilles, gardait ailleurs une partie de l’attention du fugoll. La nuit avait été courte, trop peu de temps pour chasser, trop peu de temps pour mettre à sa main une aussi fraîche alliée. Mais le sens de la parole, qui faisait défaut à Vheïrom, semblait importer au phénix. Le Vil ne doutât point qu’en le quittant précipitamment, il tienne sa promesse.

Un craquement.

Vheïrom pivota brusquement en s’aplatissant à la terre, humant l’air tout en s’accroupissant dans la pénombre qui rôdait encore au ras du sol. Il n’avait pas sentit plus tôt la compagnie et cette faute était entièrement attribuable à cette jeune femme trop belle. Agacé par son propre manque de méfiance, le coin de sa lèvre supérieure frémit, et il mima un grognement silencieux.

Il attendit, puis un rictus amusé étira son visage. Voilà un nouveau venu qui ne devrait pas terrifier outre-mesure l’orgueilleux phénix. Le fugoll serait resté souhaiter le bonjour, mais l’aube le pressait de repartir. Rejoindre les entrailles froides et humides de la terre. Il passa tout près de la jeune femme, humant le parfum de ses longs cheveux d’or ; Son nom lui était inutile, il saurait la reconnaître en temps voulu. Et l’appellation du Phénix de Silraen lui était sûrement propre.

- On vient, vous avez de la visite. Prenez soin de cette aile, bel oiseau, nous nous reverrons.

Sur ce dernier conseil, le fugoll s’éclipsa entre les arbres, aussi silencieusement qu’il était venu. La clarté, encore insuffisante pour incommoder sa vue, dessinait des ombres langoureuses et nimbait la végétation de bleu marin et de rose foncé. Le Vil ne foulait Silraen que depuis quelques semaines et, déjà, il comptait un allié de plus. Un sourire satisfait fleurit comme une rose épineuse sur sa gueule détestable.
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Faïra Le Phénix
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MessageSujet: Re: Une chasse qui tourne mal... pour qui ? (pv Vheïrom)   Mer 30 Avr - 21:21

La créature était à la fois effrayante et un brin fascinante. Lorsqu’il étendit tous les muscles de son corps, il se retrouva alors bien plus grand qu’il n’y paraissait.

- Petit malin… ne put-elle s’empêcher de murmurer.

Depuis le début, il cachait beaucoup de lui-même. Alors qu’il la dominait de toute sa hauteur, elle put constater à quel point Vheïrom était monstrueux. Décharné, maigre, pâle, avec une bouche pourvue de dents jaunâtres et pointues. Faïra restait sur ses gardes, prête à le rôtir au moindre geste suspect. Il répondit alors, semblant presque vexé de l’accusation que le phénix posait sur son « humble » personne.

- Je voulais votre bien-être d’il y a cela quelques minutes, pourquoi vous voudrais-je un tort à présent? C’est votre beauté qui me séduit…

Son raisonnement pouvait être logique s’il avait réellement voulu son bien-être. Rien ne prouvait qu’il n’ait jamais eu l’intention de la dévorer ou de la chasser. Quant à son explication sur la beauté… Faïra restait méfiante et septique. Elle était loin d’être ce qu’elle considérait comme une « belle femme ». Comparée à toutes ces nymphes et aux déesses, rien que sur Silraen, elle se trouvait plutôt commune. Cela dit, une créature du Tolvaär ne devait pas être habituée à l’éclat d’une chevelure bien coiffée ou à une peau pâle. Faïra pencha légèrement la tête. Pourquoi se faisait-il menaçant si ses paroles étaient véridiques ?

Elle ne le sut jamais, car un craquement leur fit dresser l’oreille à tous les deux. Vheïrom eut un rictus.

- On vient, vous avez de la visite. Prenez soin de cette aile, bel oiseau, nous nous reverrons.

Le fugoll disparut aussi vite qu’il était venu et Faïra se retrouva seule avec un des éclaireurs du conseil, un certain Aïdo, mortel d’une trentaine d’années.

- Mademoiselle Faïra ! On m’envoie vous aider. Vous allez bien ?
- Seul mon orgueil et mon bras sont blessés, admit le phénix, en s’approchant de son allié. Raccompagnez-vous, voulez-vous ? Je ne puis voler.

L’homme s’inclina avec respect, puis ils prirent tous les deux la route de Sylveride. Faïra ravalait sa fierté. Le lendemain, elle aurait à rendre des comptes devant le conseil. Comment lui expliquerait-elle sa curieuse rencontre ? Mieux valait la dissimuler ! Un conseiller n’avait pas de dette envers l’ennemi. Si elle voulait entrer au conseil, elle se devait de cacher ce marché à tout prix. Elle mentirait – une fois n’était pas coutume – et elle s’en sortirait certainement à merveille.

Sur le moment, elle savoura à son retour son petit confort personnel en s’écroulant sur ses coussins pour dormir quelques heures. Comme elle l’imaginait, on vint la chercher peu avant midi. Qui avait dit que la vie de messagère était de tout repos ?

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Une chasse qui tourne mal... pour qui ? (pv Vheïrom)

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