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 Sang dessus dessous [PV Ailinel]

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Vheïrom
Fureteur turpide
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Date d'inscription : 02/04/2014
Royaume : Tolväar

MessageSujet: Sang dessus dessous [PV Ailinel]   Mer 7 Mai - 2:33

Sivgardün se morcelait, langoureuse et dépravée, sur un rayon de plusieurs kilomètres au cœur de la Gueule du Chaos. Vheïrom avait par maintes reprises foulé les sous-sols de ces rues s’étirant comme les tentacules d’une pieuvre géante. Par cette journée grise et intemporelle, il revenait fureter dans les galeries lugubres de la Capitale, véritable labyrinthe à en détraquer une boussole.

Pataugeant dans l’eau saumâtre, son ombre le talonnait contre les murs des égouts, tapissés de moisissures et autres substances putrescentes. Bien qu’en ces souterrains l’air atteignît un degré de puanteur dépassant largement le seuil tolérable pour un humain, il n’était pour le Vil qu’un amalgame d’effluves familières et non incommodantes que du fait qu’il y eut été habitué depuis la tendre enfance. Malgré un sens de l’orientation développé et des visites répétées dans les dédales de Sivgardün, Vheïrom tourna quelques fois en rond avant de retrouver son chemin.

Sous le sanctuaire dédié à la déesse Caducie, les canalisations s’élargissaient et le plafond se creusait en un large dôme de pierres où un vieil ami –si on pouvait l’appeler ainsi-, avait élu domicile avec sa bande. Garnagen, lui aussi électron libre, avait déserté le nid depuis belle lurette. Fugoll vicieux, fort et opiniâtre, il avait établi ses appartements dans les égouts de la Capitale et les occupants le toléraient, lui et ses frères, à même titre qu’on tolère un vieux chat de gouttière qui nous débarrasse des rats. C’est d’ailleurs ce que Garnagen avait en travers de la gueule lorsque le Vil arriva à sa hauteur, la tête bien basse et les canines saillants sur ses gencives en un sourire enjôleur.

- Vheïrom, aboya gaiement son frère en le reconnaissant. Nom d’un Maraudeur, tu es rentré du Silraen ! Sale enflure, je te croyais mort !
- Même le Passeur ne veux pas de moi, ricana le Vil

Garnagen régissait un groupe d’une trentaine de têtes. Tous, intrigués par le nouveau venu, relevèrent leurs yeux brillants dans la pénombre de la cavité. Vheïrom tenait son vieux frère au courant de ce qui passait aux Bosquets, comme dans le reste du Tolväar lorsqu’il avait l’occasion de le parcourir. En contre parti, son compère le tenait au courant de tout ce qui se tramait dans la Capitale. Ils parlèrent longuement de Silraen et de toutes les possibilités que ce royaume offrait, la curiosité de Garnagen étant insatiable. D’une humeur solide après ces échanges précieux, le grand Fugoll envoya une tape dans le dos de Vheïrom en grognant de satisfaction.

- Restes-tu parmi nous, frère ? J’ai toujours besoin de plus d’yeux et d’oreilles à mon service, tu es ici le bienvenu.

À chacune de ses visites, Garnagen réitérait l’invitation en ayant l’espoir, qu’un jour, le Vil accepte sa proposition. Mais Vheïrom n’avait pas d’appartenance et préférait de loin jouer dans plusieurs camps, ce qui lui assurait une multitude d’alliés. Après quelques derniers conseils et amabilités échangés, notre protagoniste repartit, le crâne plein d’informations nouvelles et qui seraient pertinentes à sa cause, en temps voulu. Les subtilités de la féodalité du Tolväar ne lui échappaient pas et être constamment au courant des conflits et pactes entre familles influentes n’était qu’une corde précieuse de plus à son arc.

Quelques minutes plus tard, le Vil surgissait dans des rues étroites et peu
passantes en se glissant par la grille tordue d’un cloaque. Des nuages sombres et menaçants roulaient en silence sur la voûte, si bien qu’il était impossible de déterminer si nous étions le soir ou le matin. La fraîcheur de l’atmosphère et le ralentissement perceptible du rythme de la vie fit cependant pencher la balance vers le soir. Vheïrom trottina sur les dalles, longeant les cloisons des maisonnées et des ateliers. De temps à autre, un passant sursautait légèrement en le voyant passer, mais se remettait bien vite de cet effroi. La bande de Garnagen ne s’en prenait pas aux habitants, autrement ils auraient été rapidement expulsés de l’enceinte.

Le Vil se figea.

Qu’était ce magnifique spécimen, droit devant ? Un bel aigle toilettait les plumes de ses ailes, perché sur un entassement de boîtes de bois vides. Il avait des lanières de cuir aux pattes, un panache luisant et un corps bien gras. Pas un rapace sauvage, chose certaine ! Vheïrom jeta un regard à la ronde, mais il ne vit pas son propriétaire, ni personne d’autre d’ailleurs. Son esprit de prédation prenant le dessus, il se pourlécha les babines avec envie. Les pigeons dodus étaient bien meilleurs au goût que ces saletés de rats. Doucement, il s’approcha de l’oiseau mais ce dernier l’observait déjà du coin de l’œil, suspicieux.

- Un aigle de ta taille me remplirait la pense pour plusieurs jours, ça ne te dit rien de venir faire un tour dans le creux de mon ventre ? ronronna cauteleusement le fugoll pour l’amadouer

Le rapace pencha la tête sur le côté, semblant réfléchir au sens de ses paroles. Apparemment, il jugea qu’elles n’étaient pas amicales, car il poussa un cri strident en battant des ailes. Il claqua férocement du bec en sa direction, et Vheïrom répliqua en lui montrant ses crocs. Décidément, le Vil détestait le mauvais caractère des oiseaux. Acariâtre ou pas, celui-ci finirait dans sa gueule, parole de fugoll !
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Ailinel Shamin
Esprit de vengeance, Dame de Tolväar
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Royaume : Tolväar

MessageSujet: Re: Sang dessus dessous [PV Ailinel]   Mar 13 Mai - 11:19

Ma colère était terrible et les personnes autour de moi baissaient le regard, craignant d’aggraver mon humeur. Rares étaient ceux qui osaient m’affronter, m’humilier et me voler, mais ils existaient malgré tout. Je ne supportais pas ces spécimens qui s’imaginaient pouvoir me provoquer en me rabaissant. J’aimais les défis quand ils étaient bien menés et les petits vicieux faisaient tout le contraire en pensant qu’ils gagneraient, et que je resterais dans mon coin. C’était tout le contraire avec moi. J’étais une femme, pour certains, c’était suffisant et ils pensaient m’être supérieurs. Le pauvre fou, il ne savait pas à qui il avait à faire. Cependant, un problème se posait : il était fils d’un noble allié. Je ne pouvais donc pas agir impulsivement. Ce n’était pas la première fois qu’il agissait ainsi, contre l’avis de son père mais cela lui importait peu. Maintenant, les dés étaient jetés et il avait réveillé mon courroux. Sans parler du fait qu’il était parti avec mon or, c’était une vengeance pure et simple que je voulais. Je voulais le voir souffrir et crever sur le trottoir de la ville. Mais il ne mourrait pas de ma main, je ne pouvais pas me permettre de perdre un allié. Il me fallait agir dans la plus grande discrétion.

La meilleure solution était d’engager un tueur qui se chargerait de la besogne. Dommage que mon mercenaire privilégié était absent. Depuis de longues semaines, il se trouvait en Ydrasil récolter quelques informations sur ces familles qui m’avaient tourné le dos autrefois. Oh que non, ma haine envers eux n’était pas éteinte, loin de là. Elle ne s’éteindrait que le jour où ma vengeance serait accomplie. En attendant, je patientais, je surveillais. La vengeance était un art et il fallait savoir le préparer. Donc, pour la mission prévue, il me fallait faire appel à quelqu’un d’autre. Et après avoir demandé conseil, le nom de Vheïrom me fut transmis. Il s’agissait d’un fugoll et je le connaissais de réputation. Il venait de revenir de voyage, le timing était donc parfait. Prenant ma cape d’un bleu nuit, je sortis sans aucune escorte. Seul mon fidèle ami, Abysse.

Non, être seule dans ces ruelles ne me faisaient pas peur même si mes hommes prenaient cela pour de l’inconscience. Cependant, je n’étais pas totalement seule ici. Je savais pertinemment que le capitaine de ma garde avait envoyé ces meilleurs hommes dans le but de me protéger. Se dissimulant parmi la population, il était difficile de les repérer mais je savais qu’ils étaient là, quelque part. Ce fut mon aigle qui trouva le fugoll en premier. Il se trouvait dans une petite ruelle, curieux de la créature ailée se tenant devant lui. La scène était amusante. Abysse aimait jouer, pas spécialement de la bonne manière, et Vheïrom voulait désormais le croquer. Abysse n’avait pas peur de lui, trop habitué à croiser ces créatures. Il battit des ailes férocement, voulant montrer qu’il ne le craignait pas et qu’il était fort. Son cri résonna avant qu’il ne s’envole, sans doute prêt à fondre sur le fugoll. Je sifflai dans le noir et l’aigle s’envola, se posant sur le toit d’une maison délabrée.

-Bonsoir, fis-je en m’avança, me dévoilant face au fugoll. Vous êtes Vheïrom, n’est-ce pas ? Une connaissance en commun m’a mené jusqu’à vous. J’ai un travail à vous proposer. Un travail qui sera payé en conséquence bien entendu. Il consiste à éliminer un individu que je ne peux pas faire moi-même. On m’a informé que vous faisiez ce genre de mission, est-ce exacte ?

J'avais de l'assurance et j'allais droit au but. Il était inutile de tourner autour du pot. Je ne voulais pas perdre mon temps et lui non plus sans doute.
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Vheïrom
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MessageSujet: Re: Sang dessus dessous [PV Ailinel]   Mer 14 Mai - 17:52

Vheïrom s’imaginait déjà mordre dans le cartilage croustillant de l’aile mais son élan fut brusquement freiné par un sifflement qui fit s’envoler son repas. L’aigle alla se percher nonchalamment sur une corniche, le narguant du haut de son nouveau perchoir. Courbé et tortueux comme la branche d’un frêne, il observa la nouvelle venue s’estomper de l’ombre et rabattre sa capuche.

-Bonsoir.

Les oreilles du fugoll se redressèrent, trahissant l’intérêt subit qu’il éprouvait chaque fois qu’une voix féminine venait le titiller. Ses pupilles glissèrent lentement de bas en haut sur la silhouette de la jeune femme, détaillant son apparence générale et sa tenue que le Vil n’eut aucun mal à associer à la haute société.

-Vous êtes Vheïrom, n’est-ce pas ? Une connaissance en commun m’a mené jusqu’à vous. J’ai un travail à vous proposer. Un travail qui sera payé en conséquence bien entendu. Il consiste à éliminer un individu que je ne peux pas faire moi-même. On m’a informé que vous faisiez ce genre de mission, est-ce exacte ?

En termes d’entrée en matière, on ne pouvait pas faire plus direct et concis. Semblable au rapace les observant du toit, le fugoll pencha la tête sur le côté, fixant toujours son vis-à-vis avec curiosité. Après avoir étiré le silence sur quelques secondes, Vheïrom se flanqua d’un sourire carnassier.

- Je rends des services qui me rapportent, belle dame, ronronna-t-il en se rapprochant légèrement

Le Vil avait une multitude de connaissances, impossible de remonter à la source de cette information sans s’adonner à un véritable casse-tête. Néanmoins, il était rare qu’on l’approche pour ce genre de travail, soit lui demander crûment de commettre un assassinat. N’était-il pas préférable d’engager un mercenaire plutôt que de se fier à une des créatures de Saphomoth ? Nonobstant, Vheïrom était un fugoll bien singulier et il n’avait que faire des paiements en pièces cliquetantes qui asservissaient les hommes. Observant de nouveau les habits de la jeune femme, le Vil se dit pourtant que l’argent ne devait pas faire défaut à cette cliente incongrue. Intrigué, il s’enquit :

- De quel individu s’agit-il pour que vous ne puissiez vous-même le prendre en charge ?

L’appât du gain était alléchant, mais Vheïrom était réfléchit et il n’oserait pas se frotter à une situation de cette espèce s’il n’était pas certain de pouvoir mener à bien sa mission. Il ne souhaitait pas non plus prendre de parti, si bien que de devoir se salir les pattes pour une riche famille de Sivgardün n’était pas particulièrement souhaitable. Tout dépendait de ce que cette demoiselle frondeuse lui promettait en retour. Une bouchée de son aigle, peut-être ?
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Ailinel Shamin
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MessageSujet: Re: Sang dessus dessous [PV Ailinel]   Lun 9 Juin - 13:49

Il semblait intéressé, ce qui était déjà un léger soulagement. Dans le cas contraire, il aurait tourné le dos sans rien demander et j’aurai dû partir à la recherche d’un individu capable d’exécuter la mission. C’était sûr qu’il ne s’engagerait pas sans une contrepartie mais qu’est-ce qui intéressait vraiment un fugoll ? Ces êtres étaient vils, traquant, tuant, ne cherchant pas l’or. A tort, je n’avais pas demandé à mon informateur le paiement le plus adéquat, ce qui ferait que Vheïrom accepterait de tuer pour moi. La gloire ? L’honneur ? Ma reconnaissance éternelle ? Des terres ? Des victimes ? Les fugolls étaient des animaux, il fallait donc penser ainsi mais c’était peut-être une erreur. Cependant, j’avais peut-être quelque chose à lui proposer.

-Mon mercenaire est à l’extérieur du Tolväar et je ne peux attendre son retour.

Il ne reviendrait pas avant de longues semaines, voire quelques mois. C’était trop long sans parler que je ne pouvais pas vraiment l’engager dans cette mission. Quand Vheïrom me demanda la raison qui faisait que je ne m’en occupais pas moi-même, je lui dis la vérité. Je n’avais pas l’intention de mentir, surtout à un individu que je souhaitais engager. C’était un signe de respect et d’honnêteté.

-Il s’agit du fils d’un de mes alliés. En cela, je me dois de faire attention à la façon de m’y prendre et, justement, je ne peux pas engager mes hommes. Cette mission doit être discrète, faire penser à un « accident » ou alors ce dire qu’il se trouvait au mauvais moment au mauvais endroit. Mon nom ne doit pas être cité, rien ne doit me relier à cette affaire.

Dans le cas contraire, je perdrais un allié, un riche allié avec qui les affaires commerciales fonctionnaient assez bien. Certes, il ne représentait qu’une petite goutte parmi l’océan mais parfois, ces petites gouttes pouvaient faire de gros dégâts.

-Le Tolväar est dangereux et personne, hormis son paternel, ne se mettra à chercher la cause de sa mort. Quant à la raison qui fait que je désire sa mort, cela ne regarde que moi. Il s’en est pris à plus fort que lui sans savoir qui il avait en face.

Preuve qu’il ne faut pas me provoquer de la sorte. Maintenant, le paiement.

-Qu’est-ce qu’un fugoll désirerait ? Je doute que l’or vous intéresse mais sachez que, quel que soit le prix, il sera accepté. Cependant, j’ai quelque chose à vous proposer.

Je fis quelques pas vers lui tandis qu’Abysse décida de descendre de son perchoir. Il semblait apprécier provoquer le fugoll, mais bizarrement, il évitait de trop s’approcher de lui. Il avait dû sentir qu’il y laisserait les plumes.

-J’ai entendu dire que vous allez en Silraen. Qu’en-est-il d’Ydrasil ?

Question qui n’était pas innocente. Après ma fuite d’Ydrasil, mon domaine était resté sans protection, sans Seigneur jusqu’au jour où j’ai intégralement pris la tête des terres de mon défunt époux. Techniquement, mes terres natales étaient abandonnées et rares étaient ceux qui osaient s’en approcher. Ils disaient qu’elles étaient hantées, maudites depuis la mort de mon père et l’incendie. Cependant, en secret, elles servent de refuge pour mes alliés, mes espions. Ces fantômes et ces bruits bizarres que décrivaient les habitants n’en étaient pas du tout, ils étaient tout simplement trop effrayés et cloitrés dans leurs croyances pour voir plus loin que le bout de leur nez. Cependant, je n’allais pas en dire davantage. Je voulais connaitre sa réponse avant de m’engager plus loin.

-J’aurai peut-être la possibilité de vous y faire entrer.

Faire affaire avec un fugoll m’arrangeait au final, moi qui voulait voir chuter Ydrasil. Autant en profiter.
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Vheïrom
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MessageSujet: Re: Sang dessus dessous [PV Ailinel]   Mar 24 Juin - 20:43

Cette affaire devait être bien urgente pour que le dame ne puisse, ou ne veuille, attendre le retour de son mercenaire. La tête penché sur le côté à la manière du rapace perché au-dessus d’eux, Vheïrom attendit plus amples explications de la part de sa future cliente, si tant est qu’elle eût un paiement intéressant à lui proposer. Dans le ciel, une lumière blanche miroitait derrière le rideau de nuages.

- Il s’agit du fils d’un de mes alliés. En cela, je me dois de faire attention à la façon de m’y prendre et, justement, je ne peux pas engager mes hommes. Cette mission doit être discrète, faire penser à un « accident » ou alors ce dire qu’il se trouvait au mauvais moment au mauvais endroit. Mon nom ne doit pas être cité, rien ne doit me relier à cette affaire.

Le fugoll sourit, soulignant la perspicacité de la jeune femme. Quoi de mieux que de quérir les services d’un vil chacal, créature prompte à égorger n’importe quel être susceptible de lui faire un bon repas. Tuer un humain dans les murs de Sivgardün était délicat en raison de l’entente des autorités avec Garnagen, mais il y avait toujours façon de s’arranger. Dans la tête de Vheïrom jaillissait déjà une foule d’idées morbides, éclaboussant les parois de son crâne de milles images infâmes et sanglantes.

- Qu’est-ce qu’un fugoll désirerait ? Je doute que l’or vous intéresse mais sachez que, quel que soit le prix, il sera accepté. Cependant, j’ai quelque chose à vous proposer.

L’or était utile pour s’attirer les faveurs d’autres mortels cupides mais, à l’heure actuelle, le fugoll n’avait aucun rapiat à soudoyer pour sa cause. Redressant les oreilles à la façon d’un chat de gouttière ayant perçu le trottinement d’une souris, Vheïrom observa silencieusement la dame s’approcher puis son aigle le narguer en l’imitant. Cependant, il ne pensait plus à se mettre une cuisse de pigeon sous la dent, mais plutôt à un paiement de circonstance.

- J’ai entendu dire que vous allez en Silraen. Qu’en-est-il d’Ydrasil ?

Les oreilles du fugoll frémirent comme les ailes d’une cigale. L’air résolu de la jeune femme le laissa spéculer quelques courts instants sur ses intentions qui n’étaient visiblement pas bienveillantes. Les babines de Vheïrom se retroussèrent sur ses gencives noirâtres en une étrange grimace mi-intrigué mi-complice.

- Mes frères pullulent dans les galeries de Silraen comme dans une fourmilière au bien vouloir de notre Grand Maître Saphomoth… ronronna-t-il en posant une main griffue sur son thorax, L’Ydrasil nous est malheureusement inaccessible, belle Dame. Meruwan est négligeant de ses terres mais Nodalie à l’œil du faucon.

À ces dernières paroles, il glissa un regard de pie au rapace apprivoisé. Il n’aimait pas les oiseaux. Sauf peut-être un, mais pouvait-on classer un phénix dans la catégorie des têtes de piafs ? Vheïrom sourit de nouveau à sa cliente, attendant de voir où elle voulait en venir. Qu’avait l’Ydrasil d’intéressant pour une noble du Tolväar.

- J’aurai peut-être la possibilité de vous y faire entrer.

Ses pupilles se dilatèrent dans leur orbite comme l’hyménium d’un champignon noir. Il attendit, immobile, dévisageant la jeune femme comme s’il aurait voulu la dévorer. L’idée même de penser à cette possibilité était si grisante que Vheïrom surpris sa fourrure à se hérisser lentement contre son échine anguleuse. Un dame du peuple pouvait-elle vraiment réussir là où leur Dieu avait échoué ? Quel affront, quelle hardiesse, quelle folie ! Un large rictus déformait les traits du fugoll.

- On ne pourrait rêver meilleure entreprise, belle dame. Mais comment une noble compte-t-elle faire franchir à un fugoll les défenses de l’Ydrasil ?

Vheïrom était vivement intéressé mais néanmoins septique. Saphomoth ne s’y était peut-être jamais réellement tenté, à vrai dire. Si on ne pouvait assurément pas faire passer un régiment complet dans le domaine de Nodalie de façon discrète, une bête seule était cependant envisageable. Le Vil imaginait déjà la pluie de rétributions qui s’abattrait sur lui si jamais cette théorie grotesque venait à fonctionner. Mais avant, l’entente. Le fugoll ne pouvait lasser filer un tel marché.

- Donnez-moi le nom du garçon et votre parole, la besogne que vous me confiez sera exécutée selon vos dires dans les plus brefs délais et en toute discrétion…

Ce contrat scellerait peut-être le début d’une nouvelle aire. Si jamais le règne de Saphomoth s’étendait au-delà de sa maison et de Silraen, il aurait prit racines dans les ruelles sombres et crasseuses d’une capitale cauchemardesque. Tout à son image.
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Sang dessus dessous [PV Ailinel]

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